IL. — Pathogénie
On se trouve en présence d’un fait paradoxal, d’une part, une série d’idées délirantes extraordinairement absurdes, d’autre part, la conservation très réelle d’une activité psychique beaucoup plus grande qu’on ne le soupçonnait. Ce désaccord, la notion de démence ne réussit pas à l'expliquer, à moins de donner à ce mot une signification si étendue et détournée de son sens primitif, qu'il ne peut que s'établir des confusions regrettables.
Le tort semble résider en ceci, que la pensée morbide a été étudiée avec les principes d’une psychologie rationnelle, sans souci de la légitimité du procédé. La supposition a été faite que, par une série de urocessus logiques, le malade passait de troubles cœnesthésiques, hypothétiques, d’ailleurs, à des idées de persécution, puis de grandeur. Etant donnée leur habituelle absurdité par rapport à la pensée « normale », l'explication par la débilité ou la démence s’imposait. L'édifice est logiquement inattaquable ; il a seulement le tort de ne pas expliquer grand’chose. Il reste à prouver l’existence de ce trouble cœnesthésique et à expliquer pourquoi il y a une quantité d'individus qui présentent des troubles de cet ordre, sans devenir délirants pour cela. On ne saisit pas la nécessité pour le malade d'utiliser des procédés logiques dans la construction de son délire ; l'hypothèse est purement gratuite. L'activité délirante paraît, au contraire, quelque