CHAPITRE XII. 30a
de Tinnocence, en contient 1,728,000; la seconde ou celui d^argent , 1,296,000 ; la troisième ou celui d'airain , 864,000, et la quatrième ou celui de fer (aussi nommé Tâge malheureux, caliyougan), 432,000. En adoptant l'hypothèse du professeur Rask, qu'aux temps les plus reculés on a donné le nom d'années aux jours, et que plus tard on a gardé cet usage dans les calculs astronomiques , ces chiffres prodigieux se laissent réduire à 120,000 années, ou pour chacun des différents âges du monde respectif à 48,000, à 36,000, à 24,000 et à 12,000 années, si on les divise par 360 ou le nombre de jours que contient une année composée de 12 mois lunaires. Or, LegentiP a déjà prouvé que ces chiffres et leur distribution, selon les quatre âges du monde, reposent sur un calcul astronomique, conformément au progrès des nœuds équinoxiaux. Selon lui^ les Brahmanes supposent encore que le progrès des nœuds est annuellement de 54" ; mais cet espace de temps étant trop grand , ils ne fixent la durée de toute la . période du soleil qu'à 24,000 ans. Voilà pourquoi ces quatre âges se laissent diviser par la moitié de la période ou 12,000 ans, dans la proportion de quatre , de trois, de deux et d'un. Par ces chiffres la philosophie indienne voulait, selon l'observation ingénieuse de Rhode ^, dans son essai sur l'âge du zodiaque, indiquer la décadence progressive du principe conservateur. Les Indiens regardaient la durée du monde, ou plulôt du globe, comme un combat entre le principe conservateur et le principe destructeur, et uous retrouvons la même idée chez Aristote, qui attribue à la terre différents âges : celui de la jeunesse, celui de la maturité, celui de la vieillesse; idée enlièrement en harmonie avec l'histoire du globe, qui, avant le déluge,
> Lcgentil de la Ualaisière (Aead. des tciencêt, 1772 , II , 19i) , né en l7iA . mort en 1792. Oo Itti doit sartoot ane connaîMance plus etacle de l'astronomie deii Hramins ei da lodiaquc des Indiens.
2 J.-H. Rhode , Vermch nber da» AlUr des Thur^reiMS ^ Rreslaa , U09 , p. lOfi,
semble avoir atteint le plus grand développement physique, mais qui, à partir de cette époque, semble vieillir et rétrograder, tandis que le genre humain marche sans discontinuer vers un plus grand développement intellectuel. On pourra donc comprendre pourquoi les philosophes indiens réglaient, dans la proportion progressive indiquée ci-dessus, la durée de ces quatre âges, de la réalité desquels les vedas sacrés ne leur permettaient pas de douter. Il ne reste donc que cette question : Pourquoi la durée de ces âges est-elle fixée dans une certaine proportion à la révolution du soleil ? Ici , heureusement , le Chaldéen Bérose nous peut servir de guide : il affirme que les grandes destructions du monde par le feu et F eau et les changements dans les constellations qui les provoquèrent ont rapport aux deux astérismes du Cancer et du Capricorne ^ Suivant Topinion mentionnée ci-dessus, que le soleil emploie pour faire sa période 24,000 ans , il s'écoule précisément 12,000 ans à partir de Fépoque où il est dans la constellation du Cancer jusqu'à Fépoque où il entre dans celle du Capricorne. Voilà pourquoi Tépoque la plus courte, Tâge actuel du monde, que les Indiens nomment Caliyougan, a eu une durée de 12,000 ans, et les autres époques sont dans une proportion progressive avec celle-ci.
Le passage de TEdda que j'ai déjà cité : a Alors la lueur du soleil s'obscurcit pendant Vété, tous les temps deviennent mauvais temps, etc., » nous autorise de même à supposer que c'est au sein de l'été, ou pendant que le soleil était au signe du Cancer, que l'Asie, d'où nous sont parve-
' Voir le passage de Sénèqae ( Naturales quœsiiones ^ III , 29 ) : « Qaidaoi eiUtimant , terrant quoque concutij et dirupto solo novafluminutn capita detegere^ quo* amplios ot e pleno profuudaDt. Berosus , qoi Belom interpretalas est , ait curiu itta tiderum fieri , et adeo qoidem id afârmat , at conjlagratione alqae dilurio tempos assignet.. Assara eoim terrena conteodit, quando omnia sidéra , qaœ nanc diverses agunt corsas, io Cancrum conveneriot , sic sob eodem posita vestigio, ot recta linea eiire per orbes omoiom possit ; inundationem faturam , qoom eadem siderom (arha io Capricornunt convenerii. lllic $ol8tit%um t bic bnima conficiiur ; nwtjntp potentiœ signa , qaando in ipsa motalione anni momenta sont. »