‹ Le déluge;Chapitre 138 sur 187 · CHAPITRE IX. iMi · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. iMi

peaux, non pas en faisant violence au corps avec le corps, comme les pâtres qui mènent le bétail à coups de bâton, mais en traitant F homme en animal docile, et en le dirigeant du haut de la proue avec une sorte de gouvernail, c'est-à-dire avec la persuasion, dont ils touchaient son âme suivant leurs vues ; et c'est de celte manière qu'ils conduisirent l'espèce humaine tout entière ^ Ahmles di^ verses contrées échurent à divers dieux et furent gotivernées par eux. Vulcain et Minerve, qui avaient la même nature, et parce qu'ils venaient du même père, et parce qu'ils tendaient au même but, à cause de leur amour pour les sciences et les arts, obtinrent tous deux en partage notre pays ^, qui semblait convenir et appartenir à leur vertu et à leur sagesse. Ils ûrent des indigènes des hommes de bien , et leur inspirèrent le désir de vivre sous un gouvernement régulier. Les noms de ces hommes ont été conservés , mais leurs actions ont péri par la destruction de ceux qui les avaient recueillies et par l'éloigncment des temps ; car la race qui survivait toujours , comme je l'aï dit précédemment, c'étaient les habitants des montagnes, hommes illettrés, qui avaient seulement appris les noms des chefs du pays et ne savaient que peu de chose de leurs actions.

Ils se plurent donc à donner ces noms à leurs enfants, mais ne connurent les verlus et les institutions de leurs ancêtres que par quelques traditions obscures ; et comme eux et leurs enfants étaient restés, pendant plusieurs générations, dans un grand dénûment des choses nécessaires à la vie, ils ne songèrent plus qu'aux moyens d'y pourvoir, et ne s'occupèrent plus que de ce soin dans leurs discours : de manière qu'ils négligèrent les faits antérieurs

' Getle description noas montre aassi que lei aoi-disant dieax (Klohim; furent on peuple vainqoear ou peat-être leurs princes , qui le distriborrent lei paya de la rac« Bobjagoée.

a L'Attiqoe.

t5i LE DÉLLGR.

et passés ; car on ne commente à rerÀetrher et à raconUr les rhoJtes antiques que lorsqu'il règne du loisir dans Ui villes, et que quelques habitants sont déjà en sécurité du c6té des besoins de la vie, mais cela n'arrive pas auparavant, (Test de cette manière que les noms des anciens héros nous ont été conservés sans que leurs actions soieul parvenues jusqu'à nous. Et, ce que je dis là, je ie conjecture de ce que les noms dcCécrops, d'Krechthée, d'Erichthonius, d'ErisichlIion et de la plupart des personnages qui remontent au delà de Thésée, se trouvaient rappelés dans le récit de la guerre que les prêtres firent à Solon, comme il nous le rapporta lui-même, et que les noms de femmes n'y étaient pas oubliés. 11 était aussi fait mention do r image et de la statue de Minerve ; et comme alors les femmes partageaient avec les hommes les fatigues de la guerre, la déesse, suivant cette coutume , était représentée avec une armure, pour montrer que, parmi tous les animaux qui vivent en société , les mftles comme les femelles étaient naturellement capables de se livrer aux mêmes travaux et d'exercer les facultés qui appartiennent à cha*^ que espèce. Il y avait, dans notre pays, les différentes classes de citoyens qui travaillent aux métiers et à la terre pour en tirer notre nourriture; mais la classe des guerriers avait été séparée dès le principe par des hommes divins; ils habitaient à part, possédant tout ce qui était nécessaire à leur entretien et à leur instruction, sans avoir aucune fortune particulière : de manière que, tous les biens étant communs entr'eux, ils croyaient ne devoir rien exiger de leurs concitoyens au delà de la nourriture, et" remplissaient toutes les fonctions dont nous avons parlé hier au Sujet des défenseurs que nous donnions à notre Etat ^ En outre , on rapporte avec vraisemblance et vérité que les frontières de notre pays s'étendaient alors jusqu'à Tisthmc

' La République, IIP et Il« livres.

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