CHAPITRE XV
L* explication que je viens de donner de Forigine des blocs erratiques est encore confirmée par T existence de blocs sur plusieurs points de 1* Amérique septentrionale, notamment près des lacs Huron et Érié.
Les steppes ou les landes si remarquables de TAmériqoe septentrionale, ainsi que les alluvions de la Sibérie, semblent également prouver que des étendues prodigieuses de Fécorce du globe ont été abîmées par une grande révolution de la nature, et que les terrains erratiques formés de leurs ruines ont été en quelque sorte lancés dans toutes les directions.
Pour prouver cette hypotbèse, je citerai ici un auteur qui s* est exprimé en faveur de Tidentité du terrain diluvien de l'Amérique avec celui de F Europe, savoir le docteur Hitchcook ^. Quoiqu'il semble admettre la théorie des glaciers d^Agassiz , il n'en est pas moins vrai que les résul*tats auxquels il est arrivé concordent pour la plupart avec la théorie de Sefstrom et semblent confirmer ce que j'ai avancé de Faction du second courant principal du déluge. Ces résultats sont :
1. Que le terrain diluvien de FAmérique doit être le résultat d'une ou de plusieurs forces très-généralement ré-
tique da Danemark ont prouvé qae celui de la c6te occidentale de la péniDSiile du Jatlaad contient beaucoup de grès de transition , qui doit être venu de la mer du Nord, oo peut-être de la continuation d'une formation de grès , qu'on ^encontre dans la Norvège méridionale ; qu'en Nrtnche , le terrain erratique de la partie septentrionale de la Sélande * de la Fiouie et de la partie méridionale du Julland oriental est surtout ricbe en porphyre de transition . qui doit avoir été amené des environs de Christiania ou de qaelqoe autre système de montagnes de la même espèce ; en6n , que le terrain erratique de la partie orientale du Danemark , notamment de la partie orientale du nord de la Sélaode, et probablement aussi des îles de Moen , de Falster et de Laland , ainsi que de la partie orientale de la Fionie , coutienueut beaucoup de calcaire de tranittion , qui doit avoir été amené par les eaux de la Baltique. Ces faits semblent confirmer d'une ma* nière remarquable la direction supposée des trois courants principaux du déluge, savoir: de l'ouest, du nord et de l'est.
* First anniversary address before the « Association of American (leolo^fests <* ni tkeir second annuel meeting In Philadelphla, \ew Ha\en . Hamien IHII,
ItfO LE DELUGE.
panducs i|ui auront agi dans la même direction en partant du nord ou du nord-est ;
2. Que cette force a agi sur toutes les hauteurs depuis le niveau actuel de la mer, ou peut-être même au-dessous de celui-ci et jusqu'à une hauteur de 1000 à 1300 mètres; (dans la \ouvelle-Angleterre, le sommet du plus grand nombre des collines et des montagnes, sans en excepter même les pics isolés, qui n'ont pas moins de 1000 mètres de hauteur, sont évidemment polis et présentent des sillons et des stries; il en est de même de leurs versants septentrionaux ; les versants orientaux et occidentaux présentent même ce phénomène jusqu'au fond des vallées les plus profondes ) ;
3. Que la présence de polis et de stries également bien conservés aux différents niveaux semble indiquer que les agents qui ont produit ce phénomène ont agi simultanément à toutes les hauteurs ;
4. Que le parallélisme parfait des stries sur des étendues considérables est une preuve qu'elles ont été produites par les angles saillants de masses très-lourdes et très-volumineuses qui, dans leur passage, ont été poussées avec une force presque irrésistible par l'eau ou quelque autre agent;
5. Que l'énergie de cet agent semble avoir été en diminuant du côté du sud ;
6. Que la hauteur relative des différentes parties de la surface du sol n'a pas été modifiée depuis lors ;
7. Que le continent de l'Amérique du nord était en grande partie exhaussé lorsque survint le phénomène erratique ;
8. Que l'eau doit avoir été l'une des forces motrices de cet agent ;
0. Que la glace doit en avoir été une autre ; 10. Que cet agent a exercé son influence avant l'existence du genre humain , puisque aucune trace de débris