CHAPITRE VIII
deux cenls kiiog., et ses défenses qui en pèscni deux cent quatre vingts.
Une seconde '4iypothè5e> qui a moins de valeur qucJa
première, suppose qtie le climat actuel des contrées boréales
où Ton trouve des os de mammouths n'est pas un obstacle
à ce que ces animaux y aient vécu. Les défenseurs de cette
hypothèse font observer que même de nos jours plusieurs
espèces d'animaux, et surtout les tigres, qu'on supposait
naguère ne pouvoir vivre que dans les climats chauds,
pénètrent bien avant dans la Sibérie. Les restes de rennes
trouvés dans les tourbières du Danemark et du nord de
l'Allemagne, ajoutent-ils, font également foi de l'ancienne
existence de cet animal dans ces pays. La circonstance
que le mammouth , trouvé aux environs du fleuve Lena ,
était couvert d'un poil laineux, semble enfm démontrer,
selon eux, que sa destination était de vivre dans un climat
froid.
Une explication fut proposée il y a peu d'années par un savant anglais, M. Ranking, qui, a[)rcs un séjour prolongé dans l'Hindostan et en Russie, prétendit que les ossements pétrifiés du mammouth trouvés en Europe et en Sibérie provenaient des éléphants dont les Romains et les soldats du Mogol faisaient usage dans leurs guerres, dans leurs tabasses, et pour leurs fêtes et leurs cérémonies religieuses. L'auteur a cherché à rattacher cette opinion aux recherches qu'il avait faites sur les limites jusqu'où ces peuples ont pénétré, et sur les rapports de ces pays avec les contrées où les débris dont il est question ont été recueillis. Mais on conçoit difficilement que ces peuples , qui savaient apprécier l'ivoire, aient laissé derrière eux les défenses des éléphants morts en route; si même c'eût été le cas, cela ne suffirait pas pour rendre compte du nombre considérable de ces animaux en Sibérie. Ajoutez encore qu'on a trouvé des restes d'éléphants dans des coutvées que les Romains et les habitants du Mof^oV ï\ owV *Vàm^\^
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vujléc«, circoniiUnice qui ne pcrmcl pas d'udmctlrc ([ue ces animaux» ronirairemeiil h leur disposilton nalurrllfi, ont Hé Iransférô* dnms. res coïilrécii froiilrs. S* il nVsl p:(^ vrniscmblablc qoe ces animaux aienl oU'' IransporlosonSiberif», il y a encore rnnins lieu de supposer qiï*ils aient <fe leur propre gré recht*rrh*^ les iieîgos et les «plates de ces régions, (\m, intime au milieu de IVk\ ne sauraient offriruiie nourriture conven aille à des animaux d'une taille aussi colossale. Im eirconslaure que» surloul pendant rêlé» cerlaiûcs **sp^ces de tigres peaMrent assez en avant dans îa Sibérie ue prnuve rien contre la re|^le ijênt^rale; et, quand on Tail observer que dans T antiquité le renne a probablemenl véeu dans des conlrres plus méridionales et sous des cliuials plus ebauds qu'aeluellement, on oublie que le climat du llnnemark et de rAltemafçne, où se trouvent des restes de cet animal, a été, même dans les temps historiques, plus froid (^uh présent, lorsque le sol élaît couvert de forêts épaisses et de terrains incidles. H ne faut pas oublier non plus que ces pays, alors moins peuplés, offraient â ces anitnaux une relniile traiiqyille cl [laîsible. Mais, à supposer qu'à l'aide de roncl usions arbitraires on parvint à appliquer Hij'polbrse mentionnée aux animaux antédiluviens, il resterait toujours à expbquer Tapparition des vé^^étaux des tropiques dans un climat entièrement incon[ipatîblc avec leur nature.
Celte objection a suscité une troisième bypotbèse qui veut que la pmHmi du (jhbe IcrreMre à t égard du sokit ait été dffm ks temps prhnUifi différetife de ce qudk cU mfjmîvd'huiy (Hffévence qui a dtl élre raufiée par k déplttrvmCHl de i'aje de rotation de lu ferre. Selon cette théorie , la cause du déplacement serait une cause extérieure, probablement le choc d'une comète ou d'un antre corps céleste. Quoique nous ne possédions pas de don liées ]i(>silives pour réfuter celte hypothèse ^ je croisa néanmoins qu'elle doit être rcjelée comme contraire a la