‹ Le Délire FantastiqueChapitre 9 sur 22 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

. meil je suis dans une société qui me tourmente ; j'entends parler un langage jusque-là ignoré et de mathématiques que je ne connais pas. »

En novembre 1912, Charlotte écrit à son fiis pour lui demander s’il ne rêve pas de supplices.

Pendant les années 1913-1924, la malade préseule toujours le même délire incohérent ; interprétation, hal!ucination diverses, délire imaginatif et onirique se mélangent dans un chaos indescriptible. Elle est médium et connaît les plus grands secrets de l’univers. On lui fait la suggestion à distance au moyen d’une pile électrique. Elle doit parler et tout ce qu’elle dit est discuté dans un langage à l’envers. On lui dit qu’elle sera brûlée, empalée, parce qu’elle s’est vendue 30 milliards. Elle voit des papillons ayant des visages d'hommes. Elle écrit au Président de la République pour lui raconter ses rêves et se plaindre de vivre dans une torture morale épouvantable, doublée de suggestions horribles. Elle ajoute : « Jai, avec une imagination sans pareille, inventé les plus grandes catastrophes et les crimes les plus effroyables ».

Charlotte se montre constamment agitée avec une loquacité intarissable, donnant un peu l'impression d’une maniaque chronique. En dehors de grands troubles de lattention, on ne constate chez elle aucun affaiblissement intellectuel. Pas d’amnésie ni de désorientation, Elle sait très bien être à Ville-Evrard, dans un asile d’aliénés, se tient au courant de tout ce qui se passe, s'étonne d’être internée depuis quatre ans. Pas de troubles catatoniques, pas de stupeur, pas de grimaces, pas de rires, pas de stéréotypie, pas de maniérisme, pas de négativisme,

Survient la guerre, Charlotte est transférée à Marseille, d’où elle revint le 27 novembre 1919, excessivement amaigrie, pesant 28 kilos. Même agitation, elle sait bien qu’il y a eut la guerre, mais doit s'occuper de choses plus importantes, Elle reconnaît l’asile, les infirmières, mais ignore l’année.

Lorsqu'on lui lit quelques passages de son ancienne observation, elle s’écrie : « Tout cela est vrai ; je suis la fille de trois Américains et on m'a menée en Orient. Mon cas est

Page 1