CHAPITRE XIII
serait donc eux que nous retrouvons dans le Nord sous les noms de Gothes (dieux), de Jettes (géunts, Titans, Atlantes) , et qui ont gardé d'obscurs souvenirs des exploits et de la magnificence de leurs ancêtres ^ Ces souvenirs, nous les trouvons chez les Gothes dans leur mythologie et dans leur civilisation : leur constitution politique a aussi une si grande ressemblance, dans ses points fondamentaux, avec celle des anciens Atlantes, qu'elle a déjà frappé le savant Ole Rudbek ; dans un ouvrage diffus, intitulé Atland ou le Manheim, il tâche de prouver l'identité de la Suède et de l'Atlantide ^. La géologie nous montre que, malgré les révolutions nombreuses et violentes de la nature auxquelles le globe a été exposé, aucune famille de plantes ou d'animaux ayant une fois reçu l'existence, n'a disparu entièrement; toutes ont été conservées, quoiqu'en partie sous des formes altérées.
]«■ aatrei peaples, l'aMge de lettres et de tout ce qai est nécessaire à an état policé ne date jamala qoe d'ane époque récente, et bientât, à certains intervalles, viennent fondre snr voos comme une peste meartrière des torrents qoi se précipitent da ciel el ne laiisent nûnister que des liommes étrangers aux lettres et aux muses, de sorte que vous reeommeneett pour ainsi dire , votre enfance, etc. n La tradition celtique, après avoir raconté que des villes florissantes ont été anéanties par le déloge , dit : u Les montugnei forent le lien primitif où errait le petit nombre d'hommes et d'animaox échappés an déloge, etc. »
' Voir la tradition de l'Atlantide. La race qai survivait toujours, comme je l'ai dit précédemment, c'étaient les habitants des montagnes, hommes illettrés, qui avaient seulement appris les noms des chefs de pays, et ne savaient que pou de chose de leurs actioni, etc.
2 On comprend aisément que l'opinion de Rudbek et la mienne sont tool à fait différentes, car il veut que l'Atlantide soit un pays entièrement historique, taudis que moi je le suppose détruit dans la catastrophe diluvienne. Par cette raison déjà je ne peux partager beaucoup d'idées biiarres qu'il met en avant , mais je façonnais que , grâce aui connaissances extraordinaires de ce savant auleor, son ouvrage contient , à coté d'une masse cle recherches inutiles, une foule de grains d'ur qui , à l'aide d'une critique judicienie , fournissent des renseignements aussi intéressants qu'importants pour établir une comparaison entre les anciens Atlantes et les plus anciens Scandinaves que l'histoirt connaisse. Il me parait cependant certain qoe « les hommes n (tnenn) dont parle la plus aocienoe mythologie du Nord , et que Rudbek confond avec les Gothes el les Atlantes, mail qui sans doute doivent être opposés aussi bien aux tiothes (dieux) qu'aui Joetuni ou Jettes ( géants), sont les mêmes que a les hommes » de la Bible , que ceux des mytbologies des Grecs , des Kg)-ptiens, des Perse» et des Indiens, et qoe ce nom ne peut désigner que la race caucasienne.
Si, à Taîde de Thistoire et de la connaissance des antiquités, la géologie pouvait de même réussir à démontrer Tapplication de cette W*gle aux différentes races humaines, elle confirmerait alors mon hypothèse d'une manière bien curieuse eu démontrant, jusqu'à résidence, que Tancien État de r Atlantide, dont Texistence avant le déluge ne peut être révoquée en doute, est ressuscité sous une forme nouvelle et beaucoup plus complète dans plusieurs des États actuels de T Europe. Je ne fais de cela qu'une conjecture vraisemblable; mais il est pourtant digne de remarque que Tancienne doctrine de TEdda a une tradition du déluge indépendante et tout à fait différente de la narration mosaïque. Elle raconte qu un genre humain plus ancien a péri dans une inondation , que Bergelmer et sa femme furent seuls sauvés de cette catastrophe, qui fut la conséquence du meurtre du géant Ymer par les fils de Bor, dénomination qui, sans doute, hidique les hommes de la race caucasienne *. Comme, selon M. le professeur Finn Magnussen, le nom de Ymer a été donné aux montagnes de rimaûs en Asie, ce nom sert peut-être ici à désigner toute TAsie. En supposant donc que les habitants du Nord tirent leur origine des Atlantes, il semble, d'après cette tradition, que ceux-ci auront cru que l'Asie avait disparu par suite d'une inondation, de même que les habitants de l'Asie croyaient que l'Atlantide ou, comme je l'entends, l'Europe actuelle, avait eu un sort pareil.
Quelle que soit la solution de cette question, je suis porté à regarder comme très -plausible l'hypothèse dont je résume ainsi les principaux points : grâce à l'existence d'un grand continent formé alors par les parties actuelles du monde, déjà avant la catastrophe diluvienne, un assez haut degré de civilisation s'était développé chez les Atlantes et les Elohs (les Titans et les dieux soi-disant tels) ; mais,
' Dana la langue ancienne du Xord , le mont Caucase est appelé Bors oa Bars , et joaquii ce jour encore un de ses pics les plus élevés se nonioie Burs ou Al'bars.