CHAPITRE CINQUIÈME
part, et qu'en même temps que vous me permctliez cola, vous vous entendiez avec la maîtresse de poste pour qu elle ne laissât pas passer cette lettre, et qu'elle vous la remit en mains propres.
« Et ce qui le prouverait, c'est que si M, Ilaussmann l'avait reçue, il m'aurait fait sortir d'ici, parce que son honneur y était intéressé. — Il ne l'a donc pas reçue, ce qui est une preuve de plus de votre culpabilité. »
Même année :
« A Monsieur Brauli.
" Lorsque vous apprîtes qu'il courait dans tout Bicêtre une lettre on ne peut plus piquante et mordante , relativement à la mesure ' que vous aviez adoptée non-seulement d'arrêter mes lettres , mais même de faire mettre la main par les portiers de la maison dans le sein et jusque dans les parties secrètes de toutes les femmes qui viennent à Bicêtre , sous prétexte de chercher des lettres écrites par les aliénés qui pourraient y être cachées, vous vîntes me trouver pour me parler de cette lettre dont on vous avait donné lecture, et vous me dîtes que vous vous conformeriez désormais à la loi qui porte ceci : « Aucunes requêtes, au- » cuncs réclamations... ne pourront être supprimées ou " retenues par les chefs d'établissements d'aliénés, sous les 11 peines portées par l'article 120 du Code pénal, y
" J'espère donc que vous n'arrêterez pas la plainte que j'adresse à M. le procureur impérial contre M. F. Voisin et vous , etc. . . » Même année :
A Monsieur Lahéda, passé élève en médecine, d'aspirant en chirurgie qu'il était naguère.
» Lorsque j'appris que vous resteriez à Bicêtre quand Ml y a quelque chose de vrai à ce sujet.
même, cest-à-dirc malgré les règlements qui veulent que les élèves de chaque hospice soient renouvelés tous les ans, mo7i esprit familier, comme aurait dit Socrate, et que j'appellerai mo7i ange gardien, me dit aussitôt : « C'est „ l'abbé Tresvaux qui a obtenu, par suite de corruption, « cette exception en faveur du sieur Labcda, afin de >) pouvoir ensuite se servir de ce Toulousain pour t'cm- » poisonncr. »
» Il faut savoir que votre conduite ultérieure est venue donner raison à mon esprit familier; en effet, vous êtes arrivé il y a quatre jours dans la salle où je suis , à dix heures du soir, à l'heure môme où j'étais plongé dans le plus profond sommeil, pour me demander des nouvelles de ma santé en m'offrant vos services; vous êtes revenu encore hier, à la même heure, pour me faire la même question.
» Je me suis expliqué une pareille conduite de la manière qui suit :
), Le démon qui le conseille lui aura dit ceci : — Al- » lez voir l'abbé Paganel à une heure où il se trouvera » plongé dans le plus profond sommeil; vous le réveillerez 5) en sursaut pour lui demander des nouvelles de sa santé ; » comme dans ce moment-là on ne pense pas à tout, s'il » vous répond qu'il est malade, vous lui direz aussitôt : w Voici telle potion tonique que j'avais apportée avec moi « dans cette prévision; buvez-la, et vous allez voir que » vous serez radicalement guéri. »
» Mais xomme mon esprit familier m'avait prévenu à l'avance que vous vouliez m'empoisonner , je vous ai repoussé en vous disant que je me portais bien , et par conséquent que je n'avais besoin ni de vos conseils ni de vos remèdes. »
En août 1865, son état s'aggrave. Sujet depuis long-