CHAPITRE X. tra
Chapitre 57. — On dit qu'Uranus eut quarante-cinq enfants de plusieurs femmes, mais qu^il en eut entre autres dix-huit de Titœa. Ceux-ci, outre leur nom particulier, furent appelés Titans, du nom de leur mère. Comme Titœa était foi*t prudente et qu'elle surpassait les autres femmes en toutes sortes de vertus, elle fut mise au rang des dieux par ceux qu'elle avait comblés de bien pendant sa vie, cl elle fut appelée la Terre. Uranus eut aussi plusieurs filles, dont les deux aînées ont été les plus célèbres. L'une était Basilée, qui signifie reine, et l'autre Rhéa, que quelquesuns nomment aussi Pandore. Basilée, qui était la première, était aussi la plus sage et la plus habile. Elle éleva tous ses frères et elle avait pour eux une amitié de mèt*o. Quand son père passa an rang des dieux, les peuples, et surtout ses frères , l'obligèrent de monter sur le trône. Klle était encore vierge, et, par un excès de pudeur, elle ne voulait pas se marier. Mais enfin, pour avoir des enfants qui pussent succéder à sa couronne, elle épousa Hypérion, c^ui de ses frères qu'elle aimait le plus. Elle en eut un fils et une fille, Hélius et Selené, tous deux admirables par leur beauté et par leur vertu. Cependant, ces avantages attirèrent sur Basilée l'envie de ses frères, qui, craignant d'ailleurs qu' Hypérion ne voulût se rendre maître du royaume, conçurent un dessein exécrable. Ils conjurèrent entre eux d'égorger Hypérion et de noyer dans l'Éridan son fils Hélius qui n'était encore qu'un enfant. Quand Selené apprit ce malheur , comme elle aimait son frère uniquement, elle se jeta du haut du palais en bas. Pendant que Basilée cherchait le long du fleuvo le corps de son fils Hélius, elle s^endormit de lassitude. Elle crut voir son fils, qui l'appela et lui recommanda de ne point s'affliger de la mort de ses enfants. Il ajouta que les Titans recevraient le châtiment qu'ils méritaient; que sa sœur et lui allaient être admis au nombre des dieux par l'ordre du Destin ; que ce qui s'appelait autrefois dans le ciel le feu sacré s'ap-
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pelleruit Hclius ou le Soleil, el qu on donnerait à Fastre appelé Mené, le nom de Selcné ou de Lune. S' étant réveillée y elle raconta son songe à ceux qui la suivaient et leur défendit de la toucher. Aussitôt elle tomba dans une espèce de fureur. Prenant en main les jouets de sa fille qui pouvaient faire du bruit, elle errait par tout le pays; et, se mettant à courir et à danser, les cheveux épars, comme elle aurait fait au son des tambours et des timbales, elle excitait la compassion de tous ceux qui la voyaient. Tout le monde en ayant pitié, quelques-uns voulurent Tarrôtcr ; mais aussitôt il tomba une grande pluie accompagnée d'horribles éclats de tonnerre. Sur ces entrefaites , Basiléc disparut. Le peuple, changeant alors sa douleur en vénération , plaça Hélius et Selené entre les astres ^ On éleva des autels en F honneur de leur mère, et on lui offrit des sacrifices au bruit des tambours et des timbales, à r imitation de ce qu^on lui avait vu faire.
Chapitre GO. — Après la mort d'Hypérion, les enfants d'Uranus partagèrent le royaume entre eux. Les deux plus célèbres furent Atlas et Saturne. Les lieux maritimes étant échus par le sort à Atlas, ce prince donna son nom aux Atlantes ses sujets et à la plus haute montagne de son pays. On dit qu'il excellait dans F astrologie et que ce fut lui qui représenta lé monde par une sphère. C'est pour cette raison qu'on a prétendu qu'Atlas portait le monde sur ses épaules, celte fable faisant une allusion sensible à son invention. Il eut plusieurs enfants ; mais Hespérus se rendit le plus remarquable de tous par sa piété, par sa justice et par sa bonté. Celui-ci étant monté au plus haut du mont Allas pour observer les astres , fut subitement em-
' Celte tradition, qui se relrouve dans la mythologie Scandinave, bien qae soas nne autre forme , est on des nombreux et remarquables traits qui semblent montrer la haute antiquité de cette mytliologie- On peut du moins en conclure qae le nom de Mené (Mani , la lune des Scandinaves) c&t plus ancien que celui de Selené . qu'on trouve déjà dans la mythologie grecque à une époque très-reculée, tandis qu'on n'y trouve nulle part la dénomination Mené.