‹ Le délire des persécutions [electronic resource]Chapitre 94 sur 234 · CHAPITRE (IIYQUIÈAIK · texte numérisé non relu

CHAPITRE (IIYQUIÈAIK

et de là on vous mettra dans une maison de santé. — Entré ;ï dix heures du matin, guéri à midi; voilà mon existence."

Dans un autre endroit, on lit : « Toutes les substances de toute nature me sont prodiguées dans tous mes aliments et breuvages de toute nature; en un mot, je ne sais plus de quel côté tourner la tète ni à quel saint me recommander. »

G septembre 18GG.

Nous avons eu déjà l'occasion d'insister sur les singularités du langage parlé des persécutés. On vient de voir que le langage écrit est tout aussi bizarre. Les malades trouvent sans efforts à leur disposition les expressions les plus inattendues. La prolixité la plus anxieuse et l'exagération la plus imagée arrivent à peine à donner une idée du trouble protond de leur esprit et des impressions chagrines qu'ils ressentent. Leurs paroles et leurs phrases sont comme inhabiles à définir leur douleur, et pour s'attirer davantage l'intérêt et la commisération, ils suppléent à l'insuffisance de la langue française par une accumulation insolite de synonymes empruntés à tous les argots ou fabriqués spécialement pour les besoins de la cause.

Dans toutes les autres maladies mentales, l'aliéné se sert des expressions les plus usitées de sa langue natale, mais le délire des persécutions com|)orle un dialecte particulier. Aussi, à première vue, dès qu'un individu soupçonné de folie emploie autant de mots étranges, doit-on tout d'abord songer à la forme de vésanie qui nous occupe.

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