CHAPITRE XIlI
HYPOTHlilSE QU OUTRK NOK ET M K.IHILLK NOMBRE U HOMMES 8K 90MT SAUVéS DU DÉLLGK, KT QUE l^^ATLANTrOE, UÉTRUITE LOIIS ' DE CETTE CATASTROPHE, A tli, l'ÉTAT CIVILISÉ LE PLLS ANCIEN.
Non<-seulement iVoé et sa famille, que la Bible nomme de préférence les hommes, mais une grande partie aussi des autres hommes , probablement même des nations entières, auront échappé à la mort dont les menaçaient la grande inondation , les éruptions volcaniques et les autres phénomènes de la nature qui ont accompagné le déplacement d^axe. Cette hypothèse est évidente par la tradition de la migration du peuple zend, par le récit chaldéen du déluge, par la tradition de T Atlantide chez Platon, par lu manière différente dont fut envisagée cette catastrophe et dont elle passa dans les systèmes religieux des différents peuples, par les images employées dans TApocalypse, et par la tradition intéressante recueillie par Josèphe (1, 3, (>), d'après Nicolas de Damas, selon laquelle beaucoup .d'hommes se sont sauvés sur une grande montagne de rArméiiie, nommée Baris. Avant tout, cependant, cette hypothèse est confirmée par le fait historique, mentionné ci-dessus, que déjà 4 à 500 ans après le déluge, si ce n'est même avant cette époque, il y a eu des Etats florissants en Egypte, en
:n2 LE DKLLGK.
Assyrie, à Babylone, en Médie, dans la Baclriane, aux Indes et peuMtrc en Chine. Cela aurait été tout à fait impossible si la destruction du genre humain avait été aussi générale qu^il le semble diaprés le récit de la Bible ^ Il est donc raisonnable de supposer que des peuplades entiÎTes ont pu se soustraire à la mort lors de cette révolution de la nature; mais, d'un autre côté, les traditions citées , puis les ossements fossiles humains dont je parlerai plus lard et qui se sont trouvés dans des lieux trèséloignés de l'Orient, nous forcent à admettre que les habitants de presque une partie entière du monde (rEuropc ou TAtlantide), ou qu'au moins tout un peuple puissant a disparu de la scène agitée de la vie , sans laisser à la postérité que quelques noms altérés et quelques traits confus.
Ces traits ne sont cependant pas tout à fait insignifiaots, et il est bien remarquable qu'à côté des Titans fiers et
> La Bible {Genèse, cbap. 10) cile déjà, dans la troisième génération «près le délace, les cités de Babylone , de \itiive et autres grandes villes de l'Assyrie , les tribus cananiles, les Kgyptiens, etc. ; elle paraît ainsi elle - même contredire l'opinion que l'Aiie- Mineure a été dépeuplée par le déluge. Heureusement le célèbre Rask a fait obsenei qu'il doit y avoir une lacune dans la généalogie des Hébreux depuis le déluge (St458«oi avant la naissance de Jésus- Cbrist) jusqu'à l'arrivée d'Abrabam en Egypte, poisqoela cbronologie égyptienne d'Oros jusqu'à Xeferkeres , dont le règne commença lors du séjour d'Abrabam en Egypte, comprend un espace de 867 années solaires , tandis que 1> chtonoloyic des Hébreux depuis Adam (Oros) jusqu'à l'arrivée d'Abraham en Egypte m comprend que 483 années solaires. C'est , à mon avis , entre la seconde et la troisièns génération que quelques générations auront été oubliées dans la chronologie des Hébreux, et cette hypothèse, que Rask lui-même admet en partie, explique facilement conment la Bible , sans se contredire elle-même , ait pu , sitôt après le déloge , mentioBBsr de grandes villes et des pays peuplés. Le nom de Sem étant d'origine sémiliqne, eteelsi d'Aipacsçad (.^rbaces) ayaut sa racine dans les langues d'Iran , Rask sapposf qie déjà immédiatement après le déluge il y avait au moins deux langues différentes. Qae k* hommes, après celte catastrophe, aient multiplié avec plus de vitesse qu'à l'ordinaire, c'est une vraisemblance qui s'approche de la certitude , car il en a toujours été aiiii lorsque de grands malheurs , tels que la guerre ou la peste , ont diminué la popolatiai; mais on comprendra aisément qu'il est tout à fait impossible que les différentes races et nationalités dont l'histoire prouve l'existence aient pu se développer dans an espace ses* lement de quatre ou cinq siècles. Les anciens auteurs qui ont tâché de calculer dasi quelle progression les hommes multiplièrent après le déluge auraient donc pu s'éparys" cette peine.
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puissants : Coéos, Crios, Hypérion, Japet, Allas, Menœtios, Prométhée, etc., la mythologie et les traditions placent les Titanes et les citent avec distinction comme des déesses douées d'un esprit fort, entreprenant, ambitieux et sage. J^ai déjà mentionné la peinture idéale que nous a laissée Platon de la république d'Athènes : il y raconte aussi que les femmes prenaient part à tout ce qui concernait TEtat, même à la guerre. Quoique ce grand philosophe se soit beaucoup élevé au-dessus des idées étroites de son âge, son tableau, comme je Fai déjà fait observer, est sans doute fondé sur un fait embelli. Ce qu'il nous raconte sur la condition des Titanes est donc d'une grande importance par l'opposition qui existe entre cette condition des femmes et les mœurs en Grèce, où certainement les femmes furent traitées avec estime, mais où cependant elles étaient sans influence politique ; telle fut surtout leur condition en Orient où, à quelques exceptions près, elles étaient, en remontant jusqu'aux premières pages de l'histoire, à peu près des esclaves. Or, en comparant cette condition des femmes de l'Orient avec celle des femmes du Nord , dont les habitants différaient entièrement des Orientaux par les yeux, les cheveux, la conformation du corps et par tout l'extérieur, on trouvera dans la vie civile et politique une différence fondamentale. Car anciennement les femmes étaient très-honorécs dans les pays du Nord ; elles étaient les conseillères et les conductrices de leurs maris; elles prenaient même, comme dans l'Atlantide et dans l'ancienne Athènes, une part active aux affaires civiles et politiques. La ressemblance des anciens habitants du Nord avec les Atlantes est ainsi très-remarquable, et cette ressemblance devient encore plus frappante quand on la retrouve de même, et non sans intérêt, entre leurs palais divins et leurs temples, dont celui de Sigtune paraît avoir été une faible imitation des temples des Atlantes , entre leurs plus anciennes traditions et mythes, entre leurs cérémonies de
sacrifice, elc Ajoutez que la mythologie du Nord porte aussi des traces distinctes d*une origine diverse entre ses plus anciennes divinités, qui semblent avoir appartenu aux premiers habitants du Xord, et celles d'un culte plus récent introduites par la doctrine des Ases : on ne saurait, ce nous semble, facilement expliquer comment, entre les habitants du Xord, auxquels Thistoire attribue une origine orientale relativement moderne, et les peuples de rOrient, il a pu se développer de si bonne heure une différence fondamentale. Certainement, plus tard, des peuplades de rOrient ont apporté dans le Nord leurs idées; mais la différence tant physique qu'intellectuelle des races n'eu a pas moins continué de se faire sentir jusqu'à nos jours : c'est le mélange des habitants du Nord avec ceux de l'Europe méridionale, conjointement avec les relations physiques des différents pays et la civilisation, qui sans doute exerce une grande influence, mais ne saurait effacer entièrement les différences fondamentales, c'est là, disonsnous, ce qui a contribué à donner à l'Europe entière son caractère particulier , si prononcé , mais néanmoins trèsvarié d'une contrée à l'autre. L'origine des plus anciens habitants du Nord reste donc une énigme : je ne puis cependant m' empêcher de faire observer qu'il me parait vraisemblable que quelques faibles restes des dieux (Elohim, Guderne) et des Allantes (des anciens dieux ou des géants des Grecs), auront échappé au déluge, se seront réfugiés sur les plus hautes montagnes de FEurope, ou plutôt sur les hautes montagnes de l'Asie centrale. Placés, par suite du déplacement d'axe, sous un ciel défavorable; prives, par l'effet du bouleversement général, de leur ancienne abondance et de leurs nombreuses ressources, ces hommes, comme nous l'apprennent la tradition de l'Atlantide et les traditions celtiques, auront commencé un nouveau développement énergique, mais à la vérité très-pénible ^ Ce
I Voir U tradition de l'Atlaatlde chei PUton : « Hall ohcs tooa ( les Athénieat) fi