CHAPITRE XIV
jadis. Tout cela considéré, il me semble qu^on devrait être satisfait si parfois le bonheur ou le hasard fait découvrir de ces fossiles intéressants. Il ne faut pas non plus, comme le font beaucoup de géologues distingués, s'abandonner & une autre erreur fondamentale , nier absolument que ces ossements humains soient du temps du déluge, et cela par la seule raison qu^ils ont été découverts en des lieux où la Bible ne dit pas expressément qu'il y ait eu des hommes, ou parce qu'on a trouvé ces restes accompagnant des pro ductions d'art qui ont quelque faible ressemblance avec les antiquités romaines et grecques , ou même seulement parce qu'on a trouvé près de ces ossements quelques simples productions d'art, telles que des armes de pierre, des restes de vases d'argile, des bateaux, etc. Comme ils admettent la supposition historique entièrement fausse, discutée ci-dessus, qu'aucune civilisation n'a régné sur la terre avant le temps de Noé, les géologues prétendent que ces restes n'appartiennent pas au temps du déluge. Ils se divisent à l'ordinaire, comme plusieurs des historiens modernes, en deux partis principaux qui ont également tort. Les uns rejettent absolument la Sainte-Ecriture dont personne ne peut ébranler la vérité; ils croient, dans leur présomption, qu'elle ne contient pas un mot de vrai. Les autres adhèrent si aveuglément aux doctrines dont ils sont imbus dès l'enfance, qu'ils s'engagent dans les contradictions les plus évidentes. Forcés par le témoignage irrécusable de l'histoire à reconnaître que le genre humain compte au moins 6,000 ans, ou qu'il existait environ 2,000 ans avant le déluge, ils croient cependant que les hommes , à l'époque du déluge , ont vécu dans une ignorance presque complète, sinon dans un état approchant de celui de la brute. D'un côté ils supposent souvent que, déjà avant le déluge, les hommes pouvaient, comme le dit expressément la Bible, bAtir des villes et construire des vaisseaux ; mais de l'autre ils nient que re<; hommes nient-
3ii LE DÉLUGK.
pu aiguiser qurlqoM anam imparfaites m pierre, rabriqaer quelques «impies rates cTargîle et former on bateau en creuianl quelque tronc cTarbre. Cett ainsi qn>n admettant des inconséquences contraires à Thistoire, à la géologie et â une saine explication de la Bible, dont les rentes fondamentales ne sont pas ébranlées, mais plutôt confirmées par r histoire et la géologie; c*est ainsi, disons -nous, que nombre de géologues et d'historiens, d^ailleurs très- distingués, nombre aussi de théologiens se persuadent à eoxménies et à d*autres qu'ils ont entièrement raison. Et la foule, qui suit naturellement leurs traces, en confondant les relations historiques de Moïse arec les dogmes do christianisme, leur applaudit. Telle est la puissance de r habitude.
\c supposant pas que la civilisation ait été assez développée au temps du déluge de \'oé, ayant cT ailleurs Tidée fausse, selon moi, que T Europe est la partie du monde qui s'est élevée le plus tard du sein de la mer, ces géologues, on le comprend, ne veulent pas reconnaître comme appartenant au déluge les débris de fossiles humains accompagnés de productions d'art qui ont quelque ressemblance avec les antiquités romaines et grecques. Qu'on se rappelle rependant que les Romains, et surtout les Grecs, ont reçu leurs premières connaissances des Égyptiens et des Phéniciens, et que, suivant toute apparence, ceux-ci sont redevables de leur civilisation aux Babyloniens et aux Klohs (dives, dieux), probablement les descendants des premiers habitants de l'Europe, des Titans ou des Atlantes! Je l'ai déjà prouvé : il faut admettre que le genre humain a existé plusieurs milliers d'années avant le déluge, et que cette catastrophe a eu lieu environ 2,458 ans avant Jésus- Christ; mais, si on admet seulement Fopinioh générale que le genre humain a existé pendant 6,000 ans , les Atlantes ont eu un espace de temps de 1,700 ans pour développer leur civilisation, espace aussi long que celui qu'ont eu les Grecs