CHAPITRE VII
Parmi les animaux plus voisins de ceux de notre époque, il faut citer Vélan géant ou le cerfaux bois gigan^ tesques, dont les cornes avaient de 4 mètres à 4 m. 50 c. d'une extrémité à T autre *. On le rencontre surtout fréquemment en Irlande. Pendant l'espace d'une vingtaine d'années , on a trouvé dans un seul jardin fruitier les ossements d'une trentaine de ces animaux.
Les carnassiers de cette époque surpassaient en force et en grandeur leurs analogues d'aujourd'hui , avec lesquels ils avaient du reste les plus grands rapports, et quant à leur organisation et quant à leur genre de vivre. C'est ainsi que l'on a trouvé en Angleterre, en France et en Allemagne, dans plusieurs cavernes de la période diluvienne, des restes d* hyènes ^ de tigres et d'ours, qui étaient beaucoup plus grands et plus voraces que ceux connus actuellement. Le rhinocéros, le cheval, le cochon, le bceuf, dont on connaît trois espèces, ainsi que plusieurs autres animaux de cette période, étaient aussi plus grands que ceux d'aujourd'hui. A en juger par les restes qu'on en a trouvés en Angleterre, en France, et principalement dans la vallée de l'Arno en Italie, il a existé plusieurs espèces d'hippo^ potames ; une de ces espèces avait assez de rapport avec l'hippopotame d'Egypte ; une autre était d'une taille à peine supérieure à celle du cochon.
Parmi les nombreuses cavernes diluviennes de l'Angleterre, de la France, de la Belgique et de l'Allemagne, qui ont fourni une quantité considérable de débris d'animaux éteints, il faut citer en première ligne la caverne près de Lunel^Vieilj non loin de Montpellier, et la fameuse caverne de Kirkdale , non loin de York en Angleterre , ainsi que la grotte nouvellement découverte de Vealmbridge,
X PluBieuri géologues prétendent , k la vérité , qae cet animal n'a pai exiité avant la cataitropbp du déluge , par la raiioo que des prodocUoni artificielle! accompagnent les reatei. Je me propose de réfuter plus tard cette objection ; j'ajooterai leolement ici qae Cavier déjà le rangeait parmi les aïkimaat antédilavieni.
5e LE DRLIGE.
a» sud-e&t de Foil&mouLli. La première de ces cavernes
reti ferme des rcsles d'au nmius treiile-trois espèces d'antnmiix rnamrui(eres. Les osseuiciiis d'hyènes y sont les plus riombrey\ ; ceux de l'ours, du chien, du chût soiil moins rréc]ueii($s ; hn. drbris du rhiucjcèroSf ducochon, du castor» du lièvre» de lu souris soiii encore plus rares ; en rei^anchf, ceux du cerf, du bœuf et du cheval s*y rencoûtrent en lrès-;]rar*de quaniité. E'armi les animaux dont on trouve des drhtîs dans la caiernc de kirkdale, on tomplc les &iiivanls : la hyène, le tigre, rnurs, !e loup, le renard, la heletle, rêléphant, le rhinocéros , Thippopotanie, le cheialt le bœuf, Irois espî»ccs de daims , le lierre, le lapin » le rai d'eau, la souris , le corbeau, le pigeon , T alouette, le canard et un oiseau qui ressenfihluit à la tjrive. M, Buctviand, dans son ouvrage men lionne plus baul Reliqunp diluvianas -a cherche a explicpicr comment un si ^grand nombre d'animaux appartenant à des genres aussi diJJerents que Tèléphanl» le rhinocéros et la hyène, dont on compte de deux h trois cents individus^ à en juger d'après le nombre de dents canines, ont pu se trouver réunis dans une seule caverne. L'auteur suppose que celte caverne a servi de demeure h plusieurs fjénéralîons d'hyènes, et qu'à rcxeinple des hyènes d'aujourd'hui, elles dévoraient les individus qui venaient à mourir; qu'en même temps elles entraînaient dans leur caverne les cadavres de toutes sortes d'animaux du voisinage, dont elles ne laissaient que les dents et les os les plus solides. IVL Buckland explique ainsi pourquoi ce sont ces ossements qui se rencontrent le plus fréquemment, tandis que les ossements moins SO" lides ont été dispersés ou brisés, et que ceux qu^on en a trouvés sont souvent rongés par des dénis d'hyène. Celte explication est d'aulant plus vraisemblable qu'on a trouvé dans cette même caverne une quantité considérable de koprolilbes ou d'excréments pétrifiés d* hyène , c'està-dire de petites boules calcaires ^ remplies de débris