CHAPITRE VI. r
ces faits, qui démontrent la chaleur intérieure du globe, se joint la découverte récente^ aussi curieuse quMmportante, due aux sondages faits pour la construction des puits artésiens. La connaissance qu'on a eue par ce moyen de Tintérieur de notre globe nous a prouvé qu'en dépit des couches de glace qu'on rencontre en différents endroits, comme en Saxe, en Hongrie, en Russie, en Suède, la chaleur intérieure de la terre, qui est indépendante du soleil et de l'atmosphère extérieure, augmente d'une manière si surprenante , qu'à supposer que cette augmentation continuât dans la même proportion, on trouverait la terre brûlante à la profondeur d'un mille et demi géographique, c'est-à-dire à une profondeur qui n'est que le double de la hauteur du Gotopaxi, et qu'à une profondeur de cinq à six milles, tout serait à l'état de fusion.
Si nous nous figurons, dit Léonhard, que la terre a été originairement à l'état gazeux, ou plutôt que tous les éléments solides qui en forment la substance étaient répandus sous la forme de vapeurs dans un espace beaucoup plus grand que celui qu'ils occupent aujourd'hui, nous devrons en conclure que peu à peu la température de ces vapeurs a diminué par le dégagement de la chaleur; les corps les moins fluides et en même temps les plus lourds , c'est» à-dire les métaux, ont dû se condenser les premiers, de manière à former au centre de l'espace un noyau métalHquedont la chaleur ardente devait empêcher la condensation des autres substances. Plus tard cependant d'autres matières ont dû se condenser sous l'influence de leurs affinités ; de nouvelles combinaisons se sont formées. Le potassium et le sodium, à raison de leuraffmité avec nombre de substances, ont sans doute joué un rôle important dans toutes ces opérations. Peu à peu la température a , encore baissé. L'oxygène, l'hydrogène et le soufre, en général tous les corps non métalliques, se sont combinés et ont produit l'eau et d'autres corps. Après que la chaleur interne qui ac-
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rompilfîiia k' |ireiiiiei' inêkiijjo «les vlt^oiPtils eni ilégag"' 1rs parliosi \i{nvv$ des paHîes volailles, pI que les aulrf* fubsl-iners .se fyrent fondues en se disposmU dans l'ordro dt* leiu's uflinilés chimiques, il *.>sl fornu' anUmr an noyau de la lerre une première coiiclie de forme spht»rique, composée de pierres, stivoir : de j^neis.^, tïe schiste mîcacLi et des plus anciens granits. Les premiers produits de la force crualrice intérieure de l:i terre, que nous relro*jv'ons dans les plus jjrandes profondeurs dos mines, ainsi que sur les sommilés neigeuses de nombre de montagnes, sonti par conséquent , les premiers résultais de la coagulalion de la surface de la terre, \ous les appelons montagnes primitives. Ce sont elles qui forment la base de tous les terrains poslùricuris. A cetle époque» aucune vie végétale ne, pouvait encore se développe r, ni aucune créature animale exister ; aussi ces premières masses de roches ne coiUÎenneal-elles aucun vestige de corps organisés. Quand, par la suile des temps, le développement de la chaleur intérieure de la terre eut encore diminue , parce que la quantité de chaleur dégagée excédait celle qui se produisait^ la surface de la terre se refroidit peu k peu» une partie notable de rutmosphèrequï jusque-là avait entouré le globe passa à Fêlât de gouttes et Teau se précipita par torrents; il s'établit entre Tcau et la surface du globe qui se refroidissait une corrélation dont F influence ne fut pas exclusivement mécanique, mais qui engendra aussi, pur l'effet de la haute température de F eau, des comhitniisons chimiques très-variées, l/érorce du globe» alors encore assez mince, ne put opposer aucune résistance a la force expansive de Fintérieur; des lambeaux plus ou moins considérables s'en détachèrent ; les couclies de gneiss , de schiste micaté et de granit furent brisées et se décomposèrent; les eaux» dont la masse était fort considérable, furent violemment agitées ; et, poussées par leur tendance h se maintenir à un niveau constant, elles se précipitèrent de tous côtés, ee