SCÈNE XIL OLIVIER, puis RAYMOND
OLIVIER
Allons, autant en finir tout de suite, (a Raymond qui entre.) Vous désirez me parler, mon cher Raymond. La baronne est sortie, nous sommes seuls. Je vous écoute.
RAYMOND
Je ne veux pas encore oublier que je vous ai appelé mon ami^ Olivier; cependant...
OLIVIER
Cependant?
Vous m'avez trompé.
OLIVIER
Non.
RAYMOND
Écoutez-moi, Olivier. Je suis décidé à ne plus croire qu'aux preuves, et madame d'Ange m'a prouvé le contraire de ce que vous m'avez affirmé. Vous m'avez dit qu'elle n'avait jamais été mariée, j'ai vu le contrat de mariage, vu, de mes yeux vu. Me direz-vous que l'acte est faux?
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i; \\ MoMt.
Vous m'.ivoz tiil qu'i lie ntlail p.is vciino, j'ai vu l'aclf de décos do son mari... Mo diro/.-\<»iis (|uo cot ado osl uiio invention?...
(M. 1 VIKR.
Non.
RAYM()>D.
Je sors do chez monsieur do Tlionncrius, nue j'ai inloriOf;é, cl qui m'a dit ne riou savoir sur le cnmplo do la baronne. Knlin, ces leltres que vous m'avez dites èlie de madame d'Ange...
OLIVIER
No sont pas d'elle, je le sais maintenant. C'est une de ses amies qui me les éorivail on me laissant croire qu'elles étaient do la baronne, et toutes deux se moquaient de moi. Ce n'est donc pas moi qui vous ai trompé; c'est moi qui ai été trompé. J'ai cru av(tir le droit de vous avertir, je ne l'avais pas. Là où ma conscience croyait tenir des prouves contre la h nonne, ma fatuité môme n'en avait pas une; enfin, en voulant \ous prouver que j'étais votre ami, je me suis prouvé à moi-même que je n'étais qu'un sot. J ai été bien joué, je vous en réponds.
RAYMOND
Alors, vous rétractez tout ce que vous m'avez dit?
OLIVIER
Tout. I lie est do bonne famille, elle a élé mariée, elle est baronne,' elle est veine, elle vous aime, elle n'a jamais été pour moi qu'une étrangère, elle est di^ne do vous. Cfuiconquo dira lo contraire j^era un calomniateur, car c'est être un calomniateur que de dire contre une personne une cliose qu'on lU' peut pas prouver. Adieu, Itaymond; car après ce qui s'est pas>é, je no sais trop comment reparaiire de\ant la baronne, et je no roNieiidrai la voir «pio lor> lu'elle m'y eii-aj^ora, et je ne crois pas que l'idée lui on vienne de si tôt! tenant à vous, no m'accusez que de maluln>-«' A.lu'uî
H A^ MoM).
Adieu 1 o t,.r w.ri., il f iiidra bien que j'aie le deniier mot de col homme.
LE DOMESTIQUE
Monsieur sait que madame la baronne est sortie^ et qu'elle no rentrera que très-tard.
R A "Y M 0 >■ D, s' asseyant .
C'est bien. J'attendrai.