LES CHEVAUX DE LALLEMAGÏSE DU NORD
La race avait été créée uniquement dans le but de fournir aux cours royales un type de chevaux sortant tout à fait de l'ordinaire, hors de la portée des vulgaires amateurs. Aujourd'hui, elle appartient plutôt au domaine de l'histoire.
Le cheval de l'Oldenbourg. — Issu de la même souche que le cheval du Hanovre, pays dans lequel le duché d'Oldenbourg se trouve enclavé, le cheval de l'Oldenbourg a subi des transformations, non pas à l'intervention du pur sang, mais seulement du demi-sang. Aussi ce cheval est-il resté plus rustique que le hanovrien. Le cheval de l'Oldenbourg a moins de distinction que ce dernier; il est plus grand et plus fort. Sa tête est parfois légèrement busquée, son encolure, de longueur moyenne, est trop large, son garrot bas, son dos long et mou, sa croupe ronde avec queue assez bien attachée cependant. Les membres sont solidement établis, la musculature épaisse, les sabots larges et cassants. La robe baie prédomine. Tous les chevaux de l'Oldenbourg sont élevés en vue de l'attelage; exceptionnellement, il en est d'aptes à la selle.
Leurs allures sont belles, mais leur tempérament est mou. Leur docilité est reconnue.
Les chevaux du Schleswig et du Holstein. — La plupart sont des chevaux de trait bais, ayant beaucoup de sang belge (voir plus haut) ou ressemblant aux chevaux danois. A l'ouest du Holstein, on élève d'assez bons carrossiers. Il y a dans le Holstein, à Travcnlhal, un dépôt d'étalons de l'Etat avec un effectif de 120 tètes (l pur sang, 113 demi-sang et 7 danois). Outre cela, sont employés des étalons reconnus appartenant à des particuliers (R. de Schleswig), d'Oldenbourg, du Hanovre et une douzaine d'étalons de trait, belges pour la plupart. Le centre de l'industrie chevaline holsteinoise, c'est Elmshorn, siège de la Société hippique, du Stud-Book et de l'école de dressage pour la selle et l'attelage.
Le cheval du Mecklembourg. — Souvent bai, ce cheval, corpulent mais léger d'allures tout à la fois, était jadis le plus grand et le plus élégant carrossier de l'Allemagne. En lui infusant trop de sanganglais, on l'a affiné et on lui a fait perdre son cachet de race et son aptitude. C'est un métis anglais, trop anglais, en étal de variation désordonnée, que le mecklembourgeois actuel.
Les chevaux du Danemark. — Les chevaux danois des siècles derniers avaient grande réputation; ils étaient expédiés dans tous les pays, soit comme reproducteurs, soit comme chevaux de service. Les ancêtres de ces chevaux étaient de petite taille, mais étoffés et robustes. Le plus ancien haras du pays est celui de Frederieksborg, fondé par le roi Frédéric II, en 1562, à 30 kilomètres de Copenhague. Ce haras célèbre au xvme siècle comprenait des chevaux espagnols, napolitains, turcs, anglais, frisons, des étalons du Wurtemberg et de la Courlande.
En 160j, sous Christian IV, il y existait un groupe de chevaux d'un gris clair, descendants directs de reproducteurs importés d'Angleterre. En 1672, sous Frédéric III, des juments de cette famille furent fécondées par des étalons blancs amenés du Wurtemberg, puis mises en rapport avec d'autres importés de la Courhmde, du type kranich; mais le meilleur reproducteur de weissgeborenen, ce fut un étalon oldenbourgeois, d'un blanc laiteux, appelé Jom Frùen {La Vierge). Telle est la genèse des chevaux blancs de naissance en Danemark (voir plus haut l'historique de la même production en Hanovre). La singularité cutanée qui caractérisait les weissgeborenen fut difficile à fixer, puis on constata que ces albinos se montraient peu féconds ou inféconds. On essaya d'un étalon blanc amené de Turquie, dont les fils, nés au haras de Frederieksborg, blancs comme leur père, firent merveille. Mais l'infécondité reparut bientôt chez ces albinos, et, en 1871, le haras royal fut supprimé par arrêté du roi Christian IX.
Au commencement du \ixe siècle, Frederieksborg comportait un effectif d'environ 2.000 chevaux marqués sur une cuisse ainsi qu'en Espagne et portant la date de leur naissance sur l'autre; ces chevaux formaient différents groupes distincts. D'après une notice rédigée par M. Jensen, conseil agricole de l'Etat, pour l'élevage, à l'occasion de l'exposition universelle chevaline de Paris en 1900, il n'y aurait plus que deux races naturelles de chevaux en Danemark et encore le danois a-t-il reçu de fortes infusions de sang anglais par l'introduction, au Jutland, d'environ 50 étalons Coach Horse, il y a un demi-siècle.
L'une des races danoises auxquelles M. Jensen fait allusion, s'appelle la race de Frederieksborg (nom de l'ancien haras royal) ; elle est d'origine espagnole et rappelle la haquenée ou le hackney anglais, avec plus de taille (lm,5i à lm,60). Ce cheval n'est jamais ni très haut ni très gros; il est bai foncé ou brun; sa tête