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GÉNÉRALITÉS. — Des épisodes psychopathiques aigus

surviennent chez les alcooliques chroniques « à l’occasion soit d’un plus grand excès d’alcool (a potu nimio) soit au contraire de la privation brusque de ce stimulant (a potu suspenso), soit d’une affection fébrile quelconque, d’une blessure, d'émotions, de fatigues intellectuelles ou même sans cause occasionnelle appréciable » (1).

1°) Délires.

32. DÉLIRES HALLUCINATOIRES. — Ces épisodes sont constitués principalement par des délires d'intensité et d'aspect variables, mais identiques dans leurs réactions médicolégale toujours déterminées par des hallucinations. « C’est pour échapper à celles-ci que l’alcoolique fuit, blesse ou tue. Le raptus passophobique entraîne, avec la fugue, les blessures, l'homicide, le suicide » (2).

Apparentés par ces caractères communs, les délires alcooliques peuvent se classer ainsi :

33. DÉLIRE ALCOOLIQUE AIGU. — a) Dans le délire alcoolique aigu, le malade semble subir un cauchemar en état de veille, est possédé par des hallucinations terrifiantes ou désagréables, auxquelles il réagit avec violence.

(1) Vibert. Précis de médecine légale, 10° édit. Paris, B. Barilière et fils, 1921, p. 705.

(2) Laignel, Lavastine, op. cit, p. 530.

34. DÉLIRE ALCOOLIQUE SURAIGU OU DÉLIRIUM TRÉMENS — b) Le délire alcoolique suraigu, type du délire alcoolique, est aussi peut-être la forme la plus impressionnante, la plus populaire de la folie. Vibert en donne dans son Précis, une description pittoresque qui mérite d’être reproduite tout entière, malgré sa longueur (1).

« Après une période prodromique pendant laquelle se « manifestent de l'inquiétude, de la tristesse, de l'agitation, « de l’insomnie, les hallucinations apparaissent, - la nuit « d’abord, puis toute la journée. Elles se multiplient, se « succèdent, tantôt se rattachant toute à une même idée « directrice, tantôt n'ayant d'autre lien commun que leur «caractère terrifiant ou pénible. Certains malades restent «une journée entière poursuivis soit par des assassins, soit « par des gendarmes, soit par une armée entière : d’autres « voient tour à tour un incendie qui les environne de flam- «mes, des figures grimaçantes qui sortent des murs, du « plafond, des têtes coupées, des scènes d’assassinat, de « torture, de viol, des animaux qui se précipitent sur eux ; « les autres sens, le toucher, l’odorat, le goût, l’ouie même « sont fréquemment hallucinés de la même façon. Il existe « quelquefois aussi une anesthésie complète, et c'est ainsi « que l’on voit des blessés arracher leur appareil, se servir « de leurs membres fracturés, sans paraître souffrir ».

Et voici le passage qui nous intéresse particulièrement :

« Le malade n’assiste pas passivement à la fantasma- « gorie qui se déroule devant lui. Il interpelle ses visions, «exprime sa terreur ou sa colère, réclame impérieusement « du secours, lutte violemment contre ses persécuteurs,

(1) Vibert, op. cit., p. 705 et s.

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« cherche à leür échapper par la fuite, et pour celà saute « par la fenêtre, escalade un mur, etc... Quand les halluci- « nations sont extrêmement nombreuses, mobiles et fuga- « ces, le délire prend l’aspect de la manie la plus violente. « Le malade vocifère sans interruption des lambeaux de « phrase n’ayant pas le temps de formuler entièrement « chacune des idées qui se succèdent dans son esprit. De la « même façon, il commence un acte, avant d’avoir achevé « celui qu’il venait d’ébaucher ; ses mouvemenst incessants « sont violents, brusques, désordonnés. Dans cet état, l’al- « coolique peut encore parfois être arraché quelques ïins- « tants à ces hallucinations et donner des réponses raison- «nables et exactes quand on appelle fortement son atten- «tion ; mais les conceptions délirantes reparaissent immé- « diatement ».

Vibert signale enfin la face rouge, le tremblement généralisé, la fièvre élevée, et la fréquence de la terminaison fatale, bien que le plus souvent la guérison survienne au bout de trois ou huit jours.

Le Delirium Tremens est une forme caractérisée d’aliénation mentale.

35. DÉLIRE ALCOOLIQUE SUBAIGU. — €) Le délire aigu est suivi d’un délire subaigu, qui remplit le malade d’apparitions menaçantes, à la tombée de la nuit. Des hallucinations apparaissent visuelles d’abord, puis auditives, ces dernières plus dangereuses, car sur elles se greffe un délire de persécution qui peut aboutir à des réactions antisociales.

36. DÉLIRE DE Korsakorr. — d) L’alcoolique, victime d'une amnésie de fixation, comble automatiquement le vide de sa mémoire par des constructions imaginaires, formant un délire peu dangereux, dit de Korsakoff.

DÉLIRE D'INTERPRÉTATION. — e) Au contraire, une

ne + de construction délirante alcoolique peut abou-

tir à des gestes criminels, et plus particulièrement, à l’uxo-

ricide. C’est un délire de jalousie, nettement pathologique, et qui trouve d’ailleurs son point de départ dans le peu d'enthousiasme que met la femme de l’ivrogne à rece ‘voir les démonstrations attendries, mais peu appétissantes, de son triste conjoint.

2°) Impulsion.

38. Ainsi chez l’alcoolique chronique peuvent apparaître des délires d’aspects divers, mais généralement à base d’hallucinations, qui déclenchent des réactions antisociales, de caractère impulsif.

Parfois cependant ces impulsions semblent à

et sans rapport avec aucun délire.

B. Manifestations chroniques.

Mais à côté des délits cemmis au cours de ces accès délirants, ou impulsifs, l’alcoolique en commet d’autres dus, non plus cette fois à une manifestation aiguë de son mal, mais au désordre permanent de son organisme détérioré.

39. SyMPTOMES. — L’alcoolisme chronique se manifeste d’abord par des symptômes viscéraux « pituites matinéales, anorexie, dyspepsie, sclérose hépatique ou rénale » (1) et des troubles \du système nerveux : tremblements, crampes et paralysies, troubles visuels, insomnie, rêves profession-

nel ou cauchemars.

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