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Le Pur Sang

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vidu do la race À avec n'importe quel individu de la race B auront, dans leur patrimoine héréditaire, les mêmes coefficients de la race A et les mêmes coefficients de la race B, et présenteront par conséquent le môme mélange des propriétés des deux races; il y aura uniformité très grande dans les produits et ceci, il faut le remarquer, quels que soient le sexe du parent de race A et le sexe du parent de race B; autrement dit, la distribution des propriétés de race sera la même dans 1 œuf résultant d'un mâle A et d'une femelle B que dans l'œuf résultant d'une femelle A et d'un mâle B. Mais, dans certains cas, la mère pourra avoir sur le fœtus, pendant la gestation, une influence qui masquera l'équivalence réelle des deux sexes dans l'acte de la fécondation; le métis résultant d'un mâle A et d'une femelle B tirera certains caractères du fait qu'il aura commencé son développement dans un utérus de race B; un métis résultant d'un mâle B et d'une femelle A quoique ayant dans son patrimoine héréditaire le même choix des propriétés de race que le premier, tirera d'autres caractères du fait de sa gestation dans un utérus de race A. Laissons donc de côté ces différences secondaires qui ne concernent pas directement les patrimoines héréditaires des métis. Nous devons penser que tous les métis de deux races très distinctes auront, pour leurs différentes substances constitutives, des coefficients de même origine, et que, par conséquent, les propriétés de race ayant beaucoup d importance par rapport aux propriétés individuelles, il y aura une grande uniformité dans les produits des divers accouplements.

Mais, ceci constaté, les produits de cette première génération mélisse présentant une grande uniformité, si on les accouple ensemble, les métis de deuxième génération résultant de ces accouplements présenteront naturellement une variabilité très grande, parce que les différences, dans l'abondance relative des produits sexuels, ne seront plus négligeables, par rapport aux différences individuelles, qui sont très faibles. Et ainsi, les propriétés des grandsparents (qui étaient de races très différentes) se trouveront distribuées d'une manière très variable entre les petits-enfants; il y aura un polymorphisme très remarquable, ce que l'observation vérifie dans tous les centres d'élevage du cheval.

Retour à l'ancêtre. — Continuons à accoupler ensemble les descendants de deux ancêtres de races différentes: nous allons constater des phénomènes très différents, suivant que nous serons partis de

races véritables, de races stables, comme nous les avons appelées plus haut, ou de variétés aberrantes comme celles qu'une sélection fantaisiste a créées chez les pigeons. Dans ce dernier cas, il suffit souvent d'un seul accouplement entre deux variétés différentes pour donner naissance à un ancêtre commun de deux variétés aberrantes étudiées : l'amphimixie fait réapparaître un type moyen dès qu'elle n'est plus surveillée par les éleveurs. Et ceci suffit à nous faire concevoir que, dans les espèces à reproduction sexuelle, les types moyens devront résulter ordinairement d'un certain nombre d'accouplements livrés au hasard ; l'amphimixie a pour effet de faire disparaître les variations fortuites. Mais, quand nous partons de deux races stables, coexistant dans un même pays et adaptées à la vie dans ce pays depuis un très grand nombre de générations, ces deux races, produit d'amphimixies répétées, sont l'une et l'autre des types moyens. Le résultat de leur croisement donne, à la première génération, un type moyen nouveau, commun à tous les produits. Et il se pourrait que ce type moyen nouveau fût fortuitement très bien adapté, lui aussi, aux conditions de vie (mais il n'y a aucune raison pour que cela soit et il est assez vraisemblable, étant donnés tous les hasards des amphimixies ancestrales, que tous les types moyens adaptés aux conditions locales soient représentés dans un pays). Dans tous les cas, nous avons vu que le polymorphisme est la règle dans les produits de la deuxième génération; s'ils s'accouplent les uns avec les autres, et si leurs produits s'accouplent à leur tour, et ainsi de suite pendant un certain nombre de générations successives, les amphimixies successives redonneront fatalement des types moyens adaptés, c'est-à-dire qu'il y aura retour à l'un ou l'autre des deux ancêtres. Le fait est bien connu pour les unions de la race humaine blanche avec la race humaine nègre ; les unions de mulâtres finissent par donner, soit des blancs purs, soit des noirs purs, au bout de quelques générations.

Tout autre est le cas de l'union de deux types aberrants comme le pur sang anglais et le cheval normand ; si on considérait ces deux types comme deux types de races différentes stables, adaptées pendant un grand nombre de générations, ce seraient, pour les unions ultérieures, deux ancêtres, aux types desquels devraient revenir leurs descendants croisés, avec plus ou moins de rapidité.

Au contraire, ces deux types aberrants n'étant pas des types moyens, le résultat de leur croisement donne naissance à des individus qui reproduisent leur ancêtre commun à type moyen. La loi

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