CHAPITRE XIV. 3î:J
pour produire leurs chefs-d'œuvre tant admirés par la postérité; espace dont la moitié, tout au plus, a sufli à Rome pour s'élever de ville misérable qu'elle était jusqu'à gouverner le monde. Considérons combien était grande la civilisation des Babyloniens, déjà sous Sémiramis, lorsqu'il n'était pas encore question de l'existence des États de la Grèce, et nous verrons que nous sommes autorisés à supposer, que la civilisation des Atlantes a été assez développée, ce qui d'ailleurs est confirmé par toutes les traditions citées ; qu'elle a eu une influence indirecte sur celle des Grecs et des Romains; que, par conséquent, les ouvrages d'art de l'époque du déluge trouvés en Europe présentent par cette raison quelque ressemblance avec les antiquités grecques et romaines, ressemblance qui n' empoche pas de reconnaître que, d'un autre côté, il se peut bien qu'on puisse très-souvent avoir commis la faute de regarder des antiquités grecques et romaines comme des restes diluviens.
Après ces remarques préliminaires, je donnerai une description succincte de quelques-^uns des fossiles humains les plus remarquables , trouvés dans différentes cavernes de l'Europe, Mais afin d'être impartial, je copierai les paroles de M. Leonhard, qui regarde comme vraisemblable que le genre humain ait survécu à la dernière catastrophe, mais qui nie que les ossements fossiles décrits par lui datent de cette catastrophe. J'ajouterai à cette description un extrait des recherches faites au Brésil par M. Lund avec leurs résultats les plus importants.
I. Leonharu. — « Les recherches assidues de Marcel de Serres, de Jules de Christol, de Tournai et d'autres naturalistes français, ainsi que celles du savant belge Schmerling , nous ont fait connaître que dans les cavernes de plusieurs contrées de la France et de la proviace
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«r de Liège on trouve des ossements homains, associés à des n ossements et des restes d'animaux appartenant à des esr pèces qni ne virent plus maintenant Les ossements hu- » mains se montrent, de la même manière que ceux des n animaux, enfouis dans le limon des cavernes et mêlés » avec des éclats de rocs et des pierres erratiques; il r.st n pas rare de trouver auprès de ces restes d* hommes et n d'animaux des ouvrages d'art de différentes espèces, des r fragments d'anciennes armes et de vases d'argile, des n fragments d'anciennes urnes funéraires, des bracelets de » cuivre coulé qui ensuite a été ciselé, des dents percées de ^ chiens et de renards, sans doute employées comme amu- Q Ictles, et beaucoup d'autres objets. Des restes humains r qui , évidemment , ont appartenu à des individus d'un âge *> différent, des crânes, des dents et beaucoup d* espèces d'os* » sements d'hommes et d^ enfants se trouvent confondus. Dans n les cavernes de la Belgique on a trouvé, selon le témoignage n de Tidemann , des ossements humains mêlés avec des )> restes d'ours et d'éléphants, avec des ossements d'hyènes, '} de chevaux , de cochons et de ruminants. Ces ossemenls n humains sont en général égaux quant aux changements n qu'ils ont subis, quant à la couleur et au degré de dé- )i composition , aux ossements d'animaux qui s'y trouvent . » mêles. Ils sont quelquefois usés par le frottement et » quelques-uns sont brisés ; jamais on n'y trouve des em- » freintes de dents, ni des endroits rongés. Dans les caj) vcrnes de la France , comme dans celles de la Belgique, n on a trouvé, le plus souvent dans les passages les plus 5' profonds et les plus étroits, dans les parties les plus rer^ culées, dans les lieux les plus enfoncés, des ossemenls » humains enfouis dans le limon des cavernes; il y en^d » aussi qui sont cimentés aux parois. De tous côtés on voit » des crdncs entourés d'argile et accompagnés quelquefois )) de dents d'ours et d'hyènes. Dans les brèches renfermant )} des ossements nombreux de petits rongeurs, des dents de