CHAPITRE XV
breux dans la seconde formation du terrain erratique , les dépôts argileux ou argiles à blocs erratiques. M. Dons, propriétaire de Hesseiagergaard en Fionie, a offert au gouvernement un bloc dont la partie qui sVievait au-dessus du sol avait la forme d'une pyramide de 34 mètres de circonférence et de 3 mètres 60 c. de hauteur. Le roi de Danemark Payant fait dégager des terres qui Fentouraient jusqu'à une profondeur de 3 mètres 30 c, il s'est trouvé que la base de la pyramide allait toujours en s' élargissant, et il n'est guère probable que la moitié de cet énorme bloc soit dégagée. Les fossiles qu'on rencontre quelquefois dans cette formation prouvent aussi qu'elle s'est opérée dans la mer, et que la mer avait déjà alors les propriétés qu'elle possède actuellement. Il est donc impossible que des glaciers aient charrié ces masses de pierres, de sable et d'argile aux lieux où elles se trouvent actuellement. D'un autre côté, le fait que le sable, l'argile et les pierres se trouvent presque toujours mélangés, exclut la supposition que des Iles de glace auraient charrié ces masses du nord au midi , pour les déposer sur celle partie du fond de la mer qui, en se soulevant par la suite, aurait formé le sol du Danemark. Car il ne faut pas perdre de vue que des îles de glace qui seraient assez grandes pour charrier des masses considérables de terres et de pierres ne peuvent flotter que dans une mer profonde, et que la différence de vitesse avec laquelle les pierres, le sable et l'argile se seraient précipités pendant que la glace fondait lentement, aurait nécessairement séparé ces différen(es parties, ce dont nous ne trouvons aucune trace dans le terrain erratique. Je ferai encore observer qu'à peu près la moitié de nos pierres erratiques, grandes et petites, sont formées des rochers appartenant au terrain de la craie. Celles-ci ne viennent donc pas des parties élevées de la péninsule Scandinave, mais des couches inférieures de notre propre sol. Le rapport entre les pierres appartenant au terrain crétacé et la craie
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ea place est si intime , que déjà deux fois le nombre considérable de ces pierres m'a engagé à y faire des fouilles, et cbaque fois j'ai trouvé de la craie en place. Les soulèvements nombreux qui ont eu lieu à cette époque montrent que tout le sol, et notamment celui qui entoure le Catégat , a été violemment agité , et ces violentes révolutions plutonienues expliquent suffisamment F origine des pierres erratiques; elles ont été détachées des terrains primordiaux très-éloignés de la surface du globe et sont le résultat de la révolution violente qui s'y est opérée. Celte révolution a continué encore bien avant dans la période suivante, et elle n'a pas même encore entièrement cess^ de nos jours, mais continue à se révéler dans de légers tremblements de terre.
» La troisième et dernière formation qui entre dans la composition du terrain erratique, savoir, les dépôts sablonneux, renferme en beaucoup d'endroits des fossiles d'animaux qui se trouvent encore dans les mers du Danemark; mais, tandis que l'argile renferme des fossiles d'animaux qui ont vécu dans la profondeur des mers , ceux du sable appartiennent à des espèces qui doivent avoir vécu près des côtes. L'irrégularité et la déclivité des couches ainsi que leurs interruptions fréquentes, la forme longitudinale des collines ( par exemple , de la colline entre Herlov et Lystrup, dans la Sélande septentrionale, d'une colline semblable entre Xestved et l'auberge de Mogenstrup, des collines de Refsnœv, de la partie septentrionale de Samsoé et notamment de Helgenœs^ en Jutland)^ tout nous révèle que c'est dans une mer très-agitée que s'est opérée cette formation dont les masses cohérentes ont conservé la forme des vagues.
» Cette dernière formation se retrouve dans des contrées très-étendues de la Suède. Nous y rencontrons toutes les particularités qui caractérisent les collines du Danemark, et personne ne s'étonnera que les blocs erratiques soient