CHAPITRE XI
Koè; mais il renvoie aussi (Marc, XIII, 14; Matthieu, XXIV, 15) au prophète Daniel, qui (IX, 26) dit expressément que, lors du bouleversement du monde, une inondation aura lieu. En outre, plusieurs expressions de Jésus-Christ lui* même prouvent claire^ient que celui-ci a pensé à Tincmdation, qui^ considérée sous le point de vue géologique, ne peut être séparée de cette catastrophe. Ainsi il conseille (Marc, XIII, 14-15; Luc, XVII, 31) aux hommes de s'enfuir sur les montagnes et de ne point descendre de leurs maisons, conseil qui n'est applicable qu'en cas d'inondation. Nous trouvons encore un passage caractéristique chez Luc, XXI, 25, où il est dit : qu'on verra des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles, et que les peuples seront dans la consternation sans savoir ce qu'ils deviendront, la mer et les flots faisant un grand bruit
D'après tous les témoignages déjà cités, il n'y a, à mon avis, aucun doute que, pour faire mieux comprendre ses vérités à tout le monde, la Bible n'ait tiré du déluge les images dont elle se sert dans l'Apocalypse, ainsi qu'en plusieurs autres parties de l'ancien et du nouveau Testament, pour dépeindre l'avènement de Jésus-Christ, le jour du Seigneur, le dernier jour de l'enfer*; Matthieu, XXIV, 37, et Luc, XVII, 26, semblent le confirmer clairement ^.
On ne peut douter non plus que les hommes qui vivaient au temps de Jésus-Christ, surtout les- Juifs dont les ancêtres avaient vécu dans l'exil à Babylone , n'aient entendu parler de cette catastrophe ; mais la connaissance des détails s'est perdue plus tard, de même que celle de beaucoup d'autres événements qui ont joué un rôle important dans l'histoire du développement universel. Cette vérité
< Voir Ifatlh., chap. XXIV ; Marc . chap. XIII ; Luc . chap. XXI . 25. aq.; II' épt- Ire de saint Pierre , UI , 40 ; Abdias . v. 16 ; baie . II , 10.
2 Hais comme il eo était dans les jours de Noé , il en sera de même à favénement .duflis de Fhomme. Kt ce qui arriva da temps de Noé, arrivera de même quavd viendra le fils de l'homme.
t96 LE DÉLUGE.
sera d'autant plus évidente, si Ton considère qu'il n'est nulle part question d'une destruction totale du monde, mais seulement de son renouvellement, ou d*un nouveau ciel, c'est-à-dire de l'apparition d'une nouvelle partie da firmament et d'une nouveUe terre, d'un globe dont la surface aura été modifiée, et où les justes, échappés à la mort, mèneraient une vie plus heureuse *. Considérées sous un point de vue historico-géologique , ces images sont d'un grand intérêt, parce que non-seulement nous sommes obligés de reconnaître que, dans le cours des temps, le développement progressif du globe doit nécessairement amener son bouleversement, prédit dans l'Écriture, mais aussi parce qu'elles nous permettent de jeter un regard sur l'antiquité la plus reculée et de saisir la lumière de la vérité en dispersant des ténèbres jusque-là impénétrables. Plus cette lumière éclate, plus elle nous montre la toute-puissance, la sagesse et la bonté de Dieu, qui arrache à l'homme orgueilleux l'aveu sincère, que dans sa faiblesse il ne lui reste qu'à recourir à la miséricorde infinie, à l'amour sans bornes de l'Être suprême, qui lui a donné la sainte doctrine de Jésus-Christ pour le guider dans la route du perfectionnement.
Les images dont se sert l'auteur de l'Apocalypse confirment donc que Babylone fut détruite par le déluge. Il y a une autre circonstance qui les . rend encore plus intéressantes : c'est qu elles servent à confirmer l'hypothèse établie et bien fondée, qu'un assez haut degré de civilisation a régné déjà avant le déluge, mais qu'à cette époque le genre humain était, comme nous l'enseignent la Bible et les traditions profanes , si dépravé , que le Souverain de l'univers le fit en très-grande partie périr par une catastrophe; celle-ci avait été préparée graduellement; elle était nécessaire pour que l'homme purifié et corrigé fût
' Et ù le Seigneur o'avait abrégé ces jown-\k , personne n'éckappemU ; mti» i\ » abrégé ces jours , à caute des élus qu'il a choisis.