‹ Le demi-sangChapitre 31 sur 101 · L ANGLO-ARABE · texte numérisé non relu

L ANGLO-ARABE

La Calabre produit de bons chevaux, très rustiques, mais trop petits; ce sont les chevaux des corricoles de Rome et des villes du sud de l'Italie.

Actuellement, ces races sont croisées avec le pur sang anglais, le Roadster, le Hackney, etc. Des courses de pur sang anglais ont été instituées à Rome en 18 Ï2.

Le cheval espagnol, voilà encore un dérivé du cheval arabe et du barbe.

Quand au vme siècle, les Arabes conquirent l'Espagne, ils y introduisirent quantité de chevaux du type oriental, qui y firent souche. Les magnifiques genêts d'Espagne, si réputés, étaient des croisements arabe-barbe : tète légère, encolure forte et rouée; avant-bras courts, canons longs et grêles, pieds petits à talons hauts, jarrets coudés, robe noire. C'était le cheval de manège ou de selle, jadis.

Les chevaux de l'Amérique du Sud descendent de l'Andalou; ils nous reviennent sous le nom de La Plata, demi-sauvages.

L'Espagne ne possède que 400.000 chevaux; mais, par contre, elle nourrit 730.000 mules et 700.000 ânes.

L'aaglo-arabe. — Du mélange des deux sangs résulte l'angloarabe dont la monographie correspond sensiblement aux indications suivantes : lignes plus longues que celles de l'arabe, moins longues que celles de l'anglais; taille plus élancée, corps plus long, poitrine plus haute, membrure plus forte que chez l'arabe, tète plus carrée que celle de l'anglais. Ce produit n'est pas le juste milieu entre ses deux procréateurs de pur sang : tantôt presque anglais, tantôt presque arabe, selon la puissance héréditaire qui a prédominé.

Néanmoins, bon petit cheval, doué d'une certaine vitesse, bon amélioratcur pour les petits chevaux du Midi de la France, dont le bigourdan ou cheval de Tarbes ne manque pas de cachet. Vtilcain, le vaillant petit cheval du lieutenant français Deremetz, arrivé deuxième à Ostende au « grand raid international » du 27 août 1902, était un véritable anglo-arabe du Midi. Il franchit les 132 kilomètres à parcourir d'une traite, en 7h22'16".

On a mélangé intentionnellement, systématiquement, les deux sangs anglais et arabe : dans 1*' .Midi et le Sud-Ouest de la France, en Allemagne (Trakehnen . en liussie (Orloff, Khrenovoyë . en

Hongrie (Gidran de Mésoheges), et dans quantité de haras particuliers.

En France le cheval de Tarbes, race légère, a élé amélioré par l'anglo-arabe. On l'appelle encore le cheval de Navarre, le cheval bigourdan, cheval de selle fin et élégant, au dos souvent ensellé, à la tête souvent busquée (ancien espagnol), aux jarrets coudés, aux paturons trop longs.

Le haras ou la jumenterie de Pompadour (Corrèze) fut fondé en 1751 ; il fut supprimé et rétabli un grand nombre de fois. La loi de 1874 Ta réorganisé définitivement.

Vingt-sept mille juments environ appartenant à des particuliers sont employées à la reproduction dans une vingtaine de départements du Sud de la France, elles donnent annuellement 18.000 poulains. La remonte en achète 3.000 à 4.000 à quatre ans et demi; le restant de ces petits chevaux, dits chevaux du Midi, est d'un placement difficile.

Il est peu de régions qui offrent comme le Midi une aussi grande diversité dans la production du cheval. La Bretagne, le Boulonnais, la Normandie, le Perche, ont conservé et conservent leur race autochtone qui s'est créée de toutes pièces par les influences diverses des milieux.

Dans le Midi, il y a eu comme dans les contrées précédemment citées, une race spéciale, qui s'étendait du Limousin aux Pyrénées et les chevaux de ces pays étaient autrefois renommés pour leur endurance, leur souplesse et leur sang.

Aujourd'hui que les chemins de fer ont permis les voyages rapides et les déplacements moins coûteux, il est presque aussi facile de trouver à Paris ou dans le Nord, des spécimens du Midi que dans le Midi de trouver des percherons, des boulonnais, des bretons, amenés pour les besoins du camionnage, des transports, de l'artillerie et du gros trait en général. Quand l'utilisation première de ces animaux transportés a été terminée, il n'a pas été rare de les voir devenir l'apanage de l'agriculture et comme tels livrés à la reproduction. 11 en résulte pour la race du pays des croisements ou des essais de croisements divers qui peuvent être intéressants à étudier.

Tarbes et ses environs présentent donc souvent au voyageur des spécimens hétéroclites, qui ne trouvent guère leur utilisation dans le pays et qui sont achetés par des marchands étrangers. La gendarmerie locale s'empare bien des meilleurs sujets, mais

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