‹ Le déluge;Chapitre 79 sur 187 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

arrondie porte d'ordinaire les traces d'un frottement long et continu. On en trouve quelquefois qui sont très-volumineux ; il en est un dans le diocèse de Flade dans Tile de Mors, qui a 7 mètres de long sur 6 mètres de large, et dont Fépaisseur est inconnue. Des blocs semblables existent en Allemagne, où Ton citait jadis comme F un des plus remarquables la pierre de Markgraf sur le Rauhe-Alpe, qui pesait 250000 kilogrammes ; on en a fait un vase de 7 mètres de diamètre. C'est encore un fait digne de remarque, que ces blocs ne se trouvent pas seulement à la surface du sol, mais jusque dans les plus grandes profondeurs des dépôts sablonneux et argileux qui entrent dans la composition du terrain erratique.

Les blocs erratiques appartenant aux formations plutoniennes ou à celles de transition présentent des traces si évidentes de leur affinité avec les roches des montagnes de la Scandinavie , qu'on ne saurait douter qu'ils n'aient été amenés de ces montagnes ou d'autres qui leur ressemblent Le silex est de l'espèce que renferment les terrains calcaires du Danemark ; d'autres espèces de pierres telles que le basalte et l'olivine, trouvées aux environs de Copenhague, mais originaires d'Hor, près de Ringsis en Scania, et le grès houiller, sont de même nature que les montagnes de cette partie de l'Europe.

Les recherches les plus récentes de M. Forchhammer sur- le terrain erratique, l'ont conduit à y distinguer trois formations ; savoir : les dépâls ligniteux, les dépôts argileux (les argiles à blocs errati ,ues), et les dépôts sablon* neux (les sables à blocs erratiques). Il suppose que la formation de ces dépôts s'est opérée dans l'intervalle qui s'est écoulé depuis la première époque pliocène jusqu'à l'époque actuelle. Selon lui, la formation du terrain erra* tique a par conséquent exigé une durée de temps considé* rable, et a eu lieu à des époques fort éloignées les unes des attires. Sans partager en tous points l'opinion de M. Forch«

Iianimcr sur les révolutions de la nature qui ont donné' naissance à ces formations et noiamment aux dêpiUs sa-^ Llonn<?uJt que j*ai iitlrilmrs nu déplacement de Taxe du jjlobe, je suis cependant d'iiceord avec lui en tout ce qye sa théorie de la rormation du terrain erralicjiie a d'essentieL f#es conditions; géologiques^ dauià lesquelles ou rencontre ce terrain en Danemark n'élant guère connues en France, je donnerai iti une descriplion jsaceinete de ce ierraiu d'après lin rap[trirt de \I, L'oreliliannuer h T académie de* sciences de Copenlia[{ue^ inséré dans le journal Damk U^ejih'ffl du 9 déeenihrc 18i2.

a Les recherches idéologiques faites en Danemark nous ont appris que déjîi à la iiii de T époque crétacée les masses de rochers qui forment la Scandinavie ont commencé h &e déplacer. Ce mouvement a houlei^ersé une chaîne de récifs de corail qui semble avoir bordé la limite sud-ouest des nioiïiîitfties primordiales de la Scandinavie ^ et les vagues de la mer» agïlées par le mouvemenî du sol^ out formé, des débris de ces récifs, les couches ondulées du Limeslone. Ce premier ébranlement n^a fourni ni blocs erratiques, ni sable, ni argile, provenant des terrains primordiaux. Dans une formation subséquente qui s^est opérée à une époque tres-élo ignée de la précédente et qui coïncide ai^cc les formations qu on désigne en général sous le nom de formations pliocènes anciennes , on rencontre déjà des blocs erratiques appartenant aux terrains pri-' mordjaux de la Scandinavie, mélangés avec de rares débriS' de la formation crétacée. Cette formation est très-riche en fossiles, surtout d* animaux d'eau douce. Elle ne peut donc avoir été transportée par les glaciers ^ et comme rorganî-^ sation des fossiles indique un climat k peu près semblable au climat actuel de la Méditerranée ^ il serait contraire à toute vraisemblance d^ admettre que les masses qui les renferment ont été transportées sur des radeaux de glace,

it Les blocs erratiques sont surtout volumineux et noni<«?|

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