CHAPITRE m
surtout le système des castes , si sévère chez les ludiens cl chez les Egyptiens, n'ont pas été des inventions puremenl humaines, basées uniquement sur les rapports des vainqueurs avec les vaincus, ou sur la diversité originaire du culte, mais qu'elles supposent nécessairement une différence de races très-ancienne etitre les castes qui n avaient point la permission de s* allier entre elles par le mariage. Il n'y a qu'une différence de races qui puisse faire comprendre comment le système des castes, système absurde et contraire à tons les droits humains, ait pu se soutenir dans toute sa rigueur dans une contrée aussi vaste et aussi peuplée que les Indes, où il eût été facile de s'y soustraire, et, ce qui est plus frappant encore, qu'il ail pu s'y conserver sans altération jusqu'à nos jours, pendant quatre mille ans, malgré toutes les grandes révolutions politiques qui ont ébranlé ce pays. Ces institutions ont encore une force dont nous ne trouvons qu'une faible image dans les rapports de convenance, aussi misérables que ridicules, qui existent dans les Indes occidentales; là, cependant, la différence physique des races est beaucoup plus prononcée qu'elle ne l'a jamais été dans l'Indostan , mais le christianisme et un plus haut degré de civilisation ont adouci ce contraste '.
Quand plusieurs naturalistes , malgré ce que nous en-
1 II me semble que celte différeoce des races s'expliqae très-bien par la doctrine des Brahmanes , qui fait dériver les différentes castes d'autant de membres da corps de Rrahma : c'est ainsi que la caste des prêtres ( Rrahmanas ) est sapposce descendre de la trie de ce dieu ; la caste des guerriers (Tschatriya) , de ses épanles ; la caste des arlitans (Wagsya), de son estomac ; et la caste des serviteurs (Sudra), de ses pieds. Il est remarquable aossi que, selon la tradition du peuple Zend, Ormods (le bon esprit) fit de la semence de Cajamort germer one plante qui, an boot de qoinse ans, devint un arbre, lequel poussa quinze rejetons. Cet arbre avait la forme d'un homme et d'une femme réunis, dont les fruits étaient dix couples d'êtres humains; l'un de ces couples, Meschia et Meschiana, devinrent les parents des hommes j dénomination par laquelle, comme je l'ai déjà démontré , il ne -faut entendre qu'«n« seule race, savoir la race caucasienne (les enfants d'Adam , les mens de la mythologie Scandinave, les hommes pro- ( dits).
seignent les sciences naturelles et Thistoire, soutiennent ni^anmoins que non-seulement toutes les castes indiennes, mais aussi la plus grande partie des peuples européens, nommément les peuples du Nord aux cheveux blonds , aux yeux bleus, les Italiens au teint brun et foncé, aux yeux noirs, ainsi que les Américains, les Mogols et les Nègres, descendent de la race qu'on appelle caucasienne , race dont il faut supposer que TAdam de la Bible fut le premier père , nous ne pouvons voir là qu'une erreur, erreur puisée * dans une fausse interprétation de TÉcriture sainte et sucée pour ainsi dire avec le lait; la philanthropie qui la maintient est certainement très-chrétienne et très-louable, mais elle fait tomber F Écriture dans des contradictions manifestes, contradictions qui disparaissent aisément si Ton admet Thypothèse que la race caucasienne est de beaucoup postérieure à plusieurs autres races d'hommes.
On peut prouver, avec assez de certitude, que les lettres ont commencé de fleurir à peu près à la même époque chez les Babyloniens, les Indiens, les Égyptiens et les Chinois, c'est-à-dire environ 2000 ans avant Jésus-Christ ; que l'art d'écrire, ou du moins l'usage des hiéroglyphes, a existé GOO ans , si ce n'est plus , avant le déluge , car cela est confirmé par les relations exactes sur les Adamites, ainsi que par les tables chronologiques des princes et des dieux qui nous ont été conservées. 11 est alors incontestable qu'Adam, chassé d'Héden, a dû trouver la Chaldée et la Babylonie passablement peuplées, du moins par des peuples sauvages ; que , du temps de Noé , il y avait des étals policés , et même des villes , dans l'empire de Babylone, dans l'Inde, peut-être aussi en Egypte et en Chine. Quiconque, dans le seul but de trouver la vérité, examinera sans préjugé les plus anciens fragments historiques qui nous restent, ne s'avisera pas d'élever aucun doute à ce sujet. Suivant la Bible, ainsi que nous l'avons vu, Caïn déjà bAtit une ville , Hanoch ; et le babylonien Bérosos