CHAPITRE XIV. :it
n chevaux et de rhinocéros , on reconnaît aussi des ossen ments humains. »
» Dans les cavernes de la province de Liège, nommé-
V ment dans la caverne de Gaffontaine , le désordre dans n lequel les restes humains sont déposés , la différence de n leur conservation , la situation toujours horizontale des n longs ossements, les fragments de diverses roches des » environs des cavernes qui y sont mêlés, les pierres arn rondies, fort ressemblantes aux cailloux roulés des ruis- » seaux des environs, la conformité du terrain qui enferme » les ossements et de celui qui couvre les montagnes voin sines : toutes ces circonstances nous forcent à supposer que n ce sont des inondations qui ont charrié dans les cavernes n les masses qui les remplissent.
n Dans les cavernes de F Allemagne aussi on a trouvé des » restes humains; la grotte découverte en 1834 dans les
V Alpes de la Souabe est surtout remarquable. Elle est si- 9 tuée près du village d'Erpfingen, à 810 mètres au-dessus n du niveau de la mer et à 487 mètres au-dessus de celui n du Necker. Une ouverture à la surface donna par hasard » occasion à la découverte de cette caverne. Après avoir n enlevé trois grandes pierres, liées ensemble en forme de n coin, on découvrit la partie supérieure de la caverne, » qui ressemble au puits d'une mine. La caverne de Charles, » c'est ainsi que fut nommé ce souterrain que jusqu'alors •n personne dans la contrée n'avait connu, a 184 mètres de » long et s'étend du sud-ouest au nord-est. La hauteur et la » largeur n'en sont pas très-considérables : aussi n'y trouve- » t-on pas des halles si grandes que dans d'autres cavernes n des Alpes de la Souabe ; de belles formations stalactitiques n s'y trouvaient en abondance. Qu'on se figure l'étonne- » ment dont furent frappés ceux qui visitèrent les premiers r cette caverne lorsqu'ils y trouvèrent des restes d'hommes n et d'animaux avec des vases et autres traces de l'industrie » humaine. A 3 mètres sous la surface du sol ils trou-
n vèrent un tas de 3 mètres de hauteur, et dans celui-ci n des ossements d'hommes de tout âge et sexe, mêlés avec n ceux de chiens, de vaches, de lièvres, de rats, de fouines » et d'autres animaux, et des fragments de vases, d'armes » et de bagues ; on trouva même un peigne d'ivoire. L'état )) des vases , les ornements et les inscriptions qu'ils por- » taient, ainsi que les armes, les bagues et les instruments n de bronze et d'or firent supposer que ces objets étaient » les uns d'origine romaine (?) , les autres d'origine gern manique (?). Celui qui a découvert la caverne prétend r> avoir compté à peu près 50 crânes humains. »
II. Lu\D ^ — uLes cavernes calcaires du Brésil, si riches n en ossements d'animaux, ne nous offrent que fort peu » d'ossements humains. Mes efforts pour en trouver ont été n inutiles pendant plusieurs années , ce qui avait fortifié n de plus en plus en moi l'opinion généralement reçue n concernant l'apparition tardive de l'homme dans cette n partie du monde. Les recherches des dernières années » ont amené d'autres résultats. Sur plus de huit cents n cavernes que j'ai examinées successivement, six m'ont n enfin offert des ossements humains, dont la plupart, à n en juger par leur extérieur, appartiennent à une époque n très -reculée. Mais les circonstances dans lesquelles 1) on les trouvait n'offraient d'abord aucun indice propre n à déterminer exactement cette époque; les ossements » humains étalent rarement réunis avec des ossements d'à- » nimaux qui pussent fournir des éclaircissements à cet n égard. Une seule caverne présenta enfin une exception : V on y trouva, à côté d'ossements humains, des os de divers » animaux appartenant à des espèces ou encore existantes » ou déjà éteintes. Cependant un indice géologique indis-
I Kxtrait d'ane lettre adreuée de Lagoa-Santa , aa Brésil , le 28 mars 1844 , i M 1» conseiller dVtat Rafn, i Gopenbagoe. Voir aossi Comptes rendus tS45 ii° 18.