CHAPITRE I
leil! Cependant la vérité a fini par sortir triomphante de ces luttes ; et ceux-là même qui Taraient d'abord dédaignée ont enfin été forcés de la servir en s'inclinant devant sa force tonte-puissante. 11 en a été ainsi depuis que le premier mouvement intellectuel s* est fait remarquer parmi les hommes ; et tant que le monde existera il en sera ainsi , à la seule différence près, que plus les lumières se répan* dront, plus la vérité sera universellement reconnue.
Cesiy fortifié par cette persuasion, que je vais tâcher d* expliquer une page du grand livre de la nature, page encore très-obscure, mais d'un contenu qui étonne par sa richesse. Je n'ai point été guidé par la vaine pensée que metf opinions soient exemptes de toute erreur, mais par le désir irrésistible de livrer à T examen des savants une série d'hypothèses qui au fond sont vraies , j'en suis intimement convaincu. Je dois, avant tout, faire observer que ce n'est pas seulement au point de vue géologique, mais bien surtout sous le rapport historique, que je désire que soit jugé cet ouvrage, dont le but est d'éclairer une époque remarquable de l'histoire de l'humanité; et partant, j'ose réclamer l'indulgence des géologues de profession, pour les erreurs que je puis avoir commises; car, s'il est vrai qo*un auteur ne doive point publier ses ouvrages avant de les avoir suffisamment mûris et étudiés, il ne doit pas non plus, d'un autre côté, trop tarder à livrer au public des résultats dont la justesse lui parait évidente, et dont la divulgation peut aider à répandre un nouveau jour sur la science. Je n'ignore pas la grande différence qui existe entre les conclusions établies par moi dans ce livre et les opinions émises sur la même matièra par des philosophes et des savants éminents ; je ne m'abuse point sur la résistance qu'elles rencontreront peut-être de plusieurs parts, naid je me fie à l'impartialité avec laquelle les hommes (érieux examineront CQt essai. J'ose encore espérer que si je réussis ft les persuader de la justesse de mon idée \irlu-
cipale, ils développeront cette théorie que j'expose en traits fugitifs. Tout en convenant de ce que cet ouvrage laisse h désirer quant à la forme, je ferai remarquer que son but principal , Texplication du déluge et des phénomènes qui s'y rapportent, n'est pas Tœuvre de quelques moments. 11 y a au fond une idée, qui s'est éveillée en moi depuis plusieurs années, et que j'ai mûrie au milieu des doutes et des combats. Séduit par l'autorité des savants qui me paraissaient en opposition avec elle, je l'ai rejetée plusieurs fois, mais pour la reprendre ensuite avec une force de conviction et un intérêt nouveaux. Que ne le dirai-je, je n'ai pu me persuader que le récit de la Genèse sur le déluge, qui est d'une si grande vérité intérieure dans tout ce qu'il contient d'essentiel, ne reposât pas sur un fond historique. Je me suis alors adressé aux sources de l'histoire et à celles de la science; et l'étude des traditions historiques, non moins que l'examen des contours remarquables que présente le littoral des cinq parties du monde (qui montre partout des traces de l'ancienne extension des mers), m'ont confirmé dans ridée que je m'étais faite de Facte de la création, tel qu'il est rapporté dans la Bible.
Avant d'aborder mon sujet, et afin de le mettre à la portée d'un plus grand nombre de lecteurs, qu'il me soit permis, après avoir parlé des fossiles, ces restes intéressants d'un passé bien éloigné de nous, d'exposer un abrégé suty cinci de Vh'istoire de la géologie. Je présenterai ensuite un aperçu des différentes couches qui constituent Técorce de la terre d'après leur âge relatif, en expliquant d'une manière succincte comment le globe est arrivé successivement à son état actuel, ou, en d'autres termes, comment le monde, nom glorieux que nous donnons à notre terre si chétive en proportion de l'univers entier, comment le monde^ dis-je, a été créé. Il est superflu de dire que mon intention n^est point de faire ici un cours de géologie systématique.
Il fut un temps où des savants, d'ailleurs exempts de