COMBAT DES DIEUX ET DBS TITANS
629 Déjà depuis longtemps, avec des efTorts qui fatiguaient Fesprit, Les dieux Titaos et ceux qui, avec fierté, nommaient Cronos
leur père , Se faisaient la guerre et se livraient des combats acharnés. Ceux-là, les fiers Titans, étaient les descendants de Fauguste
Otbrys; Mais ceux-ci, les dieux généreux, étaient d*origine olympique. Car Cronos les avait engendrés de Rbéa aux beaux cheveux. 635 Rangés les uns contre les autres dans la guerre effroyable, Ils sVtaient, pendant dix ans, livré des combats continuels ; IjE guerre était sans fin, la victoire ne se prononçait en faveur D'aucun des partis , et les souffrances de la guerre étaient
égales pour fous.
Mais lorsque, devant ceux-ci, dûment furent placés les vases OVO Pleins de nectar et d*ambroisie , nourriture des dieux , Le cœur des immortels se remplit d'un noble courage , Kt , lorsqu'ils se furent rassasiés de nectar et d'ambroisie , Le père des dieux et des hommes leur parla ainsi :
Aiusi il parla , et les dieux applaudirent 665 A ses paroles, le cœur s'enflamma plus que jamais
Du désir de combattre : tous commencèrent un combat épouvantable En ce jour remarquable, tant les hommes que les femmes. Les dieux Titans et les enfants de Cronos, ainsi que ceux Que Jupiter avait appelés à la lumière des profondeurs d'Krèbe < ; 670 Terribles, puissants, remplis d'une force formidable,
A chacun d'eux poussaient cent bras de leurs épaules vigoureuses , Kt cinquante têtes poussaient à chacune De leurs épaules ; ils avaient des membres énormes. Rangés dans le triste combat contre Fessaim des Titans ,
' Lps géants.
CUAPITRii: vu. %19
675 Ils soulevèrent avec £acilité, de leun maÎM pulssaales, d'immenses rocs; Mais les Titans aussi netaient pac lents k renforcer leurs
bandes aguerries.
C'est alors qu'on vit ce que peuvent la force et l'adresse ; La mer immense mugit horriblement; La terre retentit en craquant; le ciel ébratilé géfnit * ; 680 Et le haut Olympe , secoué par l'attaque des dieux ,
Trembla jusque dans sa base ; jusque dans les profondeurs Du Tartare se lit sentir la secousse violente Que produisaient le trépignement et les cris retentissants De la foule des combattants, qui lançaient d'une main forte
leurs armes , Kt décochaient avec précipitation les flèches qui portent la mort.
685 Le cri retentissant des combattants monta jusque vers les étoiles du ciel , Lorsque avec fureur ils se précipitèrent les uns contre les
autres.
Cronion ne dompta plus sa force \ le eœur du dieu Se remplit d'un noble courage , ei il développa toute sa puissance; Il marcha au plus haut du ciel et de l'Olympe , 690 Lançant sans cesse la foudre ; les tempêtes puissantes Avec le grondement du tonnerre et les éclairs étincelanls S'envolèrent de sa main, qui sans cesse lit scintiller Les saintes flammes; alors la terre fertile cra^VM partout Enveloppée de flammes, et les immenses forets emhrasècs pétillèrent.
695 Déjà toute la terre était brûlante ; les flots ècumants de l'Océan Et la mer désolée bouillonnaient; une vapeur étouffante Entourait les Titans terrestres; la flamme prodigieuse s'éleva Jusque vers les régions célestes; la luetir resplendissante des éclairs
1 L'origÎDal porte : i'où^vôç vj^Ji o(iô{i(vo; , c'ect-ÀF-dirc 1« ciel fortement ébranlé. Cette espreMiou remarquable , combinée avec la circonstance que le combat priocipd ■e don qu'un seul jour, montre que le mythe Ici mentionné et celui de Phaéton dépei- 9MBt k néaie eatottroplM , oe qu'on verra «Mai par U traditimi d« V\V\wkV\&«.
Eblouit Us yeux mêmes des plus forts.
700 Mais r incendie prodigieux pénétra jusqu'au chaos.
Partout fceil rencontrait la niéme vue , partout l'oreille
était frappée du même son , Comme si la terre et le firtnament voûté s'approchaient. Car un bruit épouvantable retentit de la terre, qui se souleva, Kt du firmament, qui se précipita dans les abîmes. 705 Tel fut Je tumulte qui s'éleva quand les dieux se rencoulrcrent au combat.