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fragmentaire, cloisonnée, les idées freins ont, chez lui, perdu toute autorité. Les différentes couches d'obligations que la Société nous impose, et qui s'appellent tact, morale, droit, sont successivement dissoutes par le poison, de telle sorte qu'elles ne remplissent plus leur rôle, qu’elles laissent passer et réaliser le geste critiquable.
Celà est vrai au cas d’alcoolisme chronique comme aucas d'ivresse.
Lorsqu'il s’agit de délires ou d'impulsions morbies, toute démonstration est superflue. Mais, même en dehors de ces accès, la mentalité alcoolique est faite de cette destruction progressive des impératifs sociaux plus ou moins énergiquement sanctionnés, les plus forts subistant les derniers.
Chez l’homme ivre aussi, les impératifs sociaux sont plus ou moins effacés suivant le degré de l'ivresse et la gravité de leurs sanctions, et l’on voit l'homme dépouiller sa gangue de civilisation pour se montrer naturel, primitif ou même animal. È
C’est ainsi que l’on a pu dire : l’alcool a éteint l’homme et allumé la bête. Nous préférons nous en tenir à une formule plus psychologique : l'alcool agit essentiellement comme paralysant des forces inhibitrices. C’est d’ailleurs ce que comprennent les expressions courantes : « n'être plus maître de soi», « avoir perdu tout contrôle de soimême », que l’on applique aux ivrognes.
128. RÉSUMÉ. — Bref, l'alcool trouble et fausse la conscience, et détériore la volonté. À ce triple point de vue, qui ne fait d’ailleurs qu’un, # empêche l'intention délictuelle de se constituer pleinement, ou lui enlève du moins une bonne part de sa valeur.