‹ Le déluge;Chapitre 57 sur 187 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

tandis que le sol plus élevé de la plupart des autres pays de r Europe, celui de l'Angleterre , de la France, de l'Espagne et même d'une partie de l'Italie avec ses volcans, le Vésuve et l'Etna, conserve à peu près son ancien niveau au-dessus de la mer. Le fait que ce sont les pays où se trouvent les volcans en activité qui ont été jusqu'ici les plus exposés aux éruptions volcaniques et aux tremblements de terre qui en sont la conséquence ne saurait constituer une objection sérieuse, puisqu'il a été prouvé qu'il existe une liaison intime entre la plupart des volcans, quel qu'éloignés qu'ils soient les uns des autres; en sorte qu'il est tout naturel que les éruptions volcaniques qui occasionnent des tremblements surtout dans les contrées adjacentes s'opèrent par des voies déjà ouvertes.

J'observerai encore que l'étude des volcans nous enseigne que les conséquences des tremblements de terre dans les contrées élevées ont été, en somme, plutôt des écroule ments que des soulèvements. S'il y a des lieux auxquels cette règle ne soit pas applicable , il faut en chercher la cause dans la combinaison des forces centripète et centrifuge, qui tend sans cesse à développer la forme sphérique. Ceci nous explique pourquoi en 1822 une grande partie du littoral du Chili, aux environs de l'équateur acUiel, s'est subitement soulevée de plusieurs pieds, quoique son niveau fût déjà très-élevé, tandis que la côte du Groenland est actuellement en voie d'affaissement. Il parait qu'un affaissement semblable a lieu dans une grande partie de l'Amérique septentrionale et de l'Asie septentrionale. Or, comme ces régions n'étaient pas très-éloignées de l'ancien équateur, elles ont dû subir pendant cette période un renflement très-considérable. Il est plus difficile d'expliquer l'exhaussement et l'affaissement périodique du littoral de là Suéde, depuis Colmar jusqu'à Tornea, ainsi que la circonstance que la rive opposée du golfe de Bothnie s'élève et s'affaisse également, quoique d'une manière moins sen-

1Û« I.IÎ F>KMJr»R.

siblr* Je serais tenu* de lui ait.ssigner la même cause qu au lioitlevemetit el h l'affaîjtftemetil atternalif du temple de Sempis, pn>5 de Puiîtuoli; nflvoir, d^une part La tendance de la chalt-iir souterrninr h soulever les terres les plus liasse.^» el d'autre piirl In Itille d»» la force cenlripêlc et à& Iti force crnlrîruîie» dont rènerjjte doit s'aiigrneiitcr parle di^placetnenl pr^nndiijue de Ta^e de 1 {detçré (1** 21'), relativement au pliin de rèeliplîque. * IVailleurs le graml nombre d'ileii d'f>ri(jine i oïcaiîif|iie dntiî Tocî'an est parsemé imuj* prouv'enl ;issi>z que le lond de la mer est encore plus sujet aux soult'vemenls cjuc ne le sont les terres peu élevées; et, encore de nos jours, nous voyons sortir du sein de la mer de pareilles îlis volraoiqiips. Cette disposîiion du fond év la mer à se soulever, disposition qui doit surtout se mainlester au lieti ou le globe est le plus soumis à Tactionde la force ecnlrifufje, cVst-iV-dire aux environs de réquatear, nous explique ainsi d'une manière satisfaisante pourquoi les îles d'orij^ior volranique qui datent (fune époque relativement moderne mnl si nombreuses d^ms le grand Océun, aux environs de i'équatevr adueL

Lin h'olitèmi* pliéiiomène yrohkfiqtte d'un haut intérét^ét *]ui est inliinemenl lié h relui que je viens de révéler, s'explique par la nièn»e hypothèse; c'est le fait que toutes les chaînes de mon (a; jn es du globe sont onentées du nord au sud ou de l'est h l'ouest, Si nous admettons que l'axe du t^lobe a été déplacé à plusieurs reprises et que le plan de son nouvel équateur forme un angle de 1M)° avec son ancien, on concevra facilement que Técorce du globe, en cban^^eaut de forme, a dû se briser de préférence dans le sens de Féquateur, où le globe était prinrrpalement soumis à r a cl 1 n delà for ce c c n l ri fu ge , e l o ù ï es d i iïê re n l es p a ri i es de son écorce étaient moins qu'ailleurs balancées par la

ï U m |3«un-iifl Ijîfn qrt' lu. Tmmu puurLjuui k< jH«triOti«li»wi (t'eao duuft eE celle» (!Vau saK't' iil^'ninil ifflu* U-a h^i^Ui^s Jp LntuIrpH «'I ûr Pnirin itVùl (V^nifi*" l'.nitf tjn'uu

CHAIMTRK XII. 107

Cbrce ceniripëie. En appliquant ce raisonnement aux différents systèmes de montagnes du globe, on verra qu'il est justifié par la direction de [>resque toutes les chaînes. Cest ainsi que les montagnes primitives, qui, d'après les observations de Steffens, de Léopold de Buch, d'Alexandre de Humboldt et de plusieurs autres géologues, courent du nord au sud ou de l'ouest à l'est, suivent les unes la direction que j'attribue à l'ancien équateur, les autres celle de l'équateur actuel. Ce phénomène semble donc venir à l'appui de la supposition que l'ancien équateur avait effectivement la direction que je lui assigne. Mon hypothèse est enfin confirmée par la classification des systèmes des montagnes de l'Europe, établie par M. Ëlie de Beanmont, dont j'ai donné un extrait au commencement de cet ouvrage. Remarquons cependant que M. Élie de Beaumont suppose que le soulèvement des chaînes de montagnes a été occasionné parle refroidissement de l'écorce du globe, qui, d'après lui, a dû la briser en lignes décrivant des arcs de cercle , tandis qu'il me semble plus vraisemblable d'admettre que c'est le refroidissement qui a fait soulever des chaînes de montagnes très-irrégulières ; ce qui me porte à attribuer la régularité des soulèvements des montagnes à une cause purement mécanique ; savoir, à la force centrifuge.

Il existe des phénomènes semblables dans les chaînes de montagnes d'Asie ^ et d'autres parties du monde , mais comme les rapports géologiques de ces pays ne sont pas encore suffisamment connus , je n'entreprendrai pas d'en déduire aucune conclusion, quoiqu'il me semble très-probable que plusieurs des chaînes de montagnes qui se dirigent de l'ouest à l'est, par exemple, le massif principal des montagnes de l'Afrique centrale, doivent leur naissance à la période diluvienne et au dernier déplacement de l'équa-

ssale disi^l

108 LIi DEL11.K.

leur. M. Klie de Beaiimoiit coosidèrc la cliaioe l'olossale ( Andes comme ïu derfiî6re chartic de mo«la*^nes qui se soit soulevée, et il su]i|iOî;r que ce souïi'^vemenl a occasiouiié l#j déluge, irupirs lUii tlièorie aussi le i^oulrvemenl dû cett© Lcliaiiie de uicinlac^nes peu! avoir eu, quoif|ue îuflireelcujetitfj quelque jiiïrt dans eelle eaLaslropiief alletidu quelesAudeij suive»! lu diiediou qui a du eïrecellederancien êqualeur, el qu'elles s'étendent jusqu'aux environs du pôle nord. U| soulèveiitenl des Aiides^ eu aujpiiejdant léleudue de ïm*' mensc contineiil qui culauee le |)ole nord aeluel, a, pafj conséquent, pu contribuer a eu briser la surface, et ceûl eetlc rév'ululiou qui» selon moi, a causé le déplacemcnl de Taxe du fjlobe et le déhijte.

Jj'bypotbesc de M. Ebe de Bcaumont sur roriginedit^ déluge n*est donc point en coutradiction avec mes idées. Celles-ci se concilient auf^s* fort bien avec riiypotbèse que semble îqijirou ver \L le professeur Furc/i/itr m mer, selon ^ lar|uelle il f^nidrait attribuer celte catastropbe au soulève- | meut de la ebaiue de FOural, qui doit avoir coïncidé à peu < près avec celui de la cbaine des Andes, On pourrait supposer aussi que des soulèvements considérables ont eu lieu* dans la cbanie des Andes après le déplacement de l'axe j et la catastrophe tin déluije qui en est ta conséquence, | puis<|ue réqualcur actuel Iraverse TAmérique. Cepeudanl | plusieurs raisons tbéorîques dont le développement dépasi serait les liiniles de cet ouvra«je , me portent à croire que le soulèvement de la chaîne princijm le éc& Amies eijtL eaucoup plus ancien.

Un quatrième phénomène géolo(jiq%ic , qui semble se raltucber iTilimement au\ deu\ jïrécédents, principalement à. celui de la directioji des ebaiucs de montagnes du nord au | sud et de l'ouest à Test, c'est la manière dont sont distribués les volcans. Un a proposé différentes ihcories sur kl distribution des volcans \ mais, quelque divergentes qu'elles ( soient, elles s'accordent cependant loutes à aduicttre qucj

Page 1