‹ Le déluge;Chapitre 9 sur 187 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

qui avait la mâchoire d'un dauphin, les dents d*nn crocodile, le sternum et la tête d'un lézard. II faut que cet animal ait vécu en troupes fort nombreuses, car Ton trouve dans le Gloucestershire une roche épaisse de plusieurs pouces et de Tètendue d'un mille anglais, dont plus de la moitié se compose des excréments fossiles de ce reptile. Il est à présumer que l'ichtyosaure marchait difficilement sur la terre; par contre, il était excellent nageur. Son museau était long et pointu, sa gueule largement fendue et sa tête d'une dimension énorme. L'on en a trouvé des mâchoires de plus de deux mètres de longueur ; le cou , en revanche , était très-court. Quelques-uns de ces animaux avaient pour le moins cinq mètres de long.

Un autre animal de la même famille et d'aspect moins terrible, mais plus extraordinaire encore, c'est le plésiosaure, décrit par M. Gonybeare. Cet animal avait la tête petite et le cou fort long. On connaît des individus qui mesurent jusqu'à 9 mètres de longueur.

Les naturalistes admettent encore quinze autres espèces d* animaux de la même famille, parmi lesquels le mosataure, espèce intermédiaire entre le crocodile et le lézard, qui avait 8 mètres de long ; le mégalosaure , reptile de plus de 13 mètres de long , qui a été décrit par Buckland ; Y iguanodon, ressemblant à l'iguane du Mexique, mais qui doit avoir eu 23 mètres de long ; enûn , le ptérodactyle , trouvé près d'Eichstaedt, dont on a décrit huit espèces variant entre 50 et 130 centimètres de longueur. Cet animal a donné lieu à différentes suppositions ; cependant l'on s'accorde généralement à l'envisager comme un reptile volant.

On ne connaît encore qu'un petit nombre de crapauds à l'état fossile. Les oiseaux fossiles sont encore plus rares, ce qui se conçoit aisément, quand l'on songe que leur vol leur donnait la faculté de se souslraire en partie aux catastrophes qui ont amené la mort des animaux terrestres. Cependant on trouve des empreintes de pieds d'oUe^vïK

8or certaines couches de grès. On a signalé des os dans des grottes , ainsi que dans certaines formations récentes de gypse. .11 existe aussi des œufs pétrifiés ainsi que des empreintes de plumes dans du calcaire ; mais on n'a point encore trouvé les parties essentielles pour la détermination rigoureuse des espèces, c'est-à-dire des becs, des têtes et des ongles fossiles.

I^s mammifères du monde antédiluvien , qui , en leur qualité d'animaux d'une organisation plus parfaite, appartiennent aux dernières époques, paraissent avoir atteint leur plus grand développement dans la période qui précéda immédiatement le déluge. Leurs débris fossiles se trouvent aussi bien dans les terrains récents que dans les terrains d'alluvion. Le fait que ces animaux existaient à la veille du déluge, nous autorise à supposer qu'ils ont été anéantis par cette catastrophe; et c'est pourquoi nous ne nous en occuperons pas ici , nous réservant d'y revenir plus tard quand nous traiterons du déluge. Je me bornerai seulement à citer ici quelques-uns des mammifères remarquables dont les espèces étaient déjà éteintes avant le déluge; tels sont le paléolhère , dont il doit avoir existé dix à douze espèces ; les plus grands avaient la taille du rhinocéros, d'autres variant entre les dimensions du cheval et du porc; Vanoplolhère, dont on connaît cinq espèces; le chéropotame, Yadapis, etc., tous des pachydermes, que l'on trouve principalement dans le bassin de Paris.

Page 1