CHAPITRE III. irS
d'aulres hommes que les Adaraites, puisqu'on ne peut bâtir de ville sans hommes. Aussi la Bible fait-elle, déjà du temps de Noé, la distinction entre les fils de Dieu cl les filles des hommes; elle dit même expressément (Gex., \i,4) qu'en ce temps-là il y avait déjà des Géans sur la terre, lesquels, de tout temps, avaient été des gens de renom. Il se peut bien que cette expression s'applique à une race d'hommes plus grande que la nôtre^ mais on ne peut nullement l'appliquer à des anges ou à d'autres êtres fantastiques, comme l'ont fait certains interprètes ineptes de l'Ancien Testament*.
Xous apprenons donc, du récit de la Bible même, qu'il a existé d'autres hommes sur la terre du temps d'Adam; et ce fait est confirmé par la littérature ancienne des Indiens, des Persans, des Babyloniens et des Égyptiens. Les Babyloniens et les Égyptiens ont même une' série de dieux ou de rois qui, non-seulement ont régné pendant une période égale à la période écoulée depuis Adam jusqu'à Noé, mais dont les noms et les détails de vie s'accordent en partie avec ceux que nous a conservés la Bible sur les neuf Adamites jusqu'à Noé. Comme la Bible donne le nom de Seth à un des fils d'Adam, c'est sans doute parce qu'il remplaça son frère; et l'historien juif Josèphe lui attribuant pour qualité distinctive le courage, sans doute il faut voir en lui le même personnage que la divinité égyptienne nommée Ares (ou Mars) par les traducteurs grecs, mais dont le vrai nom semble avoir été Alasporos. Enos ou Anovis (car les caractères hébraïques peuvent être lus
< La Bible (Gen., VI , 2) dit qoe \tifiU de Diêu prirent femmes parmi \e» filles des hommes. Cette circonstance prouve évidemment qu'il faut entendre par/i/x de Dieii (le t.?iife héhrea dit les fils des dieux) des hommes, selon toute apparence les Klohim ou les Klyméei, et non pas , comme le veulent plusieurs interprètes de la Bible , des anges ou autres êtres célestes ; car il serait absurde d'admettre que les anges eussent cpoosé des hommes mortels. Haak en conclut , et sa conclusion me semble fondée , qu'il faut entendre par les Élohims les anciens habitants du pays où vivaient les Adamites , dont ils i'poosérent les fillfs,
m\ LK DELIGE.
rgalement rio Tune et de Taulre façon), est sans doute TAnubis dos KgypCtens. IjC cinquième Adamite, Mahalaléel, dont le nom est formé du mot mJ'diqueMaha (,ul£yqe^> grand), est sans doute le cinquième Babylonien qui correspond au cinquième roi des Egyptiens, ou Mégaloros, en grec Apollon. Kufin la tradition nous dît que Xisulhros de Babylone échappa au déluge à peu près de la même manière que \oé. Il est donc probable, comme le fait observer Rask, que le vrai nom d'Adam, qui, en français, veut dire u homme '> fut Oros ou Aloros, et qu'il était sujet de Jeliovali (Jova), ou de quelque autre roi puissant, qui, pour quelque faulo, Taura exilé d'Héden *. Ce Jova (Jéhova- Klohim , Deu.s deorum) régna sans doute sur les Elohim (les dieux, les dives des Mèdes) ou les Elymées, peuple qui, non-seulement, semble avoir exercé une influence trèsconsidérable sur les destinées des Adamites, mais aussi avoir communiqué les bienfaits de la civilisation à presque tous les anciens peuples de TAsie, car tous, sous différentes formes, ont conservé dans leurs mythologies le souvenir des princes de ce peuple, ou des douze grands héros élohiqucs. Nous les retrouvons, par exemple, dans la mythologie des Babyloniens et des Egyptiens, d'où, plus tard , ils ont passé dans celle des Grecs et des Romains. Nous les retrouvons même chez les habitants du Nord, dans les douze Diars, Drolter ou Hofgoder d'Odin. Enfin, d'après l'Écriture sainte, les fils des Elohim, c'est-à-dire de Dieu ou des dieux (dénomination que plusieurs des despotes de l'Orient ont gardée jusqu'à nos jours : l'empereur de la Chine, par exemple, qui se fait appeler fils du ciel, le Dalaï Lama du Thibet, que la superstition considère comme une espèce de dieu, etc.) ; ces fds des Elohim, disons-nous,
' Le génitif latin (Jorù) a la même racine ; Rask croit encore qoe Jehovah (Jova) et l'islandais Jofur (roi) sont synonymes. Jupiter ou Jovis pater, composé de Jov« (dénomination umbriqac) ei pater (père) désigne donc originairement la même divinité que Jehovah on Jovn.