‹ Le demi-sangChapitre 42 sur 101 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Le cheval d'armes, demi-sang1 g-alopeur. — La question du cheval d'armes n'a pas cessé d'être à l'ordre du jour. Elle en disparaîtrait qu'il faudrait s'empresser de l'y remettre : n'est-elle pas intéressante au double point de vue de l'industrie agricole et delà défense nationale ?

Qu'est-ce que la question du cheval d'armes?

Elle est tout entière dans les trois propositions suivantes :

Première proposition . — Le pur sang a, en France, 5.400 francs d'encouragement par tète, alors qu'en Angleterre il n'en a que 2.000. Le carrossier trotteur a 1.000 francs. Le cheval de selle, le demisang galopeur, le cheval de guerre aO fr. 0 cent.

Deuxième proposition résultant de la précédente. — Un yearling de pur sang vaut en moyenne 7.000 francs ; un foal carrossier trotteur, 2.000 ; un poulain fait en cheval de selle, 300.

Troisième proposition résultant des deux précédentes. — Avec l'organisation actuelle, l'éleveur doit avant tout éviter de produire le type de selle.

C'est pourquoi la remonte éprouve une difficulté croissante à trouver le modèle du cheval de selle pour les dragons et les cuirassiers et notre grosse cavalerie, qui doit se contenter des carrossiers ratés dont le commerce n'a pas voulu, est très médiocrement montée : ses ressources au point de vue de la mobilisation sont nulles. Les animaux dont on la pourvoit ne sont pas des chevaux de guerre moderne. La plupart sont incapables de galoper facilement.

On a beaucoup épilogue depuis quelque temps sur cette faculté de galoper. M. de Tréveneuc a cité à la tribune la vitesse au galop de la cavalerie allemande qui est d'un cinquième supérieure à la

nôtre : c'est une preuve que le cheval allemand galope mieux que le cheval français, ce qui, en temps de guerre, lui donnerait une supériorité incontestable sur ce dernier.

Mais il ne s'agit pas seulement de savoir en combien de minutes notre cheval de cavalerie parcourt une certaine distance, ce qui pourtant a bien son importance, mais, encore, de savoir s'il galope facilement et s'il est très maniable à cette allure, carie galop est la véritable allure du cheval d'armes, peut-être pas en temps de paix, mais certainement en temps de guerre : c'est au galop qu'on charge, qu'on attaque, qu'on fuit, qu'on poursuit, qu'on porte un ordre, qu'on franchit un obstacle, qu'on fait une reconnaissance au milieu des lignes ennemies, c'est en un mot, au galop qu'on va vite, et, dans les prochaines guerres, la vitesse sera un des principaux facteurs du succès.

Or, beaucoup de nos trotteurs sont trop lourds pour galoper facilement et légèrement, la brièveté de leur encolure, leur mauvaise attache de tête et le volume de ladite tète les rend impossibles à bien diriger aux allures vives en terrain varié ! On sait évidemment fort bien qu'ils emploient l'allure à trois temps qu'on appelle le galop, mais ce ne sont pas des « galopeurs » puisqu'ils ne sont pas utilisables à cette allure.

C'est ce qui ressort d'une enquête à laquelle s'est voué M. de Comminges, qui a demandé à de nombreux officiers leur opinion sur l'anglo-normand.

Les anglo-normand* sont-Us précoces oa tardifs? — Tous ont répondu : tardifs. Ils ne sont faits qu'à sept ans, huit ans et même neuf ans; tardifs aussi, les vendéens, tous les chevaux français sont tardifs, parce que mal élevés.

Ces chevaux peuvent-ils fournir un travail vite et long? —Oui, mais très lent; ce ne sont pas des galopeurs. — Non, l'emploi fréquent du galop les fait baisser de condition et ruine leurs membres. — Oui, quelques chevaux, choisis, ménagés et avoines jusqu'à sept ans peuvent travailler vite. — D'autres officiers ont répondu : oui, mais très lentement.

Vensemble des chevaux de troupe (réserve) répond-il pleinement aux exigences de la tactique moderne? — Oui, pour la moitié de l'effectif d'un régiment. D'autres ont répondu : non.

Sont-ils faciles à monter par la troupe? — Oui, à l'unanimité. — Oui, mais lourds et difficiles à conduire au galop; c'est ainsi que je m'imagine la cavalerie du moyen ùge, dit M. de Comminges.

Ont-ils le modèle qui fait supposer, des aptitudes selle? — Oui, mais encore trop d'exceptions. — Ni le trolleur, ni le bourdon normand, ne sont du modèle-selle, cependant les tils de trotteurs qualifiés ont plus de sang et sont plus utiles. — Non, mais il y a un réel progrès. — - Ni selle, ni voilure : défectueux. — Tous les autres ont répondu : non; modèle carrossier, mou et rond, dos mauvais, mauvaise direction de jarrets, tète énorme.

Se tarent-ils plus facilement que les autres? — Non. — Très

Demi-sang galopeur.

vite, si on les fait travailler vite. — Oui, surlout pendant le dressage et, à travail égal, plus facilement que les tarbais; le dressage de ces chevaux lourds ne devrait pas être le même que celui des chevaux plus légers.

Pas et trot? — Pas souvent détraqué. — Trot moyen. Les autres ont répondu : non.

Galop? — Vile, sur un déboulé de 500 mètres, ils manquent totalement de tenue sur 1.300 mètres. — Galop passable, poulies vendéens. — Les autres ont répondu, pour les normands : mauvais galop, lourd, lent, inconfortable pour le cheval qui « rame » et qui n'avance pas. — Mauvais, môme pour les fils de trot-

teurs qualifiés qui ont cependant plus de sang. Généralement, exception est faite pour les (ils d'étalons de pur sang et de juments trotteuses, ou améliorées.

Sont-ils susceptibles de raidi très durs? — Oui, pour les vendéens. — Oui, mais très lentement, avec énormément de soins, d'avoine, de bonnes écuries. — En aucune façon. Ceux qui ont moins de neuf ans en ont assez au 50e kilomètre. Pour les vieux, 80 kilomètres est le bout du monde. — Des essais d'une douzaine de chevaux ont été tentés qui ont réussi, mais cela ne prouve rien pour l'ensemble. — Les autres ont répondu : non.

Les chevaux de tête de réserve sont-its suffisants comme modèle et allures? — Absolument non. — Même les fils de trotteurs célèbres sont payés trop cher par les remontes, ce ne sont que des carrossiers. — Si, parfois, ils sont suffisants comme modèle, alors ce ne sont que de beaux voleurs. — Quand il y a un beau cheval, il est taré, avant que son âge permette à l'officier de le prendre.

Quelle est la valeur des chevaux autres que les anglo-normands employés dans votre régiment ? — Les non-normands viennent de Montrouge, ils sont des rebuts de pur sang ou d'irlandais, ou, s'ils sont beaux, corneurs, ou tarés, mais sages, achetés pour les généraux. — Les anglo-vendéens sont satisfaisants plus que les normands. — Quelques nivernais sont bons et bien bâtis. — Quelques pur sang achetés par la remonte sont encore de meilleurs chevaux d'armes que nos carrossiers manques de Saint-Lô et de Caen.

Desiderata des officiers pour leur remonte et celle de la troupe.

— La remonte de la troupe s'améliore, qu'elle continue; mais pour la remonte des officiers, tout le système est à changer. — Plus de sang, fût-ce par le trotteur. — Du sang pour le cheval de troupe; un crédit de 2.000 francs au lieu de 1.400 francs, mis à la disposition des commissions d'achat régimentaires, lesquelles sont trop timides, et aiment mieux acheter un mauvais cheval net, qu'un excellent avec quelques pointes de feu. — Plus de sang partout. — Autre chose que les normands; nivernais et vendéens sont meilleurs.

— Plus de sang. — Plus de pur sang pour les officiers; sur nos cinq officiers supérieurs, trois sont remontés en pur sang achetédans le commerce. Il en est de môme pour les officiers subalternes. Mais tous en sont de leur poche. — Système à changer.

Dans une lettre ouverte à un officier de cavalerie, parue dans le Sport Universel Illustré, M. Donatien Levesque pose quelques jalons qu'il est intéressant de reproduire.

( Jusqu'ici, dit l'auteur, je m'étais contenté de celte définition admirable dans sa simplicité :

« Le cheval de guerre est celui qui est monté par un soldat.

« Vous avez bien voulu m'expliquer qu'elle est tout de même insuffisante. Il faut qu'il soit capable de porter le soldat, même de le transporter vite et loin.

« C'est le cheval de chasse pour gros poids, le weight carrying hunier des Anglais.

« Si le mot charger signifie cheval d'armes, il ne désigne pas l'espèce, mais la fonction.

« Le même animal est hunter quand il chasse et charger quand il guerroyé. C'est celui-là que vous voulez faire connaître, récompenser s'il est bon, améliorer s'il esl mauvais.

« Et dans ce but, vous avez l'intention de distribuer des primes aux poulains issus d'un croisement avec le cheval de pur sang et aux chevaux achetés par les commissions de remonte et qui, par leur modèle, paraissent aptes à faire de bons chevaux d'armes.

« C'est très bien.

« Mais ne pensez-vous pas que l'encouragement serait encore moins exposé à se tromper d'adresse si. au lieu de le donner à l'animal qu'on suppose devoir devenir \\\\ bon cheval de guerre, on l'accordait à celui qui peut prouver qu'il en est un?

« J'entends souvent les jeunes lieutenants parler des reconnaissances qu'ils seront obligés défaire et de la nécessité qui s'imposera pour eux, non pas de fuir — le mot est vilain — mais de s'éloigner le plus rapidement possible de l'ennemi qui les aura découverts, afin de rapporter à leur état-major les renseignements qu'ils seront allés chercher au péril de leur vie.

« Un officier supérieur, déjà plus calme et plus rassis, m'a expliqué que ces reconnaissances devront certainement être accomplies avec hardiesse, mais aussi et surtout avec une grande connaissance de la carte et le talent d'aller se placer aux endroits d'où l'on peut voir le mieux ce qui se passe en s'exposant le moins à être vu.

« Elles seront faites non par un officier isolé, mais par une petite troupe, avec des chevaux chargés, et quanti viendra le moment de se replier, la retraite devra s'exécuter en bon ordre et non dans un sauve-qui-peut, en abandonnant les traînards.

« Et puis, toute reconnaissance se fait avec des armes, c'est donc qu'elle peut se trouver dans l'obligation de se défendre, peut-être

même d'attaquer pour faire des prisonniers et en tirer d'utiles renseignements.

« Ce qu'il faut rechercher serait donc plutôt le train soutenu et la cohésion d'une troupe que la vitesse excessive d'un seul.

« Et ce serait un bon cheval de guerre celui qui pourrait galoper aune vive allure, en terrain varié, passant partout, en compagnie d'autres bons galopeurs comme lui sous un gros poids.

« Pourquoi n'instituerait-on pas, pour officiers sous la direction d'un capitaine et pour sous-officiers sous celle d'un lieutenant, des épreuves au galop sur 6.000 ou 8.000 mètres, en terrain varié par dessus des obstacles choisis et tâtés d'avance par le conducteur ? Les concurrents seraient obligés de le suivre jusqu'au moment où il donnerait le signal pour la lutte finale qui se ferait sur une distance d'environ 500 mètres en plat ou avec deux ou trois haies et au cours de laquelle le meilleur cheval aurait encore le temps d'affirmer sa supériorité.

« C'est à lui, au second et au troisième que vous offririez des timbales en argent de trois grandeurs différentes et dont lapins grande pourrait valoir 100 francs, la moyenne 75, la petite 50.

« Donc pas de fraude à craindre, pas de fortune scandaleuse édifiée par ce moyen.

« Les officiers et les sous-officiers vainqueurs n'auraient été que les intermédiaires qui vous auraient permis de reconnaître les meilleurs chevaux de guerre et de récompenser leurs éleveurs. A ceux-ci vous offririez les primes que vous jugeriez convenables, et soyez sûr que plus elles seraient élevées, plus ils seraient reconnaissants et tentés de vous fournir ce que vous désirez.

« Soyez sûr aussi qu'officiers et sous-ofliciers ne demanderaient qu'à vous donner leur concours.

« La mode est aux épreuves de fond, 40 ou 50 kilomètres sur route, suivies le lendemain d'une autre épreuve sur le parcours dessteeplechases de Vincennes.

« La manière de faire que je me permets de vous signaler réunit les deux épreuves en une seule. Si vous n'en exagérez pas la longueur, vous n'aurez jamais de chevaux claqués, parce que la plus longue partie de la course se fera à une allure réglée pour laquelle il ne sera pas besoin d'avoir recours à un entraînement spécial.

« Le travail du champ de manœuvres y suffira.

« Pas de chute pour la même raison, mais une bonne leçon d'équitation pour les cavaliers et de dressage pour les chevaux.

GALOPELU 173

« Mais où trouver le terrain convenable?

« Quand vous voudrez me faire le plaisir de venir me voir en Bretagne, je vous montrerai celui que j'améliore chaque année depuis dix ans autour de l'hippodrome deDinard, et sur lequel j'ai pu fournir aux officiers et aux sous-ofticiers de Dinan et de Rennes l'occasion de galoper sur de longues distances et sous l'œil bienveillant et charmé des chefs.

<( Les talus, haies vives, banquettes, grimpettes, rivières, et ruisseaux, machinés avec soin et persévérance, y sont restés naturels.

« Je n'ai pas à vous apprendre qu'il en existe un sur les bords de la Meuse, à Verdun. C'est vous qui y avez fait courir les premiers Rallye-Verdun et Rallye-Vu Icain.

« Et vous me rappeliez l'autre jour qu'en 1887, vous étiez arrivé premier dans une course à travers champs sur la ferme de Hammonières, aux environs de Nantes, où vous étiez en garnison.

« Nous chevauchions souvent ensemble alors, et je ne cessais de vous faire l'éloge du pays de Pau, d'où j'arrivais. C'est que là il y en a des parcours, et à proximité des régiments de Tarbes.

« Le comte d'idcville vous a dit, comme à moi, qu'il en connaît un admirable auprès d'Evreux.

« Il y a une chose plus difficile à trouver : c'est l'argent pour acheter des timbales idem et payer des primes aux éleveurs.

« Et pourtant, il n'y a qu'un mot à dire.

« En vertu de l'article 2 du règlement du 1*2 novembre 1903, le Ministre de la Guerre n'a qu'à autoriser une nouvelle série d'épreuves militaires, au même titre que celles déjà existantes. Elles seraient sur des longues distances et pourraient se disputer autour des hippodromes de province, qui sont souvent les mieux appropriés à ce genre d'exercice.

« Dès lors, la Société d'encouragement à l'élevage du cheval de guerre pourrait venir en aide aux petites sociétés de courses, chez lesquelles, en revanche, elle trouverait un concours et un appui.

« Ces épreuves seraient réservées aux chevaux de demi-sang français.

« Ah non! par exemple, va-t-on me dire. Le demi-sang galopeur, nous le connaissons; c'est un pur sang manqué ou déguisé. Il n'est qu'un prétexte et un encouragement à la fraude. Il n'en faut plus.

« S'il s'agissait de courses civiles, avec des grosses allocations, vous auriez raison ; mais je ne vois pas bien un éleveur substituant

subrepticement un poulain de pur sang à un autre de demi-sang, dans le but de le vendre à trois ans à la remonte, et L'espoir de le voir, à six, gagner une timbale de cent francs et une prime à l'éleveur, de même somme, ce qui ferait un total de dix louis. L'amour du lucre illicite ne peut pas aller jusque-là.

« Par contre, je vois dans ce genre d'épreuve un avantage pour l'officier qui veut s'entretenir dans la pratique du cheval au galop et sur des obstacles, qui a le cœur bon encore, mais auquel des considérations de poids, de ménage ou de fortune ne permettent pas d'acheter, d'entretenir, de monter et de claquer des chevaux de course.

« Ne croyez-vous pas que le ministre aurait raison de le prononcer, ce mot magique qui permettrait à ces hommes de bonne volonté de chercher dans les escadrons et de tirer du rang où il se cache le demi-sang galopeur, celui qui sera le cheval des reconnaissances futures dans la guerre de demain? »

Sous l'inlluence de la direction donnée à l'élevage par l'Administration des haras, le cheval alliant la distinction à la force, le cheval galopeur n'existe plus qu'à l'état d'exception dans tout le Nord-Ouest de la France.

Le cheval de selle a insensiblement disparu ! Comment pourrait-elle encourager sa production? En créant des courses au galop pour demi-sang. Ce projet qui avait soulevé de vives controverses lorsque la Société du cheval de guerre fut créée, ne rencontrerait certainement plus autant de résistances, aujourd'hui que le danger que constitue l'aulomobilisme, est reconnu de tous.

Pour organiser les courses de demi-sang au galop, il faut un million de francs. Cette somme serait répartie presque entièrement en province : les prix seraient nombreux, mais peu élevés, car c'est surtout sur le nombre qu'on doit agir. Affecter aux courses au galop une somme supérieure pourrait être dangereux, car j'estime que ces épreuves ne doivent pas être le principal, mais l'accessoire, et qu'elles doivent uniquement permettre aux éleveurs ayant produit le « beau cheval » ne trottant pas en l'40'd'en tirer néanmoins un parti rémunérateur.

Ces 700.000 francs doivent être pris sur le budget suffisamment élevé des courses d'obstacles, qui, en Angleterre, n'ont pas un million, alors que leur dotation est cinq fois supérieure en France.

Or, les courses d'obstacles ne peuvent être considérées que comme

l'exutoire des mauvais chevaux de plat. Leur exagération a poussé les éleveurs à produire le nombre et la médiocrité, elle empêche les haras de recruter des étalons de croisement, car les propriétaires aiment mieux faire courir en obstacles leurs chevaux jusqu'à extinction de vitalité. En revanche, on ne voit pas très bien quelle influence salutaire ont eu sur l'élevage ces épreuves, qui n'ont pas révélé un bon reproducteur en vingt-cinq ans.

Le demi-sang galopeur doit donc peu à peu se substituer au marnais et inutile pur sang.

Celte substitution progressive se fera sans douleur.

Elle sera bienfaisante pour beaucoup d'éleveurs de pur sang qui vendent leurs yearlings à peine le prix de l'avoine qu'ils ont mangée et qui seront fort aises de produire des demi-sang galopeurs; de nombreux éleveurs de demi-sang l'accueilleront avec plaisir, car la surproduction va bientôt faire baisser le prix des poulains trotteurs de second ordre, et celte branche si intéressante de notre industrie agricole a besoin d'un élément nouveau qui donne plus de valeur aux produits de demi-sang.

La Société des Steeple-Chases de France et la Société Sportive d'Encouragement peuvent donc réserver au demi-sang galopeur quelques prix sur leurs hippodromes et une bonne partie des subventions qu'elles donnent à la province. Ces dernières épreuves ne sont courues que par des médiocrités qui ne peuvent avoir sur l'élevage qu'une influence trompeuse et délétère.

La Société de Sport donne des prix à des « backs et hunters » qui n'ont jamais été ni hacks ni hunters. Ne serait-elle pas bien plus dans son rôle en encourageant le demi-sang galopeur, qui, lui, est bien le type du hack et du hunter ?

J'en dirai tout autant de l'hippodrome de Vincennes qui pourrait donner au demi-sang galopeur la plupart de ses épreuves d'obstacles.

Ces Sociétés et les Sociétés de province qui encaissent près de 4.000.000 de francs et plus de bénéfices nets sur les prélèvement •du pari mutuel, peuvent incontestablement fournir les ressources nécessaires pour alimenter les courses de demi-sang au galop, et cela, sans apporter aucun trouble à l'organisation actuelle des courses et de l'élevage.

Société d'Encouragement pour l'amélioration des chevaux de demi-sang et les courses au trot. — La Société d'encouragement pour l'amélioration du cheval français de Demi-Sang, a été fondée à (laen en 1864, par un groupe d'éleveurs de Normandie : quelques tentatives avaient eu lieu auparavant sur l'initiative d'un inspecteur des haras, M. Ephrem Houel, et plusieurs hippodromes avaient été créés dans certaines villes des départements de la Manche, du Calvados et de l'Orne ; mais les hudgets des courses au trot n'en restaient pas moins très modestes et, en 18Gi, ils ne s'élevaient qu a 92.000 francs, y comprises les subventions de l'Etat, des départements et des villes.

Les courses au trot doivent être pour le demi-sang spécialisé dans les courses au trot, ce que les courses au galop sont pour le pur sang. C'est-à-dire des épreuves propres à mettre en relief les qualités de tout reproducteur. 11 ne nous appartient pas de rappeler ici tous les croisements qui ont été faits et dont les résultats heureux se trouvent condensés dans cette création d'une race trotteuse, dont nous pouvons à juste titre nous enorgueillir. Les épreuves au trot n'existent d'une manière régulière que depuis quarante ans seulement, et l'observation la plus superficielle nous apprendra que nos trotteurs sont maintenant bien confirmés, et que tous font partie d'une des cinq familles désignées par le nom des cinq étalons qui devaient faire souche, Conquérant, Normand, The Heir-of -Linné, Làvaler, Niger. Nous avons déjà dit que cette race trotteuse, aujourd'hui confirmée, est excellente pour figurer sur

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