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vent aussi, la conduite devient étrange. L’attitude cordiale devient plus apathique, avec des accès de violence fulminante et des états d’agitation passagère. Certains malades restent complètement inoccupés ; ils se bornent à prononcer des discours de longue haleine et à rédiger des écrits volumineux à peine compréhensibles. La rapidité avec laquelle se produit cet affaiblissement paraît être très dissemblable. Parfois, il est très net après quatre ou cinq ans ; je connais cependant aussi des cas où, après une et même plusieurs dizaines d’années, il ne pouvait être question, malgré les idées fantastiques les plus étranges, d’une réelle confusion d'idées et, en tout cas, du moindre degré de faiblesse intellectuelle. »
Grâce à toutes ces notions historiques, la maladie se trouve assez bien délimitée, et tous les détails de la description de Krœæpelin indiquent assez bien les divers aspects des idées délirantes et leur évolution générale. On identifie sans peine la psychose hallucinatoire chronique, telle que Magnan l’a décrite ; avec la période interprétative du début, puis l’exubérance délirante où les thèmes de persécution, puis de grandeur, se succèdent et s’entremêlent ; enfin la cristallisation terminale, considérée par certains, peutêtre à tort, comme démentielle. Maïs ceci n’est qu’un schéma, qui se rencontre très rarement, et dont il existe d'innombrables variantes. La paraphrénie fantastique est une de celles-ci.
Pour saisir ce qu’il peut y avoir en elle de spécifique, il est nécessaire d'entreprendre une analyse du syndrome et de déterminer les caractéristiques de
chacun des éléments, qu’il s'agisse du délire, de la personnalité en dehors du délire, enfin de l’état terminal de « démence hallucinatoire ».
Comme dans toute psychose hallucinatoire, on y retrouve les deux grands thèmes, presque habituels, de persécution et de grandeur, pouvant se présenter, d’ailleurs, sous des aspects très variés. Mais toute une série de faits assez spéciaux se révèlent dès que l’on considère les caractères généraux de la construction morbide.
Celle-ci est tout à fait remarquable par sa complexité et sa richesse, et c’est là une particularité très apparente, non seulement pour ce qui est des symptômes, mais également en ce qui concerne l’évolution. Tous les signes du délire chronique peuvent se trouver réunis : interprétations délirantes, hallucinations de tous les ordres, fabulations et paramnésies étranges ; non seulement il y a abondance, mais parfois déformation des symptômes, et leur instabilité et leur polymorphisme sont souvent très marqués. Quant au développement, il est très rapide ; c’est un amoncellement, parfois prodigieux, d’idées délirantes extraordinaires, qui donnent à l’ensemble l’allure d’une fantasmagorie toujours extravagante, parfois presque incohérente.
Ce trait tout à fait spécial s'explique assez facilement, si l’on tente de dégager la formule délirante. La paraphrénie est une psychose hallucinatoire ; elle