‹ Le déluge;Chapitre 169 sur 187 · CHAPITRE Xïï. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xïï. m

nues toutes nos connaissances sur la grande cataslrophe du monde, a été visitée par les phénomènes volcaniques de la catastrophe diluvienne. Mais, pour les philosophes indiens, qui vivaient peut-être quelques mille ans après le déluge^ et qui d'ailleurs supposaient toujours que la terre était sans mouvement dans T univers, il leur était difficile, pour ne pas dire impossible, de se former une idée juste de cette catastrophe. Voyant tous les ans le soleil passer par les signes du Cancer et du Capricorne sans qu'une révolution du monde eût lieu , leurs notions de cet événement durent se rattacher au progrès réel du soleil dans les signes de Fécliptique. De cette manière naquit tout naturellement ridée de la grande année, nommée Tannée platonique ^ Les IndiensTet surtout les Égyptiens, habitaient des pays assez bas, oii les phénomènes diluviens de la catastrophe ont surtout dû laisser des traces, où, pour ainsi parler, on ne peut faire un pas sans que Tœil ne soit frappé des bouleversements prodigieux causés jadis par l'invasion puissante de la mer; les traces des phénomènes volcaniques de la catastrophe y sont au contraire proportionnément peu sensibles et rares : de là vient que les philosophes qui vivaient longtemps après ce grand cataclysme en ont séparé les phénomènes diluviens des phénomènes volcaniques ; cependant, nous l'avons vu, le mythe du combat des dieux et des Titans, la tradition de l'Atlantide et celle du peuple Zend, la doctrine de l'Edda, les images du nouveau Testament bien entendues, en partie aussi celles de l'ancien, celles surtout employées parle prophète Daniel, et avant tout des raisons géologiques ne permettent point une telle séparation.

Mais le passage de Bérose mentionné ci-dessus est aussi

' Lorsque tontes les étoiles fiscs auront achevé leur période apparente autour des pôles de l'écliptique et qu'elles aurout repris leur première position relativement aux cercles do globe céleste , 25,848 ans se seront éonuléii. lîn (el espace ^e temps s'appelle dans l'astronomie une année platonique.

remarquable sous un autre point de vue ; car il parait contenir une indication astronomique du mouvement des étoiles qui dut s'opérer pendant le bouleversement du monde. Quoique en partie fausse, cette indication est pourtant très-juste sous un certain rapport ; durant le déplacement d'axe, il devait sembler efTecttvement que le soleil, la lune et les étoiles {omnia sidéra) ^ tout en décrivant chacun son orbite {quœ diversos agunt cursus), eussent en même temps un mouvement vers la même région du ciel. Platon et plusieurs néoplatoniciens on parlent aussi ; ils admettent trois mouvements principaux des corps célestes , savoir : 1° le mouvement du cercle extérieur ou de Féquateur, suivant lequel s'opère le mouvement diurne du ciel autour de son axe ; 2<^ le mouvement du cercle intérieur ou de Fécliptique, suivant lequel s'opèrent les mouvements particuliers du soleil, de la lune et des autres planètes dans le ciel; enûn , 3° le mouvement qui est commun au ciel entier et qui, dans sa révolution y emporte tous les cercles intérieurs qui n'en conservent pas moins leurs mouvehients particU" lier s *.

Bérose, Platon, Aristote, etc., n'étaient probablement pas les seuls qui eussent essayé de donner l'explication astronomique de ces mouvements des étoiles que l'on désigne ordinairement, mais à tort, comme une conjonction du soleil, de la lune et des planètes connues alors. Diverses inscriptions dans les temples égyptiens et des hiéroglyphes, surtout le plus petit planisphère du temple célèbre deDenderah, sur lequel les constellations sont placées remarquablement dans une espèce de spirale, dont l'astérisme du Cancer forme le signe final intérieur, me paraissent

' On a nié que Platon admît ce troisièrae moavement ; mais le passage remarquable, dans la tradition de l'Atlantide , que le mythe de Phaéton signifie l'aberratiou de (ooi les corps qui >e meuvent aatoar de la terre et dans le ciel avec one destruction qui arrive par intervalles de tout ce qui est sur la terre par on grand feu , ne permet paf d'en finaler. Voir h tradition de l'.^tlantide, paj^e 24fi.

Page 1