‹ Le demi-sangChapitre 18 sur 101 · LE MÉTISSAGE · texte numérisé non relu

LE MÉTISSAGE

quence, à partir de la quatrième génération, les produits obtenus appartiennent à l'espèce de leur souche paternelle pure, et ils se reproduisent ensuite entre eux comme celle-ci, sauf les cas accidentels et de plus en plus rares de réversion, vers l'atavisme maternel.

De là deux modes pratiques de croisement, fondés sur les notions théoriques que nous venons d'exposer, et qui sont même tirés, comme les lois d'hérédité dont ils découlent, de l'observation et de l'expérience.

Le premier de ces modes, que nous nommons croisement industriel parce qu'il a pour objet la production ou la fabrication de métis de divers degrés, en vue de leur valeur commerciale comme individus et non point comme reproducteurs de leur espèce, se maintient en deçà des limites de trois générations croisées. Le plus souvent il est borné à une seule.

Le second, que Baudement appelait croisement suivi et que nous croyons mieux nommé croisement continu, est celui qui va au delà de trois générations. C'est celui quia été recommandé par Daubenton, par Tessier et par Gilbert sous le nom de croisement de progression.

Le métissage. — Les sujets obtenus par le croisement des deux racesportent le nom de premiers métis (de mixtus, mélange) et, pour les désigner plus clairement, on se sert d'un nom composé formé par les appellations des deux races croisantes, en observant de placer en premier le nom de la race du père : cheval anglonormand.

En accouplant ces premiers métis avec les reproducteurs de la race croisante, on obtient des seconds métis ou métis de second degré qui, unis suivant le mode indiqué, produiront des troisièmes métis ou métis de troisième degré; le reproducteur de l'une des espèces est intervenu trois fois successives à l'état pur dans les génération?..

On a admis conventionnellement d'autres dénominations en supposant théoriquement que le produit obtenu se tient à égale distance des deux races croisées; on dira qu'il est de demisang.

On suppose ainsi que le croisement s'effectue entre un mâle appartenant à une race qualifiée de régénératrice auquel on donne la valeur 1 et une femelle de race dégénérée dont la valeur est 0

(Gayot) ; la première génération aura donc comme puissance individuelle

elle sera de demi-sang.

Si le métis de demi-sang est fécondé ou féconde un sujet de la race améliorante, le produit se rapprochera davantage de ce dernier type et pourra être dénoncé trois quarts de sang :

A la troisième génération, on obtiendrait des sept huitièmes de sang :

à la quatrième génération, des quinze seizièmes de sang :

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MM. Galton et de Lagondie considèrent comme inexacte l'expression de demi-sang et traduisent ainsi la part fournie par chacune des races unies pour la création des métis.

Chaque métis possède :

7 d'hérédité paternelle directe ;

maternelle — ; atavique paternelle :

— maternelle.

11 semble difticile de pouvoir réglementer par des chiiï'res précis des phénomènes aussi complexes : la puissance héréditaire vient sans cesse s'opposer à l'action directe de l'atavisme ; un produit de demi-sang peut ressembler pour les sept huitièmes et même davantage à l'un de ses procréateurs; l'hérédité ne plie pas ses effets à ces formules conventionnelles, qui doivent servir simplement à la dénomination des reproducteurs employés et des sujets obtenus.

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