‹ Le déluge;Chapitre 11 sur 187 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

colas Stenoti, fonda sa célèbre théorie * que M. Elle do Beaumont à fait connaître à T Europe. Cet ouvrage assure incontestablement' à notre compatriote le premier rang parmi les géologues antérieurs à Werner, qu*il aurait peut-être surpassé, par la justesse de ses idées, s'il eût été son contemporain ou son successeur. Nicolas Stenon enseigna que Técorce du globe était formée de couches parallèles et superposées, formées par la mer, des lacs ou des fleuves, etc. ; que les bouleversements de ces couches étaient la conséquence de tremblements de terre et d'éruptions volcaniques , qui avaient formé les montagnes et les vallées. Ce fut encore lui qui le premier fit connaître r existence de terrains antérieurs à l'apparition des êtres organiques. Mais ses contemporains, moins éclairés, oublièrent bientôt ces idées si justes et si profondes*, qui, bien développées , auraient porté la science de la géologie à un degré bien supérieur à celui où elle se trouve actuellement. Ce furent surtout les préjugés de Fépoque qui nuisirent au progrès de cette science , en faisant prévaloir des hypothèses absurdes, sous le prétexte de mettre la Bible en harmonie avec les phénomènes géologiques.

C'est surtout dans l'explication du déluge que même les savants du premier mérite se sont montrés féconds en hypothèses inconcevables. Un savant anglais, Thomas Burnel *, supposa, par exemple, que la terre avait d'abord reçu pour surface une croûte unie et légère, qui s'était formée sur l'abîme des mers et qui, en crevant, avait produit le déluge ; les débris de celte première écorce auraient ensuite formé, en se réunissant, la surface de la terre actuelle. Cette opinion fut partagée et développée h . l'aide de nouvelles absurdités, par son compatriote John Woodward ', professeur à Cambridge, qui ne manquait

1 De solido ÎDtra Kolidain natoraliter conientu.

* Telluris Theoria swm. Londini. 1681.

•' An Kgjtoy totranU thf natnral hhtory o/ thf fartk. \.OTtt\. , ^"W^.

îo u: miïAGK.

vppenduni pa*s el'iTudîlioi». U'illinm \V hislon *, astronome huliile, rroyait (\U(* le rlL-lugp avait été causé par la reocrmlre tïe in rerrp avff la queue de la comète qui! avait observée Tiiii lUHO. Les célMjre?i (ïliilosophei Descaiies* et Leibniliî ' éminnl ropinioii que la lern^ était un soleil êtciut. Selon le premier, les différeuts êlénieiils se seraient dlipckcéi de manière que le feu occu[>c\t le ceulre et que Teau cnuiTÎt la surface du fjlobe. C'était au feu ceniral qu'il altribunil 1rs effets volcaniques, la formation des métaux, etc. LeibirilK, au contraire, prétendait que la terre, après s'être refroidie, s'était cKatifjée en une masse de Ijranît, couver le de verre et de j] ravier, et remplie de crevasses; que ralniosphére en se refroidissant s'était Iransfor* mée en eau , qui m se précipitant avec violence sur la terre r ai ait inondée ; mais que la surface du globe s'élanL brisée en divers endroits avait ouvert aux eaux nue issue dans son sein , et que les continents el les iles claieut apparus parsuile de ces bouleversements. Jacques Schcuclizer ^ de Zuricb, prétendit que les eauv qui avaient produit le déluge avaient jailli de réservoirs contenus dans riiitèrienr du globe, et que les montagnes avaient été formées des substances pierreuses du ^jlobe, dispersées d'abord par Teffct du déluge, mais rassemblées ensuite par IVinlrrvention direcle de la puissance divine, qui avait â dessein placé les montagnes dans les lienv où les pierres étaient le plus abondantes. I^es sjslêmes exposés par les savanis qui vinrent ensuite étaient plus conformes aux lois de la nalure. L'abbé Plucbe ^ voulut, qu'un déplacement de l'axe, accompagné d'un affaissement de la surface du globe, eût produit le déluge ; le bailli Engel pensait que cette calastropbe avait été produite par un changement du rentre de gra-

I i fii^ie Tftfrtrif oftkf farift. LoDd„ 1708.

* Principin philosophie ktptT» oMmi". , I6ï>î. 3 Pralatjfra i Acift Lipififttj. (fiSJ^, tîo-tl. , 1749.

* tlistmrr ttf î'Arattémie dfs UrieuffM df f*arif^ n» 1708.

Page 1