CHAPITRE X
l' EUROPE, l'aSIE ET l' AMÉRIQUE SEPTEXTRIOXALE KTAIEXT
RÉUXIES AVAXT LE DELUGE ET FORMAIEXT UX SEUL
COXTIXEXT.
On sait que l'Europe et l'Asie sont aujourd'hui réunies parles grandes plaines de la Russie, qui ont été soulevées au-dessus du niveau de la mer dans une période géologique relativement très-récente. On peut supposer, et je tâcherai de développer cette idée plus tard, qu'il a existé une période géologique plus reculée durant laquelle une grande partie de ces plaines était à sec, et qu'à cette
GHAPITRK XI. 8J
époque l'Europe, fAsie et l'Amérique septentrionale se joignaient au pôle nord de manière à former un continent d'une étendue prodigieuse , se prolongeant vers le pôle sud en trois presqu'îles , savoir : l'Amérique méridionale , l'Afrique et l'Océanie, C'est des débris de cet ancien continent que des révolutions violentes ont formé les terres actuelles.
Cette hypothèse paraîtra peut-être téméraire au premier abord ; mais j'espère qu'après avoir parcouru ce traité on ne la trouvera pas dénuée de fondement. Ce qui parait certain , c'est qu'autrefois » avant que la mer ne recouvrit une partie des continents de ses eaux , la terre ferme occupait un espace beaucoup plus considérable que de nos jours. Dès lors le nombre des animaux antédiluviens aux proportions gigantesques n'a plus rien d'étonnant, puisqu'ils étaient en rapport avec l'étendue des continents aux époques où ils ont vécu, et que ces continents, comme nous le verrons plus tard, étaient plus appropriés que les terres actuelles au développement énergique du monde or^am^.
CHAPITKE XL
1.E D£LUGK A £TK €AUSK PAR VU DÉPLACfiMKNT U£ l'axE DU GLOBR.
L'examen approfondi des irruptions de la mer conduit à un autre résultat non moins important , savoir : que les irruptions qui ont eu lieu à une période géologique trèsrttpprochée de nous sont toutes survenues pour ainsi dire simultanément , ce qui tendrait à prouver que le récit que nous fttU la Bible de la catastrophe du déluge est con-
SV LK DKLIGE.
rorme ù la vérité dans tout ce qu'il a d'essentiel. Or, une inondation pareille n'a pu i^tre occasionnée que par un déplacement de Taxe du globe. A Taide de cette hypothèse, que je tAcherai de justifier, j'espère arriver à une explication satisfaisante de plusieurs phénomènes géologiques du plus grand intérêt , qui jusqu'ici sont restés inexpliqués.
Quand on jette un premier coup d'oeil sur le littoral des continents et des îles, on est tenté de rejeter, comme contraire à toute vraisemblance, l'hypothèse qui attribue la configuration principale de la terre aux effets d'une seule inondation universelle. Il est clair que l'inondation ou l'invasion de la mer qui a produit les baies et les bras de mer a dû pénétrer dans le continent en suivant la direction que le courant lui avait imprimée partout où elle n'a pas été contrariée par la résistance de roches solides ou d'autres obstacles. Par conséquent, la forme des baies et principalement leur direction longitudinale doivent, ce me semble, indiquer de quel côté sont venues les eaux qui ont causé l'inondation. Mais il est à remarquer que les contours d'un mémo continent sont souvent de nature à faire supposer des invasions venues de différents côtés, ce qui est par conséquent contraire à l'idée d'une seule et même catastrophe. Ainsi, dans le continent occidental de V Europe ^ la Grande-Bretagne et l'Irlande ont conservé les traces d'une inondation venue du sud-ouest, puisque les baies de ces contrées ont une direction nord-est , tandis que dans le nord de l'Europe, par exemple dans les environs de la Mer Blanche, l'inondation semble être venue à peu près du nord-ouest et du nord ; enfin , dans la partie sud et sud-est de cette partie du monde , elle semble avoir suivi différentes directions. La direction des bras de mer dans ÏAsie septentrionale nous montre que l'inondation y est venue à peu près du nord, tandis que la mer d'Ochotz, la Mer Jaune , la baie de Tunkin dans l'Asie orientale, sem-