ACTE IV, SCÈNE XIII. 1Z
rableî (Elle tombe opuisée sur une chaise. ) C'est bien, lisez; mais je me vengerai, je vous le jure.
RAYMOND, lisant d'une voix émue.
ce Je vous en prie, ne me perdez pas; il faut que je vous voie, » je vous expliquerai tout. Ce que vous m'ordonnerez de faire, » je le ferai. Ce n'est pas ma faute si monsieur de Nanjac » m'aime, et je l'aime, c'est mon excuse... Je dépends de vous, » cependant, soyez généreux, pardonnez-moi; s'il connaissait la » vérité, je mourrais de honte. Je vous promets de ne pas être » sa femme; mais qu'il ne sache rien ; attendez-moi, dès que je » serai libre, je... » (parié.) Et je doutais encore... (n cache sa tête dans ses mains.) Que vous avais-je fait, Suzanne? pourquoi me tromper?... Tenez, voici cette lettre ; adieu!...
(il va pour sortir; à moitié chemin, il se laisse tomber sur une chaise et ne peut retenir ses larmes.) «
SUZANNE
Raymond!...
RAYMOND
Vous avez fait pleurer un homme qui n'avait pas pleuré de puis la mort de sa mère. Je vous remercie, les larmes font du bien.
SUZANNE
Vous m'avez déchiré les bras et les mains, Raymond.
RAYMOND
Je vous demande pardon, c'est une lâcheté ; mais je vous aimais !...
SUZANNE
Moi aussi, je vous aimais.
RAYMOND
Si vous m'aviez aimé, vous ne m'auriez pas menti ! . ..
SUZANNE
11 n'est pas une femme qui, à ma place, vous eût fait l'aveu que vous me demandiez ; je vous aimais, je vous estimais, je voulais être aimée et estimée de vous. Je vous raconterai toute ma vie. Oui, il y a une chose que je devais vous cacher, mr.is une seule. Si vous saviez, je suis moins coupable que je ne parais ; et puis j'étais sans conseils, sans appui, J'aurais dû tout vous dire, voilà ma faute. Vous êtes généreux, vous m'auriez
pardonné. Maintenant, vous ne croyez plus en moi; mais , je ne suis pas assez pure pour être la femme d'un homme comme vous, je vous aime assez pour que vous m'aimiez; rien ne me force à vous le dire, maintenant, Raymond, crois en moi, je faime.
RAYMOND
A qui écriviez-vous cette lettre?
Vous iriez chercher querelle à cet homme.
RAYMOND
Je ne lui dirai rien; mais, dites-moi son nom!
SUZANNE
Cet homme n'est rien pour moi, vous le savez bien, puisque je lui écrivais que je vous aime.
RAYMOND
De quel droit vous défend-il d'être ma femme?
SUZANNE
Je vous raconterai tout, mais quand vous serez plus calme.
RAYMOND
Adieu!
SUZANNE
Je vais tout vous dire!
RAYMOND
J'écoute!
SUZANNE
J'écrivais cette lettre à...
RAYMOND
A Olivier?
SUZANNE
Non, je vous le jure; mais promettez-moi de ne pas provoquer cet homme.
Je vous le promets.
SUZANNE
J'écrivais au marquis de TllOnnerinS. (Raymond fait un mouvement )