‹ Le déluge;Chapitre 35 sur 187 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

osseux, qui prouvent Textréme voracité de cet animal.

J'ai déjà fait remarquer qu'avant le déluge le règne végétal s'était développé avec plus de vigueur qu'actuellement. Il suffira d'ajouter ici qu'on a souvent trouvé, même dans les pays du Nord, en Allemagne, en Sibérie, dans le Canada, et même au Groenland, des restes de plantes tropicales et de très-grands arbres, non-seulement de conifères, mais même d'arbres feuille rs et de palmiers.

Ce ne sont pas seulement les proportions gigantesques et l'abondance extraordinaire des végétaux et des animaux antédiluviens qui méritent l'attention du naturaliste et de tout observateur sérieux ; il est un autre fait non moins curieux à constater, c'est qu'on trouve fréquemment des restes d'êtres organiques dans des contrées où on ne devrait pas les supposer d'après leur genre de vie actuel. Ainsi , nous trouvons en Angleterre , en France , en Allemagne, des débris d'animaux qui aujourd'hui n'existent que dans les climats chauds, tels que l'éléphant, le rhinocéros, l'hippopotame, l'hyène, le tigre, etc. Les éléphants ne sont même nulle part plus fréquents qu'en Sibérie , tandis que la vraie patrie du mastodonte semble avoir été les contrées de l'Amérique septentrionale. On peut faire la même remarque à l'égard de certains végétaux , du palmier, par exemple , et d'autres plantes tropicales qu'on trouve pétrifiées dans le Groenland, et qui, selon toute apparence , n'auraient pas pu vivre dans les conditions climatériques actuelles de ces pays. Plusieurs de ces plantes et de ces animaux fossiles ont été recueillis simultanément dans les contrées les plus chaudes de l'Amérique, au Mexique, au Pérou, et dans plusieurs autres pays jouissant d'une haute température. L'étude comparative de plus de deux cent cinquante débris de plantes fossiles, trouvés dans les terrains houillers de l'Angleterre, de la France, de la Belgique, de la Bohême, du

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fk|iuts le Dûu judqu'ûu dOlroU de Henug , un seul tlcuvc où Ton 11 ail signalé de^ débris d'él(!p]ijinl el d'autres ant- ! maux élraiijjers : au.^si la grande ijuantîtédo défenses d'éléphaiil qu'on j ïrouic alimente^*i*elïe depuis un temps immèmonal le eommerce d'ivoire qui esl Irès-rmportan! dans fe:^ emilrées. Au nord du pajs des Samojedes on en recueillail autrefois des niasses si considérables que, durant nombre d'années, û arnA'uit Icruleii les années h Saint-Pétersbourg des caravanes cbarj^êes de ces défenses. On raconte qu'il arrive encore annuellement à Jenisaisk un vaisseau dont la eari^aison consisie princjpnlenienl en dents de roamnioulb. On a Iromé des bloes de jn[laee renfernianl des cadavjes enliers de ces animaux tout gelés, ce qin prouve bien qu'ils sont originaires des mêmes contrées où Ton Ironie aciuellement leurs ossements, et dont le dimal au- ■ Irefoîs cliaud s'est subitemenl refroidi. C'est ainsi tjii'en i77t) i*allas découvrit dans les suides gelés des rues du IViIni un rhinocéros avec ses poils, sa peau et sa chair, réduit à Tétat de inoinie. Kn lldi\ une masse de glace de 8t> mètres de hauteur se déposa sur les côtes de la mer glaciale, non loin de l*embouchure du fleuve du Lena, et eï» i8i>4, pendant qu'elle fondait, on y trouva le cadaïre d'un mammouth, H fut malbcurcusenienl maltraité de plusieurs manières ; un chef des Ton go us es lui ôla les dé- » fenses, les Jakules voisins en coupèrent la chair pour en ■ nourrir leurs chiens, et les animaux de proie dévorèrent le reste* Les savants russes parvinrent néanmoins a retrouver tout le squelette, à Tcxception des défenses et de Tune des jambes de devant. Le cou était pourvu d'une longue crinière, et les restes de la peau étaient couverts d'un poil roux et laineux. On réussit ensuite à réunir les parties enlevéei au squelette, qui fut acheté par renipcreur Alexandre à raison de 8,(MW) roubles. îl orne maintenant le musée de Saiut-Pétcrsbourg, On peut se taire une idée des proportions colossales de cet animal d'après sa tète, qui pèse

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