‹ Le déluge;Chapitre 131 sur 187 · CHAPITRE VII. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. Î

il est peu vraisemblable qu'un tel mytbe, qui est contraire à Tordre régulier des choses , ait pu naître et exister sans une cause particulière, on sera obligé d'avouer qu'il renferme une preuve marquée de mon hypothèse, touchant le déplacement de l'axe du globe. Les hommes qui avaient survécu à cette catastrophe et qui, en effet , devaient être bien surpris de voir le soleil changer de place dans le ciel, ont nécessairement dû supposer que les révolutions causées par le déplacement d'axe étaient la suite de la déviation du soleil de son cours ordinaire, idée que nous verrons développée plus clairement dans la suite du présent ouvrage. Ce n'est donc pas seulement la mythologie Scandinave qui porte que le soleil se levait jadis dans une autre plage; celle des Grecs aussi en rend témoignage, comme je viens de le montrer; elle nous apprend ainsi que la terre , depuis qu'elle fut peuplée par le genre humain, a changé de place vis-à-vis du soleil. Le récit des anciens montre que c'est la même catastrophe qu'ils ont dépeinte sous différentes formes; cette considération ne doit-elle pas nous faire reconnaître l'importance de ces traditions? Le mythe intéressant du combat des dieux et des Titans nous apprend aussi combien la mythologie grecque a su s'approprier avec exactitude les phénomènes résultant du déplacement d'axe. Si l'on en sépare ce qui est purement mythologique, on verra qu'il renferme une description très-naturelle des révolutions que l'Europe, patrie vraisemblable des Titans ou des Atlantes, a subies. Cependant, pour éviter jusqu'à l'apparence de partialité, je donnerai ici ce mythe d'après la théogonie même d'Hésiode, en rappelant au lecteur que l'auteur vivait environ neuf cents ans avant Jésus-Christ, et que sans doute il s'est servi de traditions beaucoup plus anciennes.

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