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LA VARIÉTÉ

que le ternie soit moins approprié, la machine animale travaille pour elle en vue de sa propre conservation et non point pour nous. Pratiquement, il n'y a en vérité point de cas où l'avantage de faire les frais de cette lutte soit évident. Ce qui est évident, au contraire, c'est la notion toujours favorable que présente l'exploitation des races dans leur propre aire géographique. Là du moins on est sûr d'avoir constamment pour soi l'influence du sol et celle du climat et de n'avoir à lutter contre aucune circonstance naturelle contraire et par conséquent d'atteindre le but des méthodes zootechniques pourvu que l'application en soit faite convenablement. Le moins qu'il puisse advenir des sujets d'une race ainsi exploitée dans les limites de son aire naturelle, c'est qu'ils conservent leurs aptitudes normales. Et c'est à ce point de vue essentiellement pratique que la notion de l'aire géographique de la race a surtout un si grand intérêt.

La variété. — Après ce que nous venons de voir, nous pourrons appeler variété un groupe d'individus de même race se distinguant des autres par un ou plusieurs caractères qui sont des effets de la variation.

Les variétés, d'après cela, ne peuvent avoir et n'ont en effet qu'une fixité relative. Leur maintien est subordonné à celui des conditions dans lesquelles elles se sont formées. Elles ne subsistent qu'aussi longtemps que celles-ci ne varient point. On distingue dans les races, des variétés naturelles et des variétés artificielles. Les premières sont zoologiques et les secondes zootechniques. Ces dernières seules nous intéressent. Elles se produisent, soit sous l'influence des changements de fertilité du sol, ou, soit par l'application des méthodes zootechniques. Dans presque toutes les races animales domestiques on en constate de ces diverses sortes. L'objet essentiel de la zootechnie est d'en créer qui soient le plus possible aptes à satisfaire les besoins de la société, à répondre aux exigences du progrès.

La plupartdcs variétés animales existantes sont, dans l'état actuel des choses, généralement prises pour des races véritables et qualifiées en conséquence, non seulement dans le langage courant, mais encore dans les ouvrages spéciaux. Cela tient surtout à la fausse définition qui a été donnée de la race et que l'autorité de ses auteurs a fait passer dans la science. D'après cette définition, la race serait une variété constante de l'espèce. On ne s'esl pas aperçu

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qu'elle implique une contradiction même dans les termes. Par cela seul que la variété est un effet de variation, elle ne peut pas cesser de varier pour devenir constante. Il a été dit aussi que la race est une variété héréditaire. La variété réelle est assurément héréditaire, mais sauf variation nouvelle, contre laquelle l'éleveur vise parfois à lutter, mais qu'il cherche au contraire à provoquer dans bon nombre de cas. Nous savons maintenant que seuls les caractères spécifiques sont constants. L'idée de constance et celle de variété ne peuvent donc point s'associer logiquement. En fait, parmi les variétés connues il n'y en a pas une seule dont la constance puisse être établie même pour une courte série d'années. Les exemples qu'on en a quelquefois cités se rapportent au type spécifique, caractéristique de la race véritable, non pas à des effets réels de varia lion.

En réalité, dans les divers genres d'animaux il y a un certain nombre d'espèces naturelles, dont chacune est représentée, dans le temps et dans l'espace, par sa race, c'est-à-dire parla descendance du premier couple qui l'a manifestée à son début. Dans cette race il s'est formé et se forme encore, par variation naturelle ou artificielle, des variétés distinctes par la taille, par les formes corporelles, par la couleur ou les combinaisons de couleurs, par telle ou telle aptitude plus ou moins développée. La race de chaque espèce est donc toujours actuellement représentée par des variétés dont le nombre est d'autant plus grand que son aire géographique est plus étendue et qu'elle comporte des conditions de milieu plus variées.

La variation. — Le produit, disions-nous en commençant l'étude de la race, est semblable à ses parents, il ne leur est pas identique. Les ressemblances sont la part de l'hérédité, les différences sont celles de la variation.

Pour que la distinction ainsi établie suit vraie, il faut prendre le mot parents dans son acception la plus étendue, comprenant toute la lignée ascendante, depuis le père et la mère jusqu'aux ancêtres de l'espèce et du genre, en passant par les grands-parents et aïeux de tous les degrés. 11 faut aussi rattacher à l'hérédité tous les caractères en apparence nouveaux qui ne sont que des combinaisons nouvelles de caractères hérités. Un mulâtre n'a jamais eu que des parents blancs ou noirs; sa nuance n'en est pas moins héréditaire.

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