CHAPITRE XII. 30T
aussi être des essais de représenter distinctement la catastrophe du déluge et le changement qui alors s'est opéré dans r ancien cieL Cette opinion n'est cependant qu'une hypothèse, et je regrette qu'on n'ait pas encore abordé la question sous ce point de vue dans les disputes savantes sur cette matière, jusqu'ici demeurées sans résultat positif. Ce serait sans doute nne chose très^intéressante si quelque savant antiquaire pouvait montrer les rapports qu'il y a entre la catastrophe diluvienne et les inscriptions des monuments égyptiens qui nous sont restés , car il parait certain que plusieurs d'entre elles y font allusion.
Il est de même vraisemblable que les Chaldéens ont eu l'idée d'une destruction et d'un renouvellement du monde, c'est-à-dire de la surface de notre globe et, conjointement avec cette destruction , d'un déplacement des corps célestes du firmament. Le philosophe Bérose, déjà nommé plusieurs fois, le dit expressément, et le nouveau Testament * cite, à ^occasion de cette catastrophe, le prophète Daniel, lequel, sur les ordres de Nabuchodonosor , prince de Baby^ lone, fut instruit dans la langue et la science des Chaldéens ^ J'ai déjà prouvé ci-dessus quel rapport il y a entre les images employées dans le nouveau Testament pour dépeindre la destruction du monde et les idées que professe la religion zend. Or, en considérant cette ressemblance , on ne peut presque pas douter que les Juifs, comme je l'ai déjà fait observer, n'aient apporté chez eux, de la captivité de Babylone, leurs notions des phénomènes volcaniques de la destruction du monde , tandis que leurs notions des phénomènes diluviens de cette catastrophe leur sont venues de l'Egypte. Les Chaldéens, qui habitaient originairement un pays élevé, ont dû conserver avant tout, à côté de quelques traits diluviens , le souvenir des phénomènes volcaniques, tandis que les Egyptiens, dont le pays
r Saint Matthieu . \X[V, 15 ; saint Marc, XIII . \à. ^ Oapiel .1,4.
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leur rappelait tous les jours Tinfluencc des eaux, ont dû surtout so souvenir de T inondation. Voilà pourquoi les Juifs ont sépare ces deux nhénomènes, quoique ni la géctlogie ni Thistoire ne permettent de le faire. Non-seulement il est question d'étoiles qui ont disparu ou , comme dit la sainte Ecriture, qui sont tombées du firmament lors du déplacement de Taxe du globe, et d'un nouveau ciel qui s'est formé après cette catastrophe, mais il y a aussi, dans le nouveau Testament, des traces non équivoques d'idées astronomiques sur l'aberration des corps célestes de leur cours ordinaire, comme nous en trouvons chez les Grecs, les Égyptiens , les Indiens et les Ghaldéens. Je citerai à ce sujet le passage célèbre de saint Luc, XXI, 25 : u Et il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles, n passage qui semble être basé sur la même idée que nous retrouvons chez Aristote , Platon et autres savants , selon laquelle, à la fin de la grande année, le soleil, la lune et les étoiles abandonneront leur cours céleste ^ Gomme, du reste, les anciens croyaient à des révolutions du monde répétées à plusieurs reprises et suivies toujours de changement dans le firmament, on comprendra facilement ce qu'ils nous apprennent de nouveaux cieux ^ puisque effectivement, à chaque nouvelle révolution du globe, une autre partie du firmament apparaîtra. Peut-être aussi ce détail de certains systèmes religieux-philosophiques d'un temps plus récent (par exemple, celui de Mahomet) qui admettent plusieurs cieux, placés. ridiculement et contre nature l'un sur l'autre, n'est-il qu'une méprise sur les idées primitives.
Enfin, si nous jetons un regard sur l'histoire générale de la civilisation des plus anciens peuples, nous y rencontrons aussi beaucoup de phénomènes remarquables qui tous ont rapport aux idées religieuses , philosophiques et
I Voir aoBsi le passage chez Bérose , Magna potentûf signa , «le. > L'Rdda Scandinave , par exemple , en a neof.