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de calcaire des environs de Sienne. Leur distribution n'est pas moins remarquable; il existe au milieu des continents des rochers énormes de coraux semblables à ceux que nous offre la mer du Sud , et des bancs de coquillages d'une étendue considérable. 11 n'y a presque pas de terrain neptunien qui n'en contienne en plus ou moins grande quantité , et l'on en a signalé à toutes les profondeurs , dans les terrains houillers de l'Angleterre et de la Belgique jusqu'à plus de 330 mètres au-dessous du niveau do la mer. On les retrouve également au sommet des plus hautes montagnes, en Eutope jusqu'à 4,330 mètres, et eu Asie jusqu'à 5,330 mètres. Leur présence est, en outre, indépendante de la nature des terrains , car on les trouve dans les roches les plus dures aussi bien que dans les dépôts de marne et de sable ; ce qui n'empêche pas qu'ils ne varient beaucoup selon les différents terrains. Ainsi, ceux qui ne se trouvent que dans les grandes profondeurs diffèrent en général notablement des plantes et des animaux actuels, tandis que ceux des couches supérieures s'en rapprochent au contraire beaucoup. Chaque couche a dû se trouver en son temps à la superficie de la terre , où vivaient les plantes et les animaux qu'elle recèle et qui, par un accident quelconque , ont été enterrés sous les couches qui les renferment aujourd'hui. Enfin, de même que , de nos jours, les animaux varient suivant les conditions générales d'existence dans lesquelles ils se trouvent ; de même, on remarque une grande diversité entre les fossiles des différentes régions. L'on' distingue principalement ceux des dépôts d'eau salée et ceux d'eau douce. Il est des couches voisines de la surface, par exemple dans les bassins de Paris et de Londres, où l'on trouve étages les uns au-dessus des autres des fossiles d'eau salée et des fossiles d'eau douce, ce qui prouve que ces lieux ont été alternativement recouverts par la mer et par des fleuves ou des lacs.
Les plantes fossiles ont aussi de leur côté attiré l'atten-
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tioa des savants , et parmi les botanistes éminents qui se sont occupés de Félude des végétaux fossiles nous citerons Alexandre de Jussieu, Schlolheim, le comte de Sternberg et surtout M. Adolphe Brongniart % qui a reconnu dans le r^gne végétal le même développement progressif qui se manifeste dans le monde animal. En somme, Fétude des plantes n*a cependant pas été cultivée avec la même persévérance que celle des restes d'animaux fossiles. I/on ne connaît en tout qu'à peu près 5 à 600 plantes fossiles , nombre bien restreint en comparaison de celui des plantes actuelles. Les végétaux du monde antérieur ont été rapportés à trois ou quatre périodes principales. Les plantes de la première période , de la période insulaire, telles que les cryptogames aux proportions gigantesques (les lycopodes, les fougères, les équicétacés) , croissaient dans des îles qui n'étaient que très-peu élevées au-dessus du niveau de la mer. Ce sont des végétaux aux dimensions colossales, dont l'organisation est fort simple et très-peu variée. Toutes ces espèces sont éteintes et ne se rattachent à aucune des familles de plantes actuelles. On a surtout signalé on genre de fougère , dont le tronc est couvert d'écaillés fort remarquables. Dans la deuxième période , la période littorale , on trouve une plus grande variété de plantes ; leur structure est plus composée , et l'on commence à remarquer che2 elles une certaine analogie avec les plantes actuelles. Il se trouve même dans le nombre des types dont quelques espèces existent encore de nos jours , mais sans être aussi répandues qu'auparavant ; c'est le cas de la famille des cycadées, qui a dû être très-nombreuse dans ces temps.
Dans la troisième période , la période continentale , les végétaux étaient à peu près les mêmes que de nos jours. Ce sont en général les mêmes familles et les mêmes clas-
< HhiUtire des rk/^Um» fo»Mes , Xn-k** ar(>r planchm. Parin, 1828 à
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ses ; il n'y a que les espèces qui diffèrent Les dicotylédones, les plus élevées dans T échelle végétale, sont trèsfréquentes dans cette troisième période, et Ton trouve entre autres des feuilles qui rappellent à tous égards nos peupliers , nos saules , nos érables.
Tout indique que dans ces trois périodes le règne végétal a joué un rôle très-important, ce qu'atteste Fimmensité des terrains houillers , ces restes de forêts primitives , qui nous fournissent aujourd'hui de quoi subvenir à l'un de nos premiers besoins.
L'étude des animaux foisiles commença bien avant celle des végétaux. Il n'y a donc pas à s'étonner qu'au point où en étaient alors les sciences naturelles, on ait pu regarderies débris fossiles comme des jeux de la nature, et que certains de ces animaux aux dimensions colossales et aux formes bizarres, qui excitent encore aujourd'hui notre étonnement, aient donné lieu à une quantité de fables, au nombre desquelles il faut ranger la légende des anges rebelles vaincm, qui avaient une taille de 6 mètres, et dont les prétendus restes ne sont pas autre chose que les ossements du mammouth ou de l'éléphant antédiluvien. On peut encore citer d'autres fables du même genre : celle de Teuloboch , roi dés premiers Allemands , géant de 10 mètres de long, dont les restes, trouvés en Dauphiné, furent plus tard reconnus pour être ceux d'un mastodonte ; celle des Géants qui auraient vécu en Sicile, mais dont les prétendus restes sont des os d'hippopotames ; celle de ï Homme primitif, décrit en 172G par Scheuchzer, qui prétendait que les parties molles et la chair de l'homme primitif avaient été changées en pierre ; ces mêmes restes furent plus tard reconnus pour être ceux d'une espèce éteinte de salamandre ; la fable du P^aulour géant , monstre ailé , auquel on attribuait tantôt la forme d'un basilic, tantôt celle d'un dragon, et dont on racontait qu'il avait englouti des familles entières* Il est reconnu aujourd'hui que ces çréten-
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Ic8 couches plu8 anciennes, des débris de crustacés (des trilobiles). Loi» vfrs^ en revanche, n*y sont que faiblemeat représentés, et les imecles sont encore moins fréqnentfc Au nombre de ces derniers sont les araignées fossiles q«e Ton a trouvées dans les terrains hooiilers de TAngletem. On sait aussi que Ton trouve des insectes dans Fambie, qui est une substance végétale résineuse, espèce de gonune endurcie, provenant de pins qui faisaient partie de la flore antédiluvienne.
Parmi les animaux vertébrés, les poissons et les r^ tiles sont de la plus haute importance pour la géologie; non-seulement à cause de leur nombre, mais parce qae les poissons, dont Feau est la demeure naturelle, caractérisent presque toutes les couches neptuniennes , et peuvent ainsi nous donner une idée de F aspect de la faune des mers aux différentes époques et des révolutions qu'elle a subies. C'est pour cette raison que quelques géologues se sont adonnés avec un soin tout particulier à Fétude des poissons fossiles , dont ils ont distingué plus de 1700 espèces réparties dans la plupart des formations neptuniennes. Le mont Boica, près de Vérone, ebt un exemple remarquable de la quantité de poissons fossiles que Fou rencontre dans un espace restreint. M. Agassiz y a distingué 127 espèces dont aucune no ressemble aux espèces actuelles.
Les reptiles du monde antédiluvien diffèrent encore davantage des nôtres. IjCs sauriens, entre autres, étaient représentés par des animaux aux dimensions gigantesques et aux formes fantastiques, qui rappellent les monstres chimériques de la fable. Ils se trouvent en si grande quantité dans certaines couches , qu'il faut croire que pendant plusieurs époques ces animaux ont régné en souverains dans les golfes et dans les marais d'alors.
Une dame anglaise, miss Anning, nous a fait connaître F un des plus remarquables de ces amphibies , Fichtyosaurct