CHAPITRE XIV. 3«r
1) pensable à la fixation de Fâge relatif de ces vestiges nous n manque, puisque les objets découverts ne se trouvaient n pas dans leur couche primitive. La caverne en question n est située sur le bord d'un lac appelé Lagoa do Sumidouro.
M Voici les espèces d'animaux auxquels appartiennent » les ossements trouvés dans cette caverne :
n A. L'homme. — Les ossements humains qui ont été » trouvés dans le même état de décomposition et sous les >' mêmes circonstances que les ossements des animaux de » différentes espèces éteintes , ont appartenu au moins à » trente individus de différents âges, depuis celui des noun veau-nés jusqu'à celui des vieillards décrépits. lis semn blent originairement avoir été déposés dans la caverne, >« entourés de leurs parties molles cohérentes, et les puis- «) sants blocs écroulés qui, en partie, les couvraient, témoin gnent suffisamment des grandes révolutions que la ca- » veme a subies depuis que les ossements y avaient été n introduits. Les ossements, dont plusieurs se trouvaient » convertis en brèche osseuse , très-dure , étaient tous ré-
V duits à l'état fossile. Plusieurs de ces ossements ont été- » envoyés à la Société royale des antiquaires du Nord.
n B. Les mammifères, — On ne trouva des ossements que » d'une seule espèce de la famille éteinte des singes nommée n en ÏBÛncallUhrixprimœvtis; mais de nombreux ossements n de la JËEmiille des rongeurs se trouvaient pêle-mêle avec » les ossements humains ; des ossements nombreux de car- ^ nassiers, surtout de chiens et de chats, plus grands ce- » pendant que ceux qu'on trouve actuellement , de même
V pêle-mêle avec les ossements humains ; des ossements de » la famille des pachydermes, des ruminants, et surtout un n grand nombre d'ossements de la famille des tardigrades ;
» C. Des oiseaux;
n D. De nombreux reptiles;
» E. Enfin, des poissons ;
n Les ossements de ces trois classes d'animaux semblent
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» cependant, vu la qualité du terrain où ils se trouvaient, » appartenir à des époques beaucoup plus récentes.
n Tous les rapports géologiques prouvent évidemment » que le terrain dans lequel la grande masse de ces osse- " ments a été trouvée, s'est formé à une époque où le lac -^ au bord duquel est située la caverne n'existait pas enn core, et il n'y a pas de doute que l'existence de tous ces n êtres qui se trouvent enfouis pêle-mêle dans la caverne '^ a coïncidé.
n L'examen auquel j'ai soumis le contenu de la caverne ^ m'a conduit à établir les résultats suivants :
n l** L'existence de l'espèce humaine dans l'Amérique ^ méridionale remonte non-seulement au delà de l'époque » de la découvei'te de cette partie du monde, mais trës- » loin dans les temps historiques, probablement même ') au delà de ceux-ci jusqu'au temps géologique, puisque ') plusieurs espèces d'animaux semblent avoir disparu des » rangs actuels de la création depuis l'apparition de l'homme
> dans cet hémisphère.
)> 2° La race d'hommes qui a vécu dans cette partie du n monde, dans son antiquité la plus reculée, était, quant ') à son type général , la même qui l'habitait au temps de
> sa découverte par les Européens.
» Il est clair que ces résultats ne sont pas très-propres *< à fortifier l'opinion généralement reçue, que le nouveau ' monde a été peuplé par l'immigration d'habitants venus y^ de l'ancien ; car plus l'existence de l'homme dans cette '> partie du monde remonte dans le temps , plus le type r de la race qui lui est propre se soutient jusqu'aux temps ^ les plus reculés, et moins il y a de raison pour admettre ') une pareille origine. On sait qu'au milieu de la grande ') diversité d'opinions sur le nombre, la valeur et l'impor- ^ tance des différentes races du genre humain, il y a un ^ fait prééminent qui forme , pour ainsi dire, un point de ^ rencontre pour toutes les opinions divergentes : c'est que,