‹ Le déluge;Chapitre 167 sur 187 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

moignage d'Hérodote, que, depuis que FÉgyple était dominée par des rois de race humaine, le soleil avait quatre fois changé de place dans le ciel : de sorte qu'il s était levé deux fois où il se couche maintenant, et vice versa. Certainement cette assertion , qui n'est hasée que sur quelques mythes et sur des idées astronomiques de ce temps, est à plusieurs égards fausse; cependant elle est trop remarquable pour n'être pas fondée sur quelque événement réel. Cet événement a, seion moi, été la révolution mentionnée dans le présent ouvrage, car, après celle-ci, le soleil^ qui jusqu'ici s'était levé du côté du nord ou du nordouest , a commencé à se lever à Vorient, Une autre tradition intéressante chez les Égyptiens, savoir, la tradition selon laquelle l'écliptique a jadis coupé l'équateur rectangulairement, semble tout à fait s'accorder avec ma théorie ^. Bailly tâche d'expKquer cette tradition en supposant que les Égyptiens ont connu le déplacement d'axe, à peu près imperceptible, qui s'opère encore maintenant, mais qu'ils n'ont pa& connu la périodicité. Mais comment se représenter que les Égyptiens aient été en possession d'instruments astronomiques assez exacts pour observer cette petite aberration du soleil de son écliptiquc, dont nous venons de voir qu'il faut chercher la cause dans la nutation continuelle et périodique de l'axe du globe? Il est donc nécessaire d'admettre que la tradition selon laquelle l'écliptique a coupé l'équateur sous uti angle droit repose sur un événement réel; et, à mon avis^ cet événement ne peut être que le déplacement assez subit de l'axe du globe, ou, pour me servir de l'expression de Xénophane, la circonstance « que le soleil se tourna vers un autre pays, h événement qui n'a pu échapper à l'attention. La durée de

1 Je n'ai po découvrir la source primitive de celle auerUon , que Bailly rëpèle pla*> sieurs fois dans son Histoire de t Astronomie des anciens (l , 203 , et II , 216), et qu'il dit avoir trouvée clies Hérodote. Je suppose que le passage se trouve chei quelque auteur classique , qui aura copié des manuscrits d'Hérodole qui n'existent plut.

aot LE DÉLUGE.

la calattrophe du déplacement d'axe a d'ailleurs été indiquée par les Égyptiens avec une exactitude à peu près astronomique. Cela est prouvé non«seulement par Texactitude chronologique asseï grande de la narration mosaïque du déluge, narration qui cependant ne contient, comme nous Favons déjà vu , que la description du côté diluvien de la catastrophe, mais aussi par Tassertiou de Ptosiris et Necepsos, deux astronomes égyptiens, qui nous apprennent qu'au quarante*cinquième jour après le solstice le monde renaquit de sa cendre ^ De même que la mention de tremblements de terre dans la tradition de l'Atlantide et dans le mythe de Phaéton , cette assertion prouve du reste qu'originairement les Égyptiens ont aussi connu le cdté volcanique de la catastrophe. Cette opinion est con- Brmée encore par le mythe égyptien de l'oiseau phénix, qui renaît toujours de sa cendre. Fréret a déjà fait observer que ce mythe n'est qu'une représentation allégorique 'de la destruction et du renouvellement périodique du monde, qui, suivant les idées des anciens, a lieu à de longs intervalles. Sans doute, une explication exacte des restes d'hiéroglyphes du temple de Denderah , sur lequel je reviendrai plus tard , prouvera une fois que les Égyptiens ont connu cette catastrophe diluvienne et volcanique beaucoup plus exactement qu'on ne le croit aujourd'hui, et que l'oubli du côté volcanique de l'événement est dû i une interprétation évidemment fausse des idées primitives. 1^8 doctrines des Indiens, dont la civilisation a tant de rapport avec celle des Égyptiens, prouvent encore plus clairement que les idées astronomiques de ceux-ci se rapportent à la ruine et au renouvellement du monde. Les Indiens supposent, d'après leurs livres sacrés, quatre âges du monde, dont la durée totale monte à 4,3^,000 années. La première période, nommée l'âge d'or, ou celui

I Jaliat Firmleot. III, t i Fréret, DifenM de la Cknmtloffiêt page 309.

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