CHAPITRE II. 1H
nous cherchons aux environs même dp ces liantes monlngnes de TAsie actuelle cet Kden souriant qui, suivant FKcriture, fut la demeure de nos premiers parents, où régnai!, comme sur les plaines élevées de T Amérique, un printemps éternel; cet Eden où Thomme, sans expérience et ayant h combattre les bétes féroces, put trouver facilement dans toutes les saisons de Tannée de quoi se nourrir. Le climat actuel de TAsie n^offre rien de pareil. Or, comme il semble contraire aux lois de la nature de supposer qu^à une époque aussi rapprochée de nous que celle de Tenfance du genre humain, le climat ait partout été plus chaud qu'il ne Test maintenant, T impossibilité de trouver dans l'Asie d' aujourd'hui un lieu où placer le paradis est une preuve assez forte, quoiqiLe indirecte, d'un déplacement de Taxe du globe après la création du genre humain. Mais si, d'après mon hypothèse, Féquateur a une fois traversé FAsie, alors les hautes montagnes de cette dernière ont offert le séjour terrestre le plus enchanteur qu'on puisse se figurer, avec les conditions qui semblent avoir été nécessaires à Fenfance du genre humain. Une des traditions les plus anciennes du peuple Zend (anciens Perses) confirme d'une manière remarquable qu'en effet un changement de climat a eu lieu en Asie, u Au commencement régnait un été éternel, dit Eerienne Véedjo, un de leurs livres sacrés ; plus tard un hiver rigoureux envahit le monde; Fhiver devint de plus en plus rude, il régna d'abord cinq mois et à la fin jusqu'à dix mois. Alors le peuple Zend quitta ses montagnes et descendit dans les contrées plus chaudes de la Sogdiane, de la Bactriane et du Persis. A la vérité, Djemsid et son peuple retrouvèrent encore Fhiver dans toutes les contrées où ils allèrent, mais Ormudz y changea ce mal en bien, car aussitôt qu'au printemps la glace et la neige furent fondues, la terre se couvrit de la plus riche verdure. Dans ses émigrations , le peuple Zend trouva les contrées depuis FIndus jusqu'au
Tigre encore désertes et inhabitées. Djemsid fut le premier qui conduisit des hommes et des animaux domestiques dans CCS lieux ^ »
Cette tradition est intéressante sous un double rapport : d'abord, parce qu'elle indique que le climat jadis chaud de la Haute-Asie, s'ctant refroidi après le déplacement de Taxe, a pris bientôt après, et probablement par suite des masses toujours croissantes de glace et de neige, le caractère que, selon Ritter et autres géographes célèbres, il conserve encore actuellement ; elle est intéressante en outre, parce qu'elle nous apprend que le peuple Zend trouva plusieurs des contrées les plus fertiles de l'Asie désertes et inhabitées. Ceci montre, selon moi, que ces contrées peu élevées et situées près de la mer ont été, du moins en partie, dépeuplées par le déluge^ lequel coïncida avec le changement de climat. Cette hypothèse est confirmée, comme on va le voir, non-seulement par la mythologie Scandinave et celtique, mais aussi par des traditions historiques. L'histoire de la Chine est remplie de détails sur différents déluges. Lopi (article Sous-Teui) , après avoir rapporté que les saisom furent changées, que les jours et les nuits furent confondue , ajoute : il y avait alors de grandes eaux dans tout l'univers,.. Les Egyptiens croyaient que l'écliptique, d'abord parallèle à Téquateur (ce qui supposait un printemps perpétuel, le paradis de la Genèse ou le jardin des Hespérides), s'était inclinée par l'effet du passage d'une comète; que les jours et les nuits furent confondue, et les saisons changées par le changement de la terre ; idée que nous retrouvons chez plusieurs philosophes grecs , disciples des Egyptiens ^
Dans un ouvrage ^ qui, pour être aujourd'hui indigne-
' J. -(i. Rode : Uxe heilige Sage und dos gesammte Religionssystem der nllen linrtrer . Meder und Perser, oder des Zendvolks , p. 97-99. ' Voir J.-K. Rooché de Clany. Le$ Druides. Parii , 1844. •^ Den œldête hehraiske Tidsregning indtil Moses . efter Kildeme pnany Wnrbeidet
tuj forxynet mrd et Kort over Paradis. Kjohenharn , 1 8jf8.