‹ Le déluge de Noé et son étendue restreinteChapitre 5 sur 12 · G LE DÉLUGE DE NOÉ · texte numérisé non relu

G LE DÉLUGE DE NOÉ

Madaï, enfants de Japhet, se superposent à des peuples de la Médie.

Sidon, Jebusœus, Amorrhœus, Hevœus et les autres enfants de Chanaan, troisième fils de Cham, ne trouvent pas vide et déserte la terre de Chanaan, à laquelle ils donnent le nom de leur père, bien que l'ethnographie du chapitre X de la Genèse resta muette sur ce fait. Mais plus loin, au chapitre XIV, v. 5, elle nous parle des Raphaïm, des Zouzirn, des Emim parmi les peuples battus par Chodorlahomor et ses alliés. Les Nombres (XIIÏ, 29, 34), le Deutéronome (I, 28), signalent les fils d'Enach,les Enahim, race de géants, les jEVraVn, qui furent « les premiers habitants de la terre d'Ar » (Emim prim,i fuerunt habitatores ejus, populus magnus et validus et tam excelsus ut de Enacim stirpe quasi gigantes crederentur. Deut. II, 10, 11) (1). Les Enakim, les Raphaïm sont également mentionnés dans Josué (XIV, 12, — XV, 8, 13, — XVII, 15) comme des hommes de stature extraordinaire et semblables à ceux auprès desquels les Israélites envoyés en reconnaissance dans la Terre promise se comparaient à des sauterelles. Ces tribus redoutables étaient des restes des possesseurs du sol antérieurement à la première conquête par les descendants de Cham.

La race de Misraïm, second fils de Cham, ne se répandit pas sans coup férir dans la vallée du Nil : elle y trouva des peuples mélaniens ou nègres en pleine possession des côtes orientales de l'Afrique

(1) Les Emim, premiers nabitants de ce pays, étaient un peuple grand et puissant et d'une si haute stature qu'on les croyait de la race d'Enach, comme les géants.

et les domina sans îes refouler jamais complètement. Plus au nord, les groupes aryas s'étaient heurtés à des populations saces et touraniennes, elles-mêmes avoisinées, à l'approche des régions septentrionales, par les tribus ougro-finnoises à l'ouest, altaïques à Test.

Comment expliquer la présence de tant de populations si diverses et en pleine possession du sol, lorsque les tribus noachides commencent à s'ébranler pour se disperser sur la terre ? On dira que Noé et ses trois fils ont pu avoir, après la sortie de l'arche, des enfants que la Bible ne mentionne point; la Genèse, en effet, nous apprend que Sem, après la naissance d'Arphaxad, genuit filios et filias (1). Dira-t~on que ces enfants auraient été la source de ces peuples jaunes, noirs et de sang mêlé ? Mais l'invraisemblance d'une telle origine ne saute-t-elle pas aux yeux ? Quoi ! ce seraient les puînés, les cadets, qui seraient la souche de races antérieures et déjà assez vieilles pour avoir pu produire plusieurs types différents, lorsque les enfants des aînés auraient commencé à peine à s'étendre et à se disperser ?

Sans doute on peut contester, en tant que ne représentant pas encore une certitude absolue, les découvertes des savants orientalistes, sur lesquelles reposent ces résultats. Qu'on y prenne garde, cependant. Ce sont les travaux des mêmes savants qui ont apporté, et apportent tous les jours, aux faits historiques consignés dans nos Livres saints

(1) Toutefois il est très admissible également que le ftl/'os signalé au chapitre XI se rapporte à ses fils, autres qu'Aruhaxad, mentionnés au chapitre précédent,

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