CHAPITRE III
mentionne comme existant avant le dclut^c^ Pauleùla , Sippara, Larangcha et Bahyhnc ; il ajoute que celle-ci fut rebâtie après cette grande catastrophe. Ce dernier point se trouve confirmé d'une manière très-intéressante par les images employées dans TApocalypse ; ces images , que nous rappellerons plus tard, sont tirées d'un vieux document historique, qui décrit la chute de Babylone précisément de la manière dont elle doit avoir eu lieu si elle a été la suite du déplacement de Taxe , selon notre supposition *.
Ces indications, qui s'accordent avec plusieurs traditions indiennes , chinoises , égyptiennes et arabes , sont surtout confirmées par les relations, à tout prendre, authentiques, qui nous ont été transmises par les auteurs grecs sur les ouvrages prodigieux des anciens Babyloniens , Assyriens , Indiens et Égyptiens. Ces ouvrages ne sont que de quelques siècles postérieurs au déluge et excitent encore notre admiration, lis ont échappé en partie à la ruine commune que préparent en général à toute œuvre humaine les révolutions de la nature , le temps destructeur et le vandalisme des nations barbares. Qui n'a entendu parler de ces temples prodigieux des anciens Indiens , creusés dans des rochers immenses, ainsi que de leurs idoles taillées dans d'énormes masses de roc? et des pyramides, des obélisques, et des temples des anciens Égyptiens? L'histoire nous dépeint avec des couleurs à la vérité exagérées, mais cependant vraies, la pompe et le luxe de l'ancienne Babylone, ses jardins suspendus, ses canaux, ses aqueducs, ses murs de plusieurs milles de longueur, ainsi que la manière dont cette ville fut embellie par la reine d'Assy-
I II est à regretter qoe les écrits bisloriqaes de Bërosos, prêtre babylooien, qai vivait «D quatrième siècle avant Jésas-Christ et qoi a saus doate puise aux sources méuips , aient presque entièrement été perdus et qu'il ne nous en reste que des fragments épnrs cités par quelques anciens auteurs , ches lesquels ces écrits sont d'un grand poids. Ce peu de restes ont été recueillis par M. Richter dans une dissertation intitulée : Berosi dhoMœorwm Hstoria quœ supersunt. Lipsiae , 1825.
rie. Or, Scoiiramis vivait environ 2,000 ans avant Jésus- Christ, cest-à-dirc 450 ans après le déluge, qui eut lieu, d'après Rask, environ 2,458 ans avant Jésus-Christ ^ Vu le court espace de temps qui sépare le règne de Sémiramis du déluge, il faut sans contredit supposer un assez haut d€(jré de civilisation à l'époque du déluge, puisque dans CCS anciens temps la civilisation n'a dû pouvoir se développer que lentement. En effet , nul homme sensé de nos Jours ne s'aviserait de croire que le genre humain actuel ait été entièrement ignorant il y a 4 à 500 ans, ni que, s'il devait recommencer son développement, mais sans les ressources nombreuses que nous avons, il pût prendre les mœurs de laHrie civilisée, bâtir des villes superbes, inventer l'art d'écrire, etc. , dans le court espace de 4 à 500 ans, à partir de son enfance, et lorsqu'il n'était encore question pour lui que de satisfaire aux premiers besoins de la vie. Eh bien ! ne serait-il pas de même on ne peut plus absurde de prétendre, comme le font souvent, au moins d'une manière indirecte, les historiens les plus distingués, que le développement de la civilisation du genre humain dans l'antiquité ait fait des progrès aussi énormes dans un pareil intervalle? V histoire et la philosophie nous forcent donc d' admet Ire que le genre humain a existé des milliers d'années avant le déluge,
• Voir p. IU8.