‹ Le déluge;Chapitre 5 sur 187 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

préjugés, auraient souri à la pensée que la terre, telle qu^elle est, eût pu être créée par la simple parole du Tout-Puissant ; alors on ne voyait dans le récit de la Genèse qu*une narration figurée, accommodée à TinteUigence bornée du peuple d'Israël. L'on affirmait, avec une obstination qui caractérise généralement Tincrédulilé, qu'il eût été indigne de Dieu d'avoir employé un certain nombre de jours à la création du monde. C'est ainsi qu*un zèle malentendu faisait rejeter les témoignages de là création du monde, que nous a transmis l'Écriture. On oubliait que l'établissement des lois éternelles et imm j?. • ' blés, en vertu desquelles la terre et l'univers se sont développés graduellement, suppose, non moins que la création elle-même, l'intervention d'un Dieu infiniment sage et tout-puissant.

Or la géologie confirme l'exactitude du récit de la création tel qu'il est rapporté par la Genèse, pourvu qu'on ne s'obstine pas à confondre l'esprit avec la lettre. Nous sommes appelés, ici comme partout ailleurs, à faire usage de la faculté de penser et de réfléchir, que Dieu nous accorda comme le plus précieux de ses biens. En procédant de la sorte, chacun peut trouver dans l'Écriture un exposé simple .et vrai de la création, conforme aux lois géologiques et digne de son divin auteur. S'il est une chose qui diiive nous étonner, c'est que ce ne soit qu'au dix-huitième et au dix-neuvième siècle, que quelques savanls, armés de toute l'expérience et de toute la science du passé, aient eu l'idée de constater quelques-unes des vérités que Moue avait déjà enseignées à son peuple.

Dès le temps d'Aristote les anciens admettaient quatre éléments : la terre, le feu , l'eau et l'air, que l'on supposait être les principes constituants de la nature entière, et auxquels tous les corps pouvaient être ramenés par des procédés chimiques. Les chimistes ont prouvé plus tard que cec

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^lémenls se composent eiix-mAnies d* autres éléments ; ei aujourd'hui Ton ne compte pas moins de cinquante corps «impies, qui eux-mêmes seront peut-être décomposés à leur tour, à mesure que ia science progressera.

D'après les renseignements que la science a recueillis, il n'y a jusqu'ici que seize cléments, qui concourent k la composition de la croûte de la terre, ainsi qu*à celle des fluides qui la couvrent et l'entourent ou qui s'y trouvent dans une circulation continuelle. Ce sont l'oxygène, Fhydrogène, l'azote, le carbone, le soufre, le chlore, le fluor, le phosphore, le silicium, l'aluminium, le potassium, le sodium, le magnelium, le calcium, le fer et le manganèse. Les six premiers do ces éléments y jouent le rôle principal.

Cependant il est très-rare que l'on trouve ces éléments à l'état pur. En général, ils se combinent entre eux d'une infmité de manières et donnent ainsi naissance à différents corps composés, qui sont doués de propriétés particulières , selon les proportions dans lesquelles ils se sont mélangés. Ainsi l'atmosphère de notre globe se compose de plusieurs gaz, mais principalement d'oxygène et d'azote dans la proportion d'environ 21 à 79, qui sont maintenus h l'état aériforme par la force extensivc de la chaleur; Veau se compose d'oxygène et d'hydrogène dans la proportion de 89 à 11 ; le feu provient d'une combinaison particulière de l'oxygène , du soufre, du chlore, etc., avec les différents corps combustibles; les différentes terres, ne sont, d'après les recherches des chimistes modernes, que .des oxydes de métaux, c'est-à-dire des combinaisons particulières des métaux avec l'oxygène. Un grand nombre de minéraux ne sont que des précipités de l'eau , principalement de celle de la mer.

Déjà les anciens admettaient que Veau avait joué un rôle essentiel dans la formation de la croûte terrestre. La Genèse raconte que Feau couvrait la terre avant l'appari-

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