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LES CHEVAUX TROTTEURS FRANÇAIS

même plus grand. Sa tète est fréquemment longue et lourde, dolichocéphale et busquée comme chez l'un de ses ancêtres; les naseaux peu ouverts, les yeux sans trop d'éclat, les arcades orbitaires effacées, les oreilles longues, rapprochées, mal soutenues; les ganaches chargées. Bref, sa tête n'est ni belle ni intelligente le plus souvent.

L'attache de la tête à l'encolure n'est pas exempte de critique et celte encolure manque de branche; elle est droite, mais bien ou mal sortie d'entre les épaules. Le garrot est souvent bas, la ligne du dessus pèche fréquemment par sa mollesse, l'attache du rein est imparfaite. Le dos et les reins ont généralement une grande largeur en rapport avec la rondeur de la paroi costale, qui circonscrit une poitrine trop ronde et trop peu descendue, à la suite de laquelle on trouve une capacité abdominale trop vaste. La croupe est ce qu'il y a de mieux chez l'anglo-normand; elle est remarquablement musclée, large, longue, presque horizontale, avec la queue attachée haut et loin de l'angle de la fesse. La cuisse et la fesse sont larges et bien musclées, vues de profil, mais un peu plates, vues de derrière, et haut fendues.

L'épaule est généralement trop droite, en rapport avec un garrot bas; c'est l'épaule du trotteur à répétition; aussi s'agit-il de maintenir le cheval à pleins bras aux allures vives.

Les articulations sont larges et solides, l'éparvin rare, la jarde fréquente. Les tendons ne sont pas assez séparés de l'os; le paturon est court, le sabot de composition et de forme satisfaisantes. La robe prédominante, c'est le bai.

Telle est la moyenne de la conformation de l'anglo-normand. Il en est de plus beaux, il en est de moins réussis encore. L'anglonormand est beau cheval de voiture, de grand carrosse, surtout, mais c'est un médiocre cheval de selle. Son utilité est très discutée comme améliorateur de race par le croisement.

Les chevaux trotteurs français. — Sous Louis-Philippe déjà (1830-1848), on chercha à produire des trotteurs rapides en France. La protection officielle fut accordée à ce genre d'élevage sous Napoléon III. Le Gouvernement actuel de la République a déclaré d'utilité publique l'élevage du trotteur et lui a alloué une subvention annuelle de 300.000 francs.

Origine des trotteurs français. — L'un de leurs principaux ancêtres, c'est Kurde, un cheval turc ramené du Kurdistan, sous

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Napoléon Ier, par le général Sébastiani. Kurde était plutôt du type delà tribu Tekki ou Turkmen, dont le centre de production est la région de Merv /c'est une des sous-divisions de la race1 des chevaux orientaux de la Turquie (Asie).

Avec une jument arabe, Kurde produisit Etincelle (en 1817).

Fécondée par Tiff ris, Étincelle donna Léda (1827).

Léda (anglo-arabe), saillie à son tour par le demi-sang anglais Performer, fut la mère d'Eclipsé, un étalon de petite taille (lm,53), très beau et surtout d'allure très rapide au trot. (Ne pas le confondre avec le célèbre galopeur anglais du même nom.) Eclipse ligure dans l'arbre généalogique de beaucoup de bons trotteurs français.

Les étalons précités reproduisirent avec les meilleures juments de vitesse normandes. En somme, le trotteur français possède une certaine dose de sang oriental (Kurde, etc.), une dose plus forte de sang anglais, puis une dose faible du vieux sang normand.

A l'époque actuelle, on a renforcé la dose de sang anglais, on y a ajouté du trotteur russe et du trotteur américain. Les caractères ethnographiques sont brouillés; c'est la vitesse seule qui compte. Il existe néanmoins de véritables chefs de lignée, s'étant classés hors de pair et reproduisant leur modèle avec une assez constante régularité. Tels sont le célèbre trotteur Fuschia, puis Harley, Cherbourg ; puis Juvisy, qui fait du beau type carrossier; puis tous les fils de Fuschia, dont les produits ont de la vitesse et de la tenue.

Le trotteur français anglo-normand, ainsi qu'on le désigne, a les formes générales du demi-sang anglo-normand, avec cette différence qu'il est moins lourd, qu'il a les formes plus nobles et les allures plus dégagées. Sa façon de trotter tient le milieu entre celle des trotteurs russes et celle des trotteurs américains : ils trottent davantage du genou lèvent davantage les pieds que ne le font les trotteurs américains, mais moins que ne le font les trotteurs russes.

Il existe d'importants élevages privés de trotteurs en Normandie, de même qu'on y rencontre de nombreux hippodromes pour courses au trot.

La Société d'encouragement du demi-sang dont nous parlerons plus loin, qui a son siège à Paris, patronne l'élevage du trotteur.

Les dérivés allemands du cheval de sang. — Les anciens chevaux de l'Allemagne, les lithuaniens surtout, voisins des polonais, étaient de moindre taille et possédaient moins d'étoffe que leurs congénères

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